‹ De la paralysie considérée chez les aliénésChapitre 51 sur 63 · COMPLIQUENT LA PARALYSIE GÉNÉRALE DES ALIÉNÉS · texte numérisé non relu

COMPLIQUENT LA PARALYSIE GÉNÉRALE DES ALIÉNÉS

Une fois qu'on a constaté l'existence de la paralysie générale chez un aliéné, il ne faut plus le perdre de vue jusqu'au moment de sa mort; si on n'a pas cette précaution , l'autopsie présente une foule d'incertitudes. Pendant les deux premières périodes , on reconnaît facilement, aux si-

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gnes qui leur sont propres , les congestions sanguines, les hémorrhagies cérébrales, les ramollissements aigus, les épancliements sanguins de l'arachnoïde , etc. : mais, à partir du commencement delà troisième période , la plus grande obscurité règne dans le diagnostic des complications. En effet, les mouvements des jambes sont abolis , ceux des bras sont peu étendus ou tout-à-fait impossibles; la langue est plus profondément paralysée encore; qu'il survienne une hémorrhagie dans la pulpe , la santé physique , qui jusque là n'avait pas été troublée , éprouvera un dérangement sensible ; on apercevra de la lièvre , de la chaleur à la peau ; on verra que la prostration va en augmentant, et que la résolution gagne tout le système musculaire. Mais est-on fondé pour cela à annoncer la formation d'un épanchement? Toute altération grave qui surviendrait dans un viscère quelconque suffirait sans contredit pour abattre le peu de force qui reste, et pour déterminer des accidents semblables ou à peu près. Il faut donc se contenter de noter les symptômes , et s'abstenir de prononcer sur leur valeur. Cependant si la prostration , la lièvre , l'altération des traits de la face , la sterteur et l'état comateux, se manifestaient d'une manière subite chez un sujet dont la paralysie est au troisième degré , dont la santé physique était encore assez, bonne la veille pour laisser i'espoi!' d'un mois à deux d'existence; après avoir exploré al-

tèulivement les organes abdominaux et thorachiques, et s'être assuré qu'ils sont sains, on devrait soupçonner une complication du côté du cerveau. Si le malade succombait au bout de vingt-quatre heures, il y aurait des probabilités pour une forte congestion sanguine, ou pour un épanchement ; si le malade résistait huit jours , les chances augmenteraient en faveur de l'hémorrhagie ; mais , en définitive, on n'a que des probabilités , et elles ont d'autant moins de valeur, que, presque toujours, dans les derniers temps de la paralysie générale , la poitrine et l'abdomen sont affectés ; que le corps est couvert d'eschares gangreneuses , et qu'on ne sait d'où proviennent les symptômes qu'on a sous les yeux. On sent qu'on n'a jamais aucun moyen pour diagnostiquer, à l'époque qui nous occupe, la formation lente d'un coagulum albumineux, lors même qu'il exercerait une certaine compression sur un hémisphère, ou sur les deux hémisphères cérébraux ; l'exhalation sanguine peu intense existant dans la grande cavité de l'arachnoïde présente les mêmes difficultés de diagnostic. L'état fébrile, la chaleur de la peau, la rougeur de la face , l'état comateux , accompagné de mouvements cloniques des quatre membres, ou des membres d'un côté seulement, annoncent qu'il y a un surcroît d'irritation vers l'encéphale, et que l'irritation devient plus aiguë; mais ces signo.> no suffisent pas puîir caractériser

le ramollissement, soit du cerveau, soit d'une portion de la moelle épinière : ordinairement le malade succombe avant que la pulpe se ramollisse. ( IN»' LIV, LV, LVIII , LIX , etc. ) Cependant, en pareil cas , il est naturel que l'idée d'un ramollissement se présente. Je terminerai ce chapitre en rappelant que la coïncidence des convulsions épileptiques intermittentes avec la paralysie générale doit faire soupçonner dans le crâne (indépendamment d'un désordre général) une altération /oca/<? (IN"' XLIX et L) ; mais on se tromperait en annonçant toujours comme certaine l'altération locale parcequ'il y aurait eu complication d'épilepsie. (^Mémoire de MM. Casauvieilh et Bouchet, Archives générales de médecine, tom. IX, pag. 5 10.) Enfin, on doit s'attendre à trouver un désordre local, soit dans les méninges, soit dans le cerveau , quand , pendant tout le cours de la paralysie générale , la faiblesse des membres a prédominé à droite ou à gauche. 11 peut se faire cependant que la prédominance de la paralysie soit due simplement à l'influence de la phlegmasie chronique , qui produit l'ensemble des accidents ; il suffit pour cela qu'elle règne avec plus de violence dans unhémisphère quedansl'autre. Toutes ces particularités doivent être prévues avant l'ouverture des corps.

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