‹ De la paralysie considérée chez les aliénésChapitre 57 sur 63 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. Les altérations trouvées dans le crâne des aliénés morts dans un état de paralysie générale (injection et usure des os; injection de la duremère, écartement de ses fibres ; épanchement de sérosité dans la cavité de l'arachnoïde ; fausses membranes organisées et non organisées ; kystes remplis de sang entre ses deux lames; hémorrhagies arachnoïdiennes simples; œdème de la méningine et de la méningette ; végétations de la pie-mère; injection et épaississement des membranes ; développement de leurs vaisseaux sanguins ; adhérences entre la pie-mère et les circonvolutions cérébrales ; enlèvement de la substance grise ; mollesse, endurcissement, coloration, injection de cette même substance ; consistance et injection de la substance blanche ; rougeur et gonflement des villosités ventriculaires ; sérosité dans les ventricules ; kystes apoplectiques; érosions des circonvolutions; noyau de nature inconnue; ramollissement , soit du cerveau , soit de la moelle épinière), n'expliquent pas suffisamment les symptômes observés pendant la vie.

IL On est forcé d'avouer l'insuffisance de ces altérations , en réfléchissant qu'elles ne sont pas constantes, qu'elles se trouvent chez des sujets non paralytiques , ou qu'elles auraient eu une marche

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spéciale , nullement à comparer avec celle qui est propre à la paralysie générale.

III. Presque tous ces désordres , examinés avec impartialité , indiquent qu'il a existé une phlegmasie chronique vers l'encéphale , que cette phlegmasie a exercé ses principaux ravages à la superficie des circonvolutions, dans la substance grise et dans les enveloppes du cerveau.

IV. Il est permis de conclure que c'est une phlegmasie chronique qui donne naissance à la paralysie générale , en déterminant dans le cerveau une mo" dification identique, que nous n'avons pas su apprécier, et qui, indépendamment des désordres signalés, devait exister chez tous les individus que nous avons disséqués.

V. Que s'il arrivait dans un cas de paralysie générale que le cerveau ne présentât aucune trace appréciable de phlegmasie . ce ne serait pas une preuve certaine que la phlegmasie n'a pas existé : après avoir persisté pendant un certain temps , elle peut avoir disparu; l'altération qu'elle a provoquée , altération d'où résulte la paralysie générale , persistant, la gêne des mouvements a dû continuer.

VI. La paralysie générale offrira toujours des ai^uments spécieux aux partisans des paralysies, nerveuses. Convaincus qu'une fonction peut être lésée sans que l'organe qui la tient sous sa dépendance le soit; cherchant à faire prévaloir l'opinion que le système cérébro-spinal peut rester sain , lors même

que les mouvements volontaires sont abolis , ils choisiront , pour appuyer leur manière de voir , les cas de paralysie générale où on a eu , par exemple, pour tous résultats cadavériques, de l'infiltration dans les méninges, de l'accumulation de sérosité entre les lames de l'arachnoïde , de l'injection et de la coloration de la substance grise , des granulations sur la membrane ventriculaire , et ils soutiendront que ces résultats ne suffisent pas pour susciter des symptômes aussi graves. En vain oft invoquera l'existence d'une phlegmasie, l'influence funeste qu'elle a eue sur un organe aussi fragile que l'est l'encéphale : ils exigeront qu'on leur montre les dérangements dont nous admettons l'existence, et comme il sera réellement difficile de les satisfaire, ils placeront l'avantage de leur côté.

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