‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 33 sur 122 · À $ 80* * À DE LA PARALYSIE · texte numérisé non relu

À $ 80* * À DE LA PARALYSIE

N° XIX. — PpARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ.

Perte de mémoire ; absences ; aliénation; embarras dans la prononciation ; faiblesse des membres abdominaux ; démence : plustard, jambes immobiles et rétractées ; bras gênés dans leurs mouvements; rectum et vessie paralysés; sensibilité obtuse; mort. — Sérosité entre les lames de l’arachnoïde; adhérences partielles entre la piemère et la substante corticale; coloration de la pulpe adhérente ;

granulations dans ie quatrième ventricule (a).

L** (Victoire), née dans la Touraine, âgée de cinquante-six ans et demi, n'est plus réglée depuis sa trente-sixième année ; sa taille est petite, sa fgure maigre; ses cavités sont étroites, ses membres peu développés ; le tempérament nerveux prédomine. Elle à des enfants, n’a pas eu de parents aliénés, a eu en partage une intelligence ordinaire ; après avoir perdu en partie sa santé, en donnant, pendant plusieurs années consécutives, des soins à un mari phthisique, elle a eu à supporter les chagrins les plus amers, et est devenue très irascible. Déjà, depuis plus de, vingt ans , elle était sujette à des tremblements périodiques, qui finissaient par des attaques de nerfs de douze à quinze heures de durée, sans perte de connaissance, mais accompaghées d'un sentiment d’anxiété dans la poitrine, et d’une extrême difficulté à respirer. Quelque violentes qu'eussent été ces attaques hystériques , elles n'avaient jamais été suivies de délire. | ‘

(1) Service de M, Royer-Collard,

> Cr 7” "2 FO UPS RAT ver

CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALTÉNÉS, | 8r.

| . A cinquante-trois ans , la mémoire commence “ à s'affaiblir;s de temps à autre L** à des ab- “ sences;. cependant elle s'occupe encore des soins 1 de son ménage, et ne présente aucun signe de ï folie... POUR. |

__ À cinquante-cinq ans, l'aliénation ne laisse aucun doute; les idées sont incohérentes ; la malade parle seule, dit tout ce qui lui vient à l'esprit, ne reconnaît plus ses enfants, se livre à une foule

. d'actes extravagants ; on est forcé de l’isoler.

J'examine cette femme, quatre mois après le dé-

but des accidents ; je m'aperçois qu’elle ne prononce pas exactement les finales des mots; la languc est ! paralysée. Mon attention se porte du côté des Jjambes: la malade marche, fait le tour d’une salle assez vaste ; mais il faut se tenir à ses côtés, autrement

à chaque pas elle ferait des chutes que l'on prévient en la soutenant au moment où l'équilibre est sûr le point de se perdre. La sensibilité est conser- . vée, les digestions se font bien, la respiration. ne présente rien de particulier, le pouls est à l’état naturel ; il n'existe en un mot aucun symptôme

| aigu. Les caractères de l’aliénation mentale sont … parfaitement tranchés ; l'intelligence est abolie ; . la démence a jeté les racines les plus profondes. L'‘*ne peutdire son nom, son âge ; elle est incapabe derendrecompte de son état ; elle n’a pas deux idées suivies. Elle n’est plus agitée ; le matin, on

| l'habille , on la place sur un fauteuil, et elle ÿ

reste jusqu'à ce qu'on l'emmène pour la coucher.

Elle mange elle-même , quand on lui présente des aliments, mais elle ne demande jamais à manger; cllene s'occupe aucunement des soins de propreté ét rend ses déjections dans son lit et dans ses vé-

tements ; elle a l'air de regarder ce quise passe au-

tour d'elle, cependant elle garde le silence le plus

absolu sur tout, exactement comme si elle avait.

perda la faculté de penser. (On veille aux soins de propreté; on gouverne la malade comme un en= fants ons’attend à la voir succomberrapidement.)

- Six mois s’écoulent etla santé physique est encore passable : cependant la maladie cérébrale fait dés progrès. Le rectum n’expulse plus les matières qui le distendent ; il faut avoir soin de l’en dcbarrasser : les urines coulent continuellement ét goutte à goutte ; non séulement la progression est

impossible, mais l'aliénée ne peut se Lenir debouts

elle se sert à peine des mains , les mouvements des bras pèchent sous le rapport de l'étendue et dé la vitesse : on est obligé d'introduire les aliments dans la bouche ; l'existence est purement automatique,

Huit mois plus tard (Ben mois à partir du dé

but de la folie), la malade ne quitte plus le lit; ses jambes sont immobiles et rétractées ; les mouvements des bras sont restreints; la sensibilité générale ne ressort que d'une manière incomplète; la déglutitiou est très difficile; la maigreur gagne

toute corps, € et le sujet s'éteint d’une manière in- sensible. |

Ouverture du corps.

Crâne. Les os se brisent facilement; la duremère les abandonne sans aucuñe peine, * La grande cavité de l'arachnoïde contient de la sérosité ; $a quantité est évaluée à quatre onces. ! J'avais noté, en éxâminant l’intérieur de la voûte crânienne, des enfoncements qui pénétraient jusi

qu'au diploé; j'avais remarqué, én soulevant la

dure-mère , qu’élle était traversée ‘par dés végétations mamelonnées , qui s'étaient engagées dans l'interstivé de ses fibres, et avaient produit par leut

froissement répété la perte de substance du tissu osseux : ces végétations se voient à découvert à la partie extérne ét moyetine de la scissure interlo: baire; elles sont nées sous l’arachnoïde cérébralé, ét sont recouvertes par cette membrane; elles sont

grosses cornme le bout du pouce; leur surface est

inégale , et on voit que chaque gros PERMANNE sé compose de bourgeons plus petits. | Les vaisseaux de la pie-mère , ainsi que ceux de Phbichtitde cérébrale, sont dépourvus d'injéction. L'épaisseur des méninges n'est pas ou présque

pas augmentée; les mailles de leur tissu lamelleux . ne sont pas gorgées de sérosité, comme cela arrive

A souvent en pareil cas.

La pie-mèré se séparé sans aucune difficulté de . 6,

84 “VANDE LA PARALYSIE, À)

la pulpe cérébrale, à la partie postérieure de l’un et l’autre hémisphère ; sur leurs parties latérales, à. Jeur base même, mais en arrivant à la cannelure des olfactifs, la couche superficieïle de la substance grise refuse de se séparer de la, membrane, et y reste attachée par plaques; la même chose se répète tout-à-fait en devant, au fond de la scissure interlobaire , et sur les côtés, à l'origine des scis= sures de Sylvius: la pulpe cérébrale adhérente à

la pie-mère paraît rosée.

J'intéresse avec le histouri les circonvolutions des hémisphères (sur les côtés , en arrière, dans.

différentes places que je ne désigne pas ); je pénètre peu profondément, attendu qu'il s'agit de juger la substance grise : cette substance est légèrement énjectée , mais l'injection n’est pas également répartie partout; aux lieux où nous avons signalé des adhérences , la substance corticale est manifes-

tement altérée; la pulpe est boursouflée, et offre,

dans toute son épaisseur une coloration violette; dans les cornes d’Ammon et dans les corps striés, la substance grise-est couleur lie de vin. | ‘Les ventricules latéraux contiennent deux onces de sérosité ; leur surface est légèrement rosée ; les plexus choroïdes sont d’un rouge vif. | Le quatrième ventricule est hérissé de granulations ; elles ne paraissaient pas rouges , COMME cela arrive quelquefois. REY A Le cervelet, la protubérance annulaire , et Ja

CONSIDÉRÉÉ CHÉÊZ LÉS ALIÉNÉS. 85

Pnoelle alongée, n ont offert aucune RP

di. notable.

La moelle épinière se Lébaue facilément de la dure-mère et de l’arachnoïde; sa membrane propre est difficile à enlever, mais le tissu médullaire n "y réste pas attaché. On a examiné succes- sivement les faisceaux antérieurs et les postérieurs : leur consistance ne laissait rien à désirer, la substance grise était fortement colorée ; son aspect était comparable à celui des cornes d’Ammon et des corps striés.

Poitrine. Organes de la respiration et de la cirban à l'état sain.

Abdomen. Rien de remarquable du côté des voies digestives, si ce n’est un peu de rougeur.

k LE

Page 1