‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 116 sur 122 · SOINS HYGIÉNIQUES DUS AUX ALIÉNÉS ATTEINTS À DE PARALYSIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

SOINS HYGIÉNIQUES DUS AUX ALIÉNÉS ATTEINTS À DE PARALYSIE GÉNÉRALE

Dans le chapitre précédent nous nous sommes M occupé des moyens pharmaceutiques et chirurgicaux qui peuvent apporter une modification utile dans l’état ducerveau des aliénés atteints de para= lysie générale; notre but était d'obtenir une guérison, ou au moins d’entraver la marche des accidents. Ici la tâche qu’on a à remplir n’est plus la

même : on se propose de suppléer au défaut d'in-

telligence, et pour cela on est obligé de suivre les

malades pas à pas et de les gouverner comme des M

enfants. Tant que la paralysie générale n'est qu’à sa premiere période, les sujets mangent seuls, se promènent encore ; il n’y a qu'à les surveiller , et à les maintenir dans le cas où ils seraient agités. Mais, sur la fin de la deuxième période et pendant tout le cours de la troisième, les difficultés se mul- iplient; les individus ne peuvent plus se faire en- .

tendre, leur intelligence est abolie, à peine s'ils : )\

conservent assez d’instinct pour avaler leurs ali-t ments ; ils ne se soutiennent plus; ils ne sententpas quand ils urinent et quand ils rendent leurs matières fécales ; pa ue peut plus les quitter une mi-

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nute, ils ont besoin d'un homme assez courageux pour se dévouer à leur service, et pour s'y dévouer

entièrement. | |

La première question qui se présente est la question de savoir dans quelle situation l’aliéné paralytique doit habituellement rester? Faut-il le tenir au lit à demeure, oubien l'asséoirpendant une partie de la journée? I! importe, tant que les organes thorachiques et abdominaux ne sont pas affectés, de

ever les paralytiques du matin au soir; ainsi ON ‘retarde l'apparition des eschares, et on se ménage

des ressources faciles pour la propreté, qui est de

‘la plus haute importance. Il est rare qu’on puisse

“Jaisser au malade ses vêtements ordinaires; presque toujours il est déraisonnable, et a besoin d’être attaché. En second lieu , sa malpropreté est excessive, d’un moment à l'autre il se souille d'or-

‘dures des pieds à la tête: on est donc obligé d’ap+

pliquer une blouse; on met par-dessous un gilet de flanelle et une chemise ; on se sert de bas qui montent jusqu'aux cuisses, et On chausse l'aliéné avec des soulièrs aisés qu'on maintient par des cor: dons solides. Il ne reste plus qu’à trouver un fau- ‘teuil d’une confection particulière.

Le choix de cet objet est moins indifférent qu'on

pourrait le croire. Le fauteuil doit être vaste, mas- “sif, et porter par-derrière une courroie qui sert à le fixer à une boucle de fer attachée au mur; ‘ainsi, il est impossible de le renverser: Son dos

dr T0 T0DE MA PARALYSIE, doit être élevé parfois creusé en gouttière, et cm fe venablementremboutré; sur les côtés doivent exige terdes lanières en cuir, qu’on passe sousles aisselles, puis sur les épaules et qu'on! vient arrêter à uné boucle voisine : par cé moyen, on maintient Je haut - | du Corps, s’il a de la tendance à s’incliner. Ge qui este à dire de la confection du fauteuilestce qu'il |

aquet placé en regard du trou; tout le jour les fesses reposent à nu sur le coussinet qui dessine le L pourtour dé la lunette; si cecoussinet n’est pas con-

| fectionné en crins parfaitement élastiques , recouverts d’une peau parfaitemient polie > il s'affaisse , se

l étre » prend Ja dureté d’une planche et, à la longue, détermine l'inflammation des téguments

. du coecyx, du sacrum, des tubérosités ischiatiques, |

etc. Îl est à craindre que désormais ces éschares

| né puissent guérir, parcequ'il sera difficile d’ empé- 10 cher là Compression d’une manière absolue. La | position déclive des jambes les expose à l'œdème;

il est done utile de placer davant le fauteuil un

k étit banc, sur lequel le malade repose ses pieds.

:n asseyant le paralytique, on relève sa blouse

Autour du tronc afin qu'il ne’$e salisse pas avec ses)

, éxcréments; dans cette position il est presque nu;

il. ‘faut le couvrir d’une vaste ps qui l'entoure

depuis la ceinture jusqu'aux orteils; de plus , pen-

: dant la saison froide ; on doit constamment entre-

à de plus important, Le fauteuil est percé, afin rue les matières fécales puissent tomber dans un | :

tenir dans les salles une douce température. On ne saurait mettre trop d’assiduité dans les lavages, | qu'on pratique avec des éponges fines sur tout Îé corps, qu'on maintient aussi propre que possibles de même il est indispensable d'entretenir des À. courants d'air, de laver le carreau, et de faire disparaître les baquets chargés des déjections alvines. Enfin, on fait manger les individus qui sont incapables de manger eux-mêmes, el le tout étant ainsi organisé , à l'aide d’une surveillance sévère, qui, ni nuit ni jour, ne souffre d'interruption,

on parvient jusqu'à un certain point à parer à © des inconvénients dont rien ne peut donner idée

lorsqu'on n’a pas vu d'aliénés paralytiques. Je vais m'occuper maintenant de la manière de coucher les malades. TP

Le bois de lit doit être en planches solides, et creusé en auge; à l'aide de cette disposition on couche le sujet à telle profondeur qu'on veut. Un bois de lit ordinaire aurait des inconvénients : le

paralytique , in capable d'apprécier ce qu'il fait, et

e e e Ê 1 Le jouissant encore pour l'ordinaire d’une certaine

mobilité des hanches , d’une certaine liberté dés bras , se précipiterait infailliblement par terre, en entraînant ses matelas avec lui. La nuit l'on n'ôte point la blouse, mais on la relève sous lés aisselles : avec la chemise. On prépare le lit avec de la paille longue et fraiche, ou avec un épais paillasson en balle d'avoine, qu'on recouvre d’un drap ; on garnit

450 “shine LA PARALYSIE, à

le drap d’une vaste, alèze pliée en quatre. Lots on

couche le sujet, ôn se sert de l’alèze pour ‘enr lopper, comme on enveloppe un enfant dans son maillot : albrs on peut rester tranquille Sur le sort

du malade; mais il faut encore le couvrir convena- Ÿ blement, et l’attacher s'il est agité. Des entraves À k

souples, desquelles part une lisière qu’on passe À

dans une mortaise pratiquée à dessein dans le

milieu de la planche qui clôt le bout du lit, ser- 4

vent à fixer les pieds. Mais ces précautions sont Join de suffire pour parer à une foule de dangers ; il faut encore arrêter solidement dans une mortaise latérale les manches de la blouse, et traverser la partie antérieure de la poitrine , immédiatement au-dessous des bras, avec une large sangle “qui s'amarre, à droite et à gauche, sur les côtés du bois de lit, Quelques hommes peuvent,

quand tout est ainsi disposé, exercer une surveil-

lance exacte , et ces pauvres aliénés reposent aussi commodément que possible, surtout si leurs liens sont serrés avec une juste modération.

On s’étonnera peut-être de voir mettre les lits

en paille, mais surtout les paillassons en balle d’a-

voine, avant les lits de plume, de laine et de crin.

Le paralytique étoufferait dans un lit mou et souple, qui viendrait l’engloutir pour ainsi dire, et”

l'envelopper dans ses excréments. La chaleur ne manque jamais de communiquer aux urines des qualités âcres, et sous peu de fepRtl on voit

s’excorier dans une grande étendue les téguments qui recouvrent les cuisses ; le bassin, les fesses, etc. Ce n’est pas tout, comment appliquer des liens dans un lit dont la hauteur varie d’un moment à l'autre? Comment fournir aux soins de propreté, à moins de changer le lit tous les jours? Ce change. ment ést facile lorsqu'on emploie la paille ou la balle d'avoine, qui ne coûtent presque rien. Maïs le plus grand avantage des lits de paille est d'être toujours souples et élastiques, de ne se creuser jamais par places , et de ne point présenter aux par- ties qui reposent sur eux une résistance qui serait funeste. Enfin, les urines les traversent libre- ‘ment, et la peau n’est pas exposée à macérer dans un liquideirritant (1).

(1) Les règles que je viens de tracer conviennent aux grands établissements. Dans une maison particulière, lorsque les aliénés paraly- | tiques ne sont pas violents, on doit se dispenser de recourir à la: camisole et de les attacher. On place auprès d’eux des domestiques qui veillent à la propreté et préviennent les chutes. De même, on peut ‘coucher les malades sur des lits qu’on renouvelle tous les matins: Nul doute que des matelas qu’on change avec un soin minutieux ne soient préférables à la paille, mais on doit renoncer aux matelas aussitôt qu’on est dans l'impossibilité de les tenir toujours secs.

Depuis quelques jours M. Esquirol fait faire l’essai d’une toile im- ; perméable, d’un prix modique, quia été récemment inventée, On | place cette toile immédiatement au-dessous du drap, de manière qué le matelas soit entièrement couvert; l’urine ne pénètre pas au-delà ‘de la toile, et le matelas est préservé. Si l’enduit imperméable résiste récllement à l’urine , on pourra désormais coucher les aliénés paralytiques sur des matelas. La toile imperméable retient l'urine à sa sure face ; cet inconvénient me semble grave et important à éviter. |

432 \.)DE LA PARALYSIE, | pri KO A RAR L/L/8 LA LL S ananas be LU 4 ji SUPPLÉMENT. 00

Craignant de donner trop détendue à l’histoire M de la paralysie générale des aliénés, j'ai négligé 1 dé publier plusieurs observations qui différent peu ou point de celles que j'ai citées. Maïs, ayant eu Occasion de faire, depuis quelques serhaines, quatre autopsies d’un assez grand intérêt, j'ai cru devoir consigner ici les résultats qu'elles ont fournis.

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