N° XV.— PARALYSIE GÉNÉRALE AU DEUXIÈME DECRÉ
Manie; embarras dans la prononciation. Le délire continue, l’intelligence s’affaiblit, les mouvements de la langue deviennent de plus en plus gènés ; les jambes commencent à plier seus le poids du corps.
. — Plus tard le langagé ne se comprend plus et la progression est impossible.
Mademoiselle ***, âgée de quarante-neuf ans encore menstruée, d’une constitution lymphatique ‘et médiocrement forte, se livre sans aucune ré-
serve aux plaisirs de l’amour, et contracte une.
pren vénérienne; le chagrin de voir sa con- fiance trahie , la crainte de voir son honneur com-
| promis, agissent profondément sur son esprit ;
… elle a un accès de manie qui disparaît au bout de
trois semaines. Elle se soumet à un traitement mercuriel, se lance de nouveau dans le monde, et s’adonne encore à la galanterie. Après quelques scènes de famille très ‘orageuses , le délire éclate pour la seconde fois.
Il s'étend à tous les sujets; la malade crie ,
chante, laisse entendre des sons confus, profere
des mots sans suite et sans ordre, déchire ses habits, repousse ses couvertures, et repose à peine
quelques heures dans le cours d’une nuit. (Sang-
sues au cou, à plusieurs reprises ; bains.) Elle a , quelques moments de calme, let cause assez raisonnablement; mais elle n’a pas conservé le souvenir de ce qui s’est passé. On s'aperçoit que l’intelligence est faible, et que la langue s’embarrasse en parlant ; j'explore la sensibilité; tous les points du corps sont sensibles ; Les bras sont mobiles Ia progression se fait avec assurance. ( Je diagnosti-
que le début de la paralysie générale : l’état du
sujet est jugé sans ressources. )
Six mois plus tard, la langue n’articulait plus distinctement les sous; la plupart des mots étaient inintelligibles. L’aliénée pouvait encore marcher
et même courir, cependant il lui arrivait de tomber tout-à-coup, quelque uni que fût le sol ; les mouve-
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ments eh ne semblaient pas: génés ; la peau. / n'était pas, chaude ; le pouls donnait soixante pulsations par minute: la face ne s'éloignait. pas: de A état normal , seulement les traits présentaientiha mobilité quisest propre aux:fnaniaques. Le plus grand désordre régnait dans les actions ; la malade avait perdu. toute espèce de sentiment des convenances, et se couvrait à chaqueinstant de ses-déjections ; dans les intervalles lucides, elle n’était plus à même:de suivre aucun ordre d'idées déterminé ; les caractères de la démence. devenaient de plus en plus tranchés.. (On: supplée, à force desoins , à la faiblesse de l'intelligence; on s'efforce d’adoucir les derniers moments de l'existence. )
Dans le cours du huitième mois, cette fille est prise d’un dévoiement abondant, accompagné de fièvre; de chaleur à la peau , d’un amaigrissement rapide : les applications de sangsues, les bains de siége, les cataplasmes émollientsne procurent aucun soulagement; le mal passe à l’état chronique; tout semble désespéré; on: permet-l’usage des pô= tages. Les conditions du canal digestif s’améliorent sénsiblément ; quarante jours après, le nombre des selles n'était plus que de deux sen vingt - TRES heures ; la santé physique surpassait tout ce qu’on Us attendre. |
Au bout d'un an, nétlorsoss tie #4% avait la sen- Sibilité irès vive: elle voyait , elle entendait, elle perceyait [les savenrs et les odeurs; elle :agissait
| CONSIDÉRÉE (CHEZ LES ALLÉNÉS. 50 avec ses mains; elle marchait pendant quelques secondes. mais onne.se hasardait plus à la laisser
allér sans la soutenir ; tout le:système musculaire ,
dela tête aux!pieds, était en partié privé de sa .. force de contraction; l’aliénée n’eùt pu soulever de
poids le plus léger, ou lutter contre le moïndre : obstacle; son: corps portait une foule de marques des chutes qu'elle avait faites ; les membres abdominaux s’affaissaient à chaque instant, et:la paralysie s'étendait jusqu'au, rectum. J'ignore ce
| qu'est devenue la malade.