‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 34 sur 122 · CR + $ LA N° XX. — PARALYSIE GENERALE AU TROISIÈME DEGRÉ · texte numérisé non relu

CR + $ LA N° XX. — PARALYSIE GENERALE AU TROISIÈME DEGRÉ

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Monomanie; au bout de trois mois, espèce de guérison, mais un | commencement de faiblesse dans l'intelligence; la démence a une marche rapide, et se complique de paralysie générale; la paralysie

ne tarde pas à affaiblir tout le système musculaire; les jambes et

‘les bras sont frappés d’immobilité , et restent dans un état de contracture : mort. — Huit onces de sérosité sanguinolente dans Îa grande cavité de l’arachnoïde ; petites végétations sur la pie-mère ; œdème et injection vasculaire de la méningine et de la méningette ; arachnoïde adhérente aux circonvolutions; peu de consistance dans la substance grise superficielle; reflet violet dans quelques points de cette substance; injection de la substance blanche; dilatation. des ventricules; prolongement saCRRHES sain.

Depuis deux mois M. P.... est triste, $ ‘éloigne des hommes, parle rarement , dort peu, et parait

(1) Service de M. Esquirol,

86 DE LA PARALYSIE, préoccupé d'idées qu'il ne communique à per

sonne. Depuis long-temps il est bizarre, et il s’est,

fait un changement total dans ses habitudes. Il n'a pas de fortune; il est premier clerc chez un notaire : cependant il refuse de travailler et néglige

les affaires. 11 a composé beaucoup de poésies, s'est

distingué dans ses études de latinité et de droit: maintenant les productions littéraires lui sont devenues indifférentes; ilest incapable d'application: Si on le contrarie, si on cherche à vaincre son obstination, il s’emporte, proteste qu'il n’est pas

maitre de ses déterminations. On le place dansune maison de santé de Paris; bientôt il est transféré

à Charenton.

On apprend de la famille qu'il a des mœurs douces, un caractère sombre et peu liant ; que ses facultés intellectuelles ont eu un grand développement, et qu'il a toujours beaucoupitravaillé. On ne lui connaissait aucune cause de chagrin ; il avait manqué un mariage assez avantageux, mais presque volontairement, et n’avait point paru le regretier. La taille est moyenne, la constitution assez forte ; le tempérament bilieux ; le Sujet arrive à sa vingt-huitième année. |

Au bout de quelques jours d'isolement, le ma- Jade commence à marcher, demande des livres, se plaint d’être enfermé, et écrit à son frère une léitre fort raisonnable. Pendant 5a convalescence , il retouche une dernière pièce de vers qu'il a faite à

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CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALTÉNÉS. 87 yingt ans; et après cette espèce d'épreuve, désire rentrer chez son notaire. (On avait pratiqué quel- … ques émissions sanguines ; On avait administré des bains , dont on continue l'emploi.) Au bout de * trois mois P.….. quitiel’établissement. L'état moral . était peu satisfaisant. Le sujet se conduisait bien, ne déraisonnait point, suivait sans interruption une chaîne d'idées; mais sa figute avait perdu toute , gammobilité, toute son expression. Le travail le plus simple était devenu difficile ; l'intelligence avait baissé. | (| | . Rendu à sa charge de premier clere, P..….. n'est * plus capable de la rempiir ; il tombe bientôt dans un vérilable état de démence, et rentre à Charenton au commencement de l'hiver. lie à ‘Il n’y avait que six mois que nous l’avions perdu de vue , et il n’y avait pas encore un an que les premiers symptômes d'aliénation s'étaient mani festés: À peine s’il était reconnaissable ; il ne pouvait plus marcher seul; en le soutenant il faisait le tour de sa chambre, mais Les jambes balayaient le sol; assis sur un banc Sa tête tombait sur sa poitrine , et la poitrine se courbait en avant. Il remuait ses bras et ses mains, mais lentement et avecpeine;il déplaçaitses pieds, il neles soule- … vail pas; il sentait et iémoignait de l'impatience quand onle pinçait; ilne proférait pas une parole et paraissait plongé dans la stupidité. Ses yeux étaient ouverts , il regardait fixement sans s'OCCU=

88 lUDE LA PARALYSIE, | per de ce qui se passait devant lui. Ses membres étaient froids ; le pouls ne donnait que cinquante. pulsations par minutes; les déjections coulaient : involontairement. La paralysie n’était point venue d’une manière brusque ; les forces.s'étaient affai- -blies graduellement. (On tente l'administration du tartre stibié , à la dose de six grains par jour, demi-grain d'heure en heure. ) Le premier jour, plu- Sieurs selles ; le second, soixante-quinze pulsations par minute au lieu de cinquante ; langue rugueuse comme celle des chats , très rouge; lèvres couleur de corail. (On suspend l’usage du médicament.) Le pouls redevient lent, la langue reprend l'aspect qui lui est propre. Nouvelle prescription d'émétique, même résultat: on renonce à son.

emploi. FE Vingt-quatre jours avant la mort(un an à partir du moment de l'invasion), iline restait pas la plus légère trace d'intellisence; la sensibilité était annulée partout; les bras étaient dans un état de.contracture difficile à faire cesser ; les jambes, fléchies sur les cuisses , ne se laissaient pas alonser ; le menton touchait presque au sternum , et e corps était en double; l’aliéné n’avalait qu'avec difficulté Jes liquides qu'on. introduisait dans sa bouche. La maigreur était extrême ; il existait des eschares gangréneuses et des écorchures sur différentes régions. Les selles et les urines coulaïent à l'insu du sujet. Le pouls était faible et difficile à

* trouver. Les derniers instants n'eurent rien de par-

. aiculier.

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