‹ De la paralysie atrophique graisseuse de l'enfanceChapitre 4 sur 6 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Deux points doivent surtout ici attirer l' attention des observateurs 1° l'état anatomique des muscles; 2° celui du système nerveux central et des nerfs se distribuant aux parties paralysées.

Comme la mort n'est jamais une suite directe de la paralysie atrophique de l'enfance, les occasions sont rares d'en faire l'examen cadavérique; c'est donc sur des sujets qui ont succombé à d'autres affections, à une époque plus ou moins éloignée du début de la maladie et même dans l'âge adulte, qu'on a pu examiner l'état des systèmes musculaire et nerveux.

A. État des muscles.

Lobstein est le premier qui a rapporté plusieurs cas de paralysies survenues dans l'enfance, chez lesquelles on rencontra un certain nombre de muscles convertis en tissu graisseux (1). MM. Bouvier (2) et Broca (3) ont aussi relaté un certain nombre de pieds bots dans lesquels ils avaient rencontré cette transformation. M. le D r Duchenne (de Boulogne) a fait dessiner et colorier la jambe d'une fdle de 12 ans, qui avait succombé dans le service de M. Blache en 1859, et qui offrait dans plusieurs de ses muscles un type de transformation graisseuse (4). Nous-même nous avons eu deux fois l'occasion de la constater.

M. Cornil a présenté à la Société de biologie, en 1863, une observation de cette dégénérescence recueillie dans le service de M. le D r Charcot à la Salpêtrière (5). C'est le fait d'une femme de 49 ans qui, paralysée à l'âge de 2 ans, n'a marché qu'à 8, et portait une atrophie des muscles de la jambe et du pied, surtout à gauche; elle s'est fracturé deux fois le tibia de ce côté, et est venue mourir à la Salpêtrière des suites d'une opération de cancer au sein. Voici, d'après M. Cornil, les détails de l'autopsie qui se rapportent aux altérations des muscles et du système nerveux.

« Les muscles de la jambe gauche et quelques-uns de la cuisse ont une coloration jaune comme graisseuse; ceux de la jambe droite, moins altérés, ont conservé leur forme et leur volume. Au microscope on voit les faisceaux musculaires encombrés de gouttelettes huileuses visibles à l'œil nu.

(1) Traité d'anatomie pathologique, t. IV, § 909.

(2) Bulletin de l'Académie de médecine, t. 111, p. 231 ; 1838.

(3) Bulletins de la Société anatomique, 1E49.

(4) Êlectrisation localisée, 2" édition, p. 286.

(5) Comptes rendus de la Société de biologie d'octobre 1863.

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