MRAITEMENT DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE DES ALIÉNÉS
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Des praticiens d’un grand mérite, découragés É | par la constante inutilité des tentatives de traite-. L. ment faites jusqu’à ce jour , conseillent d’ abandon- L. ner à eux-mêmes les aliénés atteints de paralysie * générale. Ils motivent leur opinion en disant | qu'on ne sera pas plus heureux qu'on l’a étés et
qu'on doit éviter aux malades les inconvénients d’une médication longue et douloureuse. Quelque 4 fondé que soit ce raisonnement, qui d’ailleurs ne FÉpRRR UE sur des vues d’humanité, il me semble . tout-à -faitcondamnable ; probablement 1 aurait | à moins de maladies incurables si on ne raisonnait 1 pas si souvent de la sorte. Qu’on s’abstienne de traitement lorsque la démence est profonde, et » lorsque les individus sont privés de presque tous les mouvements et n'ont plus que quelques mois à. vivre, rien n’est plus rationnel; il existe dans le M crâne un désordre auquel on ne remédierait PE blement pas : mais s’il est vrai que, dans les cas d’apoplexie, la nature ait assez de ressources pour résorber un vaste caillot de sang et pour cicatriser : les déchirures qui alors existent dans la pulpe ‘4
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Ne 0 El CHEZ, LES ALIÉNÉS. À 419 cérébrale, ne peut-on pas espérer qu en aidant sagement cette même nature elle pourrait, quand la paralysié générale n’est encore que peu avancée, opérer la résolution de la phlegmasie chronique qui la provoque, et dont les racines n'ont encore que peu d’étendue? Cette résolution n'a rien d’impossible, et il est certain qu’elle deviendra d'autant plus facile qu'on fera plus d'efforts pour l'obtenir. Ainsi nous pensons qu’il ne faut perdre courage qu'à la dernière extrémité, et qu'il con-
vient d’user de tous les moyens qui paraissent in-
diqués, avec autant de persévérance et d’opiniâtreté
- que si l’on était assuré d'avance de rétablir l’intelli-
gence et les mouvements. Partant de là , nous es-
saierons dé tracer sommairement les règles de thérapeutique qui nous semblent appropriées à la circonstance. | Nous choisirons d'abord le cas où on nous présente un aliéné d’un âge moyen, dont la constitution n’est nullement affaiblie, et qui depuis quelques semaines ou quelques mois n’articule plus distinctementles mots etchancelle en marchant , sans que du reste on ait observé les signes propres à l’apoplexie. Beaucoup de médecins, ne prenant en considération que la faiblesse musculaire, et réflé-. chissant que certains moyens d’une application facile , tels que l'électricité, la noix vomique , la. strychnine , lesumac traçant, etc. , agissent directement sur la WEVRS nerveuse , en l’excitant, n’hé:
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feraient pas à conseiller l'emploi de ces moyens : ù 1 mais il nous semble qu'en se rappelant ce qui. di été dit à l’article anatomie pathologique on évitera de prescrire ces médicaments , précisément à cause : 1 de leurs qualités stimulantes. En effet, on a affaire 2 à une hlegmasie : on ne peut que favoriser son ‘4 développement en introduisant dans l'économie 4 des agents qui irritent le cerveau ettendent à dé- à terminer un afflux sanguin de son côté. Au con traire , le traitement afténuant nous semble devoir ‘4 être généralement adopté , jusqu'à ce que l'expérience prouve qu'il est nuisible ou qu'il ést décidémént inutile. dd 2 D'abord , sion est dans l'été, on s’opposera à ée que le sujet ne reçoive sur la tête les rayons d’un soleil chaud, et on évitera tout ce qui pourrait augmenter l'excitation cérébrale : à cet effet l'isolement cst d’un grand secours ; au sein de sa famille, l’aliéné , incapable de calculer ses détermi- + nations, boit sans ménagement du vin, du café, des liqueurs , éprouve des contrariétés qui se re- ‘4 nouvéilent sans Ccsse, et le mal , au lieu de dimi- | nucr, fait des progrès rapides, attendu que. ‘4 le cerveau est daus un état d'éréthisme continuel. M On doit accorder des aliments avec modération et, | 1 les choisir d'une nature telle qu'ils n augmentent 0 que faiblement l'activité du systéme circulatoirés on prescrira l'usage abondant d’une boisson Jégèrement sucrée, telle que la décoction d'orge
CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALIÉNÉS. 42 édulcorée avec le sirop de gomme; la décoction de chiendent et de réglisse,:le sirop de vinaigre, le sirop de groseilles étendu d’eau, etc. ; eB même temps, on tiendra le ventre libre en administrant , une à deux fois par jour, des lavements préparés avec la décoction de graine de lin, la décoction de racine de guimauve , etc. RTE
L'usage du bain tempéré ne doit pas être négligé. En général le bain a l’avantage de rendre la peau souple et favorise la transpiration ; il provoqueune espèce de détente générale, et rend la cireulation plus uniforme. On peut augmenter son efficacité encore en appliquant sur la tête, et pendant tout le temps que le sujetest danslabaignoire, des compresses imbibées d'eau froide, ou mieux des vessies à moitié pleines, qu on refroidit à à mesure qu'elies s’échauftent.
Les émissions sanguines méritent plus d'i importance que tout le reste; si le sujet est replet, que
Ja figure soit colorée ; l'œil brillant et animé, Je
délire. très étendu, que les vaisseaux du cou soient gonflés , il ne faut pas hésiter à ouvrir une veine. La saignée de la jugulaire désemplit direçtement le système circulatoire du cerveau; mais quand l'agitation est grande, il n’est pas toujours facile de saigner au cou, et on doit préférer la saignée du bras ou celle du pied. Si on juge, au +bout de quelques jours, qu’une seule émission ‘sapguine n'ait pas suffisamment rempli l'indica-
ICE AH SALA PARALYSI, tion, on ne court aucun RTS de’ rer au même moyen, ct cela jusqu'à ce qu on ait obtenu
l'effet qu’on se propose. + | ri \
Dans quelques eas le malade n’est pas assez fort pour supporter les saignées générales ; s'il n'ÿ a aucun inconvénient particulier à employer les saignées DAS on y aura recours ; On applique dix sangsues à chaque tempe, derrière chaque
oreille ou à la base de la mâchoire , et on a soin
de favoriser l'écoulement du sang en Javant les piqûres avec une éponge fine trempée dans l'eau tiède. C’est principalement quand il survient quelquescomplications funestes que les émissions sanguines deviennent indispensables : il m'est arrivé souvent de sauver momentanément de la mort des
paralytiques qu’une violente congestion avait jetés dans la stupeur; d’autres fois une application de.
trente sangsues au cou à fait disparaître très prom-
tement des mouvements convulsifs alarmants P ,
.s . % [4 . S et le malade revenait à son état ordinaire. Au
reste, les saignées locales et générales n’ont d'ef-
fet qu’autant qu’on les renouvelle souvent et qu'on les renouvelle à propos.
Si le traitement que nous venons de conseiller
ne produit aucun résultat avantageux, ou si l'on. juge dès le principe qu'il n’y a pas lieu à l'appli= quer, il reste encore d’autres moyens : on s'assure
que le canal digestif est sain, et alors on liftite
Jégèrement, soit à l’aide de boissons Jaxatives ,
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CONSIDÉRÉ QHEZ LES ALLÉNÉS. 423
soit à l’aide de lavements de séné , de casse, de
tamarin, etc. On a l'œil fixé sur le malade, qu'on
laisse reposer fréquemment, et aussitôt que le médicament provoque des selles trop abondantes, on le supprime. pl
C’est encore dans la vue d'opérer une révulsion utile qu'on applique des vésicatoires aux mollets. et aux cuisses ; on doit les laisser suppurer longtemps, et leur donner de très grandes dimensions, autrement ils ne produisent qu'une suppuration peu abondante, et ne sont que d’un faible secours. AL |
Les révulsifs placés dans le voisinage du cerveau, lorsqu'ils n’äugmentent pas l'irritation cérébrale , sont d’une utilité beaucoup plus directe ; le séton,
traversant la peau de la nuque dans une large étendue, occupe un rang important parmi ces
moyens ; en le pansant soigneusement et en lirri-
tant à propos il fournit du pus en abondance, et n’est pas difficile à entretenir. Après le séton vien-
nent le bouton de feu ‘et le moxa, que l'on applique sur l’occipital ou sur le derriére du cou; lorsque l’eschare esttombée , ils remplissent les mêmes indications que le séton, mais dans le premier mM0ment ils excitent davantage, soit à cause de la douleur qu'ils déterminent, soit à cause de la fayeur qu'ils inspirent. On peutencore faire usage d’un vé-
.sicatoire à la nuque, mais il faut avoir soin de l'appliquerlarge et de nepastrop lirriter, attendu qu il
“Pan 4oh DE EA PARALYSIE, | pourrait s’enflammer, et produirait un effet opposé ‘à celui qu’on énattend, Quand à l'emploi de tous ces moyens on/a joint l'usage de pédiluves sinapis sés , qu'on aténu compte des indications particu: lières qu'il yavait à remplir, de celles par exemple qui auraient été fournies par la suppression desrègles, la suppression d’hémorrhoïdes, d'une dartre, “d’un ulcére, etc. , si le sort du malade ne s’est pas amélioré, il n’y à plus rien à tenter, tout espoir de guérison est désormais inutile. MAMA Nous arrivons maintenant au cas où l’on aurait àtraiter un aliéné dont /la paralysie générale sé serait manifestée cinq ans, vingtans, parexemple, | après le début de l’aliénation méntalé. Leschances de guérison se trouvènt encore moins favorables | que cliez les sujets dont l’aliénation et la paralysie viennent de débuter. On peut avoir affaire À un idiot, à un imbécile, à un aliéné en démence, à un monomaniaque , à un maniaqué ‘dont l'intelligence commence à s’affaiblir; le cerveau est affecté de longue date; l'altération qui détermine la para= lysic se trouve greffée pour ainsi dire sur une affection ancienne, ce quirend le pronostic très grave, Mais lé traitement doit être le même. | | Parlerai-je de l'attention et des soins qu'on doit . accorder aux eschares qui, dans les derniers. temps de la maladie, se forment communément $ür tous les points du corps où s'exerce la pression? Fantôt ce sont de vastes plaies dont l'aspect n'a
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sur des compresses où sur de la charpie, pare “que la gangrène a borné ses ravages et que ] test réduite à la condition de plaie simple ; ais il
CONSIDÉRÉE. GItEZ LES ADIÉNÉS. ; ne 495
rien de ficheux, et qui réSültent de la destruction des téguments enflammés; de simples compresses enduites de vcérat, appliquées convenablement, procureraient une guérison prompte, mais il faudrait que le sujet se couchât dans une position autre que celle dans laquelle il se couche habituellement, sans cela 1 étendue des surfaces dénu=
dées augmente chaque jour, et la suppuration ac-
célère l'instant de la mort. Tantôt, au contraire, la peau et le tissu cellulaire se prennent en masses, noircissent , se gangrènent, et quand | ioflammas
tion détacheleseschares on a des cavernes qui, dans
certains cas, s'étendent jusqu’au ne aux
hanches, jusqu'aux vertèbres lombairés , ete. Ce
genre d'accident est beaucoup plus mn) encore que le précédent. Il faut, aussitôt qu'on s soupçonne son apparition, employer toutes ses ressources pour faire cesser la pression, Malgré tout cè qu'on
a pu faire, s'il se forme des eschares gangréneuses, on les couvre de largesmorceaux de diachylon, où
mieux de plumasseaux de charpie enduits! dé stÿrax 3 onremplace le styrax par le cérat, qu’on étend
plaie
est rare qu’on soit assez heureux pour obtenir
cicatrisation des eschares gangréneuses, |
426 18 PA DE LA PARALYSIE, V4 Fi
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