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C. Hémorrhagies simples siégeant entre les deux

FEUILLETS DE l'arACII.XûÏDE.

Les épanchemenls sanguins simj)les sont beaucoup plus rares entre les deux feuillets de l'arachnoïde que dans l'épaisseur même du cerveau, et leur diagnostic est pour l'ordinaire très obscur. (iVL llostan, Reclœrclies sur le ramolllsscmenl , 2'édition , page 39G. ) Je vais rapjiorter l'histoire d'un aliéné atteint de paralysie générale, qui fit une chute grave, et mourut des suites d'un épanchcment effectué dans la cavité de la méningine cérébrale ; mais je dois rappeler, en passant, que chez un individu cité dans l'article précédent, on trouva un amas de sang dans le canal de l'arach-

noïde rachidienne, vis-ù-vis de la région cervicale des vertèbres ( n" 44 )•

N° XLV. PARALYSIE GÉNÉRALE AU DEfXlÈME DEGRE, AVEC HÉMOREHAGIE MÉNIKGÉC.

Congestion sanguine; embarras dans la langue ; idées fixes: intermittence pendant laquelle la paralysie de la langue persiste: récidive de l'aliénation; paralysie générale; chute accidentelle, accidents comateux; mort. Epanchement sanguin sur l'hémisphère droit, dans la cavitû de l'arachnoïde, et comprimant la base du cerveau ; contusion de la pulpe ; injection générale ; granulations dans les ventricules, etc. (i).

T***, né dans le département des Ardennes , s'enrôla à vingt ans, comme simple soldat, dans un régiment de cavalerie ; sa physionomie était distinguée, sa constitution robuste; il avait reçu une éducation soignée, faisait preuve d'un grand courage et paraissait infatigable : on l'éleva au grade d'officier. Il a supporté des privations de tout genre, et les a bravées sans jamais se plaindre. A deux reprises différentes, il a été fait prisonnier, d'abord en Allemagne ; on l'avait recueilli sur le champ de bataille , blessé grièvement au bras et à la tête; ensuite en Espagne, d'où on l'avait transféré sur les pontons anglais.

Mis à la retraite en i8i5, T*** s'était marié, s'était concilié la bienveillance de tous ses voisins , et avait passé du genre de vie actif que nous avons

(i) Service de M. Royer-CoUard.

latérales à la partie antérieure , et à la partie postérieure des hémisphères.

La pie-mère adhère à la superficie du cerveau , on essaie de l'en détacher; presque partout on éprouve de la résistance : la membrane entraîne avec elle des plaques de substance grise , qui sont granulées , et comme chagrinées ; on voit distinctement sur la circonvolution où elles ont été enlevées une eratY/wre provenant d'une perte de subr stance. JXous notons l'existence de ces désordres , le long des deux scissures de Sylvius , le long du trajet des deux nerfs olfactifs et sur les parties latérales de la scissure interlobaire , etc.

Wous portons le tranchant du bistouri dans l'épaisseur même de la substance corticale; dans les endroits malades, la couleur avait paru violacée au dehors; au dedans, elle n'est plus la même, et elle est réellement grise; la consistance est naturelle.

La substance blanche n'a pas subi de changements appréciables ; seulement elle offre un peu de consistance à l'approche de la voûte des ventricules latéraux.

Ces ventricules sont larges, remplis de sérosités ; la commissure antérieure n'existe pas: on ne remarque rien autre chose d'important.

Dans l'épaisseur du corps strié droit nous apercevons une petite cavité affaissée, tapissée d'une fausse membrane unie , transparente , sans colora-

ai8 DE LA PARALYSIE,

tîon parficnlière des pnrties adjacentes (i) ; on ne rencontre rien d'analo[j;!ic dans le corps slric du côté gauche. — Toutes les autres parties du cerveau dont nous négligeons à dessein l'énumération, ont été jugées saines.

Le cervelet et ses menibrancs sont à l'état physiologique.

J'ouvre largement le canal rachidien : dès que les parties osseuses sont enlevées, on s'aperçoit que les membranes au dehors , et à partir de la tro'sicmc verlèbre cervicale, jusqu'à la septième, sont teintes de sang ; la matière colorante a pénétre dans le tissu cellulaire ambiant; on ouvre l'élui rachidien; on rencontre, dans l'endroit designé, une légère couche de sang coagulé , et qui s'est épanché entre les deux feuillets de l'arachnoïde; ce sang repose presque immédiatement sur le parenchyme de la moelle; cependant \\ ne paraît pas l'avoir cow/jrtm^'e, car, depuis son origine jusqu'à sa terminaison, îa moelle est ferme, solide, et d'une coloration parfaite ; il serait difficile de trouver un organe plus sain , au moins en apparence.

Poitrine. Le tissu du cœur est mou; le volume de cet organe n'est pas augmenté. En palpant avec soin les poumons, çà et là on éprouve de la résistance ; on porte l'instrument tranchant sur les points qui résistent; on rencontre des clapiers

(0 Ky&te apoplectique.

ordre cérébral ; ils ne peuvent soutenir un poids d'une pesanteur très ordinaire. La sensibilité n'est pas éteinte ; les orj^ancs des sens exécutent régulièrement li'urs l'onulions; l'appétit est naturel: absence de fièvre, point de symptômes annonçant l'existence d'un désorcire dans les or^^anes de i'abdomen ou de la poitrine.

Vers le milieu d'avril (trois mois après son arrivée à Charenton), cet homme fait une ciiute, et se froisse fortement la tête sur le tranchant d'un escalier ; le cuir chevelu est contus , mais le malade n'éprouve aucun accident comateux, et il ne parait pas plus paralysé qu'auparavant. (On le couche ; on ouvre une veine ; on prescrit une boisson émélisée. )

Le lendemain au matin, cotna; le sujet ne paraît pas entendre les paroles qu'on lui adresse; il remue légèrement ses membres , mais seulement quand on les pince; respiration bruyante , face très roujîe , peau couverte de sueur : pouls fort et fréquent. ( Nouvelle saignée de trois palettes , cataplasmes sinapiscs aux mollets. )

Le troisième jour, mieux qui excite une surprise générale. T*** ouvre les \eux, montre sa langue, commence à reproduire les idées qui font habituellement le sujet de son délire ; il peut porter ses bras et ses jambes en différents sens : diminution de la fièvre.

Le quatrième jour , la mobililé des membres

persiste ; agitation qu'on réprime en appliquant une camisole.

Le cinquième jour , nouveaux accidents qui laissent peu d'espoir. Les quatre membres sont frappés de résolution : le malade est couché sur le dos, et ne voit ni n'entend; sa respiration est râleuse ; le pouls est fréquent, lu peau chaude, la sensibilité obtuse : tout présage une fin prochaine. (Sangsues au cou. )

Le septième jour, mort.

Autopsie du corps.

Tête. On enlève la voûte du crâne avec précaution : il n'y a pas de fracture.

Sur l'hémisphère droit , la dure-mère offre une teinte obscure et violacée : en appuyant légèrement, comme pour la refouler du côté du cerveau , on sent une fluctuation manifeste; on pénètre dans la grande cavité de l'arachnoïde , et on ne pratique d'abord qu'une étroite ouverture sur la dure-mère; on aperçoit un énorme épancliement de sang, en partie liquide , en partie coagulé: on renverse les lambeaux de la dure-mère qu'on ouvre plus largement 5 le sang s'écoule ; sa couleur est violette ; ce sang ne recouvre pas seulement les parties supérieures et latérales de l'hémisphère, il a pénétré Jusqu'à (a base du crâne ^ et la protubérance, les Dcdoncules du cerveau le carré des nerfs optiques,

signalé à un état de repos qui paraissait lui être à charge. Il jouissait d'une bonne sanlé, mais il se préoccupait, comme d'une chose fâcheuse, de l'apparition de certains boutons , qui, à différentes époques, se développaient sur les bras, sur les jambes, et se terminaient par suppuration.

En 1820, on avait remarque de la bizarrerie dans son caractère ; il devenait avare, et craignait toujours de manquer du nécessaire lors même que tout abondait dans son ménage.

Sur la un de 1825 , étant encore au lit , il avait éprouvé une série d'accidents qui doivent être attribués à la présence d'une congestion cérébrale : connaissance nulle, mouvements des membres à moitié aboljj , rêvasserie , mots prononcés entre les dents. (Sinapismes aux pieds, sangsues au cou.) Au bout de deux heures, tous les symptômes de compression disparaissent, mais la prononciation reste embarrassée. Le soir on s'aperçoit que la mémoire abaissé; le malade fait de vains efforts pour rappeler à son souvenir plusieurs actes importants rédigés la veille en sa présence par son notaire : quelques jours après le délire éclate.

T*** sent autour de lui une odeur insupportable; il ne trouve pas sa montre à la place accoutumée ; il soutient qu'on la lui a prise, court chez tous les horlogers, les accuse de receler^ et veut se faire

restituer 11 s'imagine être réduit à la misère la

plus profonde, et se lamente sur sa triste situa-

â23 DE LA TARALYSIE ,

tioii, etc. (Bains.) Pas de mieux sensible; on provoque Visoienicnt.

En entrant à Charenton , le malade éprouve une vive impression ; il réfléchit sur les idées qui le préoccupent depuis quelques jours, les trouve déraisonnables, et les abandonne sans retour. (On continue les bains, on applique des sangsues au sié^e à différentes reprises.) Le calme paraît parfaitement rétabli; mais le malade conserve un lé;;er embarras dans la prononciation; de son propre aveu, il n'a plus rintelligencc aussi nette et aussi vaste qu'autrefois; il retourne chez ses parents.

Au commencement de i825, il est conduit de nouveau dans l'établissement. Son état est déplorable, sa constitution est détériorée, et sa malpropreté excessive; il lui reste à peine quelques idées suivies; il croit être roi, et s'engage à me faire ministre; son langage est difficile à comprendre, la langue est manifeslemcnl paralysée ; il a des moments d'agitation , et ne peut rester en place : aussitôt qu'il se meut on s'aperçoit qu'il n'est pas solide sur ses jambes. La paralysie générale est avancée; souvent le sujet fait des chutes, quelquefois, au moment où l'équilibre va se perdre, il prend un point d'appui contre les murs de son corridor : la faiblesse est égale à droite et à gauche. Les bras, sans paraître tremblants, sans cire privés de mobilité^ ressentent l'influence du dés-

sont baignés dans le liquide et comprimés par des caillots.

L'arachnoïde cérébrale (toujours de ce côté) -offre des désordres anciens et des désordres récents; l'enveloppe qu'elle forme, en s'unissant avec la pie-mère, présente une épaisseur considérable, et qui est due à une infiltration séreuse.

Les vaisseaux de l'arachnoïde sont très développés ; cette membrane est teinte en 7'ose par le sang qui a été en contact avec sa surface: cette coloration ne ressemble pas à l'injection inflammatoire et s'en distingue parfaitement.

La substance grise superficielle ( toujours adroite et en dehors ) est également teinte en rose ; probablement encore cette teinte est artificielle. En effet le cadavre reposait sur l'occiput ; on avait noté que le sang régnait en très petite quantité à la partie supérieure et antérieure de l'hémisphère , sa pesanteur l'avait entraîné vers la base du cerveau et vers sa partie postérieure ; ce fut précisément à la partie la plus élevée que la coloration fut moins intense : elle semblait suivre une progression crols.sante , à mesure qu'on avançait vers le point le plus déclive ; en pénétrant avec le scalpel dans la profondeur des circonvolutions , on observe des phénomènes analogues.

Mais la substance grise offre une altération beaucoup plus notable sur la partie moyenne et un peu externe de l'hémisphère; elle est contuse dans

â26 DB LA TARALYSIE,

une étendue d'un pouce ; son tissu est mêlé à du sang coagulé , et forme une plaque facile à écraser, et qui est unie à la pie-mère.

La susbtance blancliede cecôtéestsaine,un peu injectée; le ventricule latéral contient de la sérosité (deux onces à peu près), et sa membrane est couverte de granulations ronges.

On passe à l'hémisphère du côté gauche; les méninges sont infiltrées de sérosité; épaississement de plusieurs lignes , aspect entièrement opalin , vaisseaux très injectés et considérablement dilatés.

La substance grise , ainsi que la substance blanche de tout l'hémisphère, est injectée.

Le ventricule latéral gauche contient de la sérosité sanguinolente ; la membrane qui le tapisse est chagrinée , couverte de villosités nombreuses.

Le quatrième ventricule laisse voir des villosités saillantes : le reste de l'encéphale est à l'état normal.

Poitrine. Les poumons crépitent; le cœur est vermeil et exempt d'altérations.

Abdomen. La membrane muqueuse gastro-intestinale est décolorée et dépourvue d'injection. Le foie, la rate, les reins, la vessie , sont à l'état physiologique.

D. UJiîIORRUACIES ENKYSTÉES, SIÉGEANT ENTRE LES DEUX LAMES DE l'aRACH>OÏDE.

Ce genre d'altération , infiniment curieux sous

CONSIDEREE CHEZ tES ALIÉNÉS. 23'J

tous les rapports, paraît se rencontrer assez sou- Tcnt chez les aliénés atteints de paralysie générale. Les deux exemples suivants ont été recueillis dans un délai très court.

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