‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 35 sur 122 · HL · texte numérisé non relu

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Autopsie du cadavre.

Tête. Les parois ‘da crâne n’ont rien d'extraordinaire ; la face externe de la dure-mère se sépare facilement des os avec lesquels elle est en contact.

, Je pénètre dans la grande cavité de larach-.

noïde; elle contient de la sérosité sanguinolente

. dont la quantité est évaluée à huit onces à peu

près. En jetant un coup d'œil général sur l'exté-

rieur du cerveau encore recouvert de ses dernières

enveloppes , j’aperçois à la partie moyenne de

Yun et l’autre hémisphère, sur les côtés de la scissure interlobaire, une foule de petites granula-

tions grosses comme des grains de chènevis ; elles ont leur origine sur la pie-mère, et sont recouvertes par le feuillet cérébral de l’arachnoïde. Ce feuillet fait corps avec elles ; l’espace qu'elles oc- : cupent n’a pas moins de deux PES de long < sur. un pouce de large.

L'arachnoïde cérébrale et la pie-mère réunies forment un feuillet d’une grande opacité et d’une grande épaisseur. Leurs vaisseaux sont largement dessinés; elles s’enlèvent par plaques, offrant une.

infiltration générale; il n’y à pas-un point au pour-

1: “tour du cerveau qui fasse exception sous ce rap Ro les lambeaux qu'on emporte ressemblent à -dés portions de dure-mère.

L'arachnoïde est soudée aux circonvolutions cérébrales ; cette espèce d'union intime n’est nulle, pari plus sensible qu'au-dessous des granulations mentionnées plus haut; là une couche de substance pulpeuse reste attachée à la membrane et ne s'en sépare qu’en raclant. On trouve la même altération à Ja partie antérieure et supérieure des hémisphères, dans la profondeur des scissures de Sylvius, sur le trajet des nerfs olfactifs ; sur le cervelet, sur la partie postérieure de l’une et de l’autre moitié de l’encéphale, etc.

Le cerveau dépouillé de ses enveloppes, au lieu d'offrir un aspect brillant et poli, paraît comme écorché ; le sang suinte par les solutions de conti nué résultant de l’arrachement de la substance grise.

La pulpe corticale la plus superficielle, et celle qui adhère à la pie-mère, manquent de consistance: elles forment sur la lame du scalpél une couche sans cohésion.

Un peu plus profondément, la substance grise paraît plus ferme’, mais elle n’a pas sa consistance normale. La même remarque subsiste pour la substance blanche , et généralement pour toutes les parties du cerveau. Le corps calleux, le septum lu-

cidum, la voûte à trois piliers, les pédoncules cé» rébraux, les parois ventriculaires, se rompent au moindre tiraillement; il ne s’agit pas d’un ramollissement comparable à celui qui rend la pulpe diffluente , il s’agit d’un simple défaut de solidité,

. La substance grise n’est pas très injectée : dans

les cornes d'Ammon, dans les corps striés et en de- . vant, vis-à-vis la gouttière des nerfs ethmoidaux ,

elle offre un reflet violacé.

Les vaisseaux qui traversent la substance blan-

che ne fournissent pas beaucoup de sang, mais ils se dessinent en foule et sous forme de petits tubes

colorés,

Les ventrieules latéraux (contiennent de la sérosité claire et sont au moins doublés de volume; on n’aperçoit pas de granulations sur leur mem-

Phrane:® Hé

La protubérance annulaire est saine; le canal membraneux qui sert d'étui à la moelle est distendu: par de la sérosité légèrement colorée en rouge ; on a beaucoup de peine à enlever la membrane propre du prolongement rachidien ; elle n’est . pas adhérente, mais elle est d'une extrême ténuité. La pulpe ne manque pas de solidité ; on examine successivement les faisceaux antérieurs et postérieurs ; la Anse grise et la blanche; la

coloration paraît à l’état normal. Geci est appli-

& “ cavités remplies de pus, d’une dimension très

Reable à la moelle alongée, à ses éminences antérieures et postérieures.

Poitrine. Le cœur ne présente rien | de particu- Lier ; : il existe au sommet de chaque poumon des

… étendue. -

Abdomen. La membrane interne de l'estomac

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lavée avec précaution est rouge ; ses villosités sont |

Saignantes; on aperçoit à sa surface un grand nombre de plaques ecchymosées.

. En incisant les intestins grêles dans’ toute leur longueur, on voit çà et là, au-dessous de la membrane muqueuse , des plaques roüges résultant d’une infiltration sanguine, les cryptes sont sains.

Les gros intestins sont injectés ; l'injection n’est pas très rapprochée : elle se dessine sous forme de filets arborisés. | |

Le foie a acquis un volume presque double de celui qu'il à ordinairement : il est jaunñâtre au dehors ; coupé par tranches, il ne laisse voir aucune altération appréciable. 42103

Le pancréas, la rate et les voies urinaires sont.

à l’état sain,

CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALTÉNÉS. 108 N° XXI. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ.

Délire général; dix-sept mois plus tard, un peu de faiblesse dans les membres abdominaux; fareur : l’agitation persiste; la paralysie affecte la langue , s’éempare peu à peu du système musculaire , et le sujet meurt. — Végétations sur la pie-mère; trois onces dé sérosité dans la grande cavité de’ l’arachnoïde ; infiltration partielle de la méningine et de la méningette ; injection de leurs capillaires; adhérence générale de la pie-mère aux circonvolutions cérébrales ; en-

… Jèvement de la substance grise superficielle ; défaut de consistance dans cette même substance ; point d'injection dans son épaisseur; un peu d'injection dans la substance blanche ; granulations dans les ventricules latéraux et dans le ventricule cérébelleux; substance cérébrale endurcie au-dessous de la membrane des ventricules ; cervelet adhérent à la pie-mère ; épanchement de sang entre l'arc de quel-

ques vertèbres et la dure-mère,

* C**, propriétaire, âgé de cinquante-deux ans, d’une taille haute et d’une constitution où prédo-

mine le tempérament sanguin, après avoir longtemps travaillé à augmenter sa fortune, s’est aban-

‘donné à Fusage des boissons alcooliques et s’est le]

enivré presque tous les jours. Il n'avait pas de parents aliénés, vivait exempt de chagrins et se portait habituellement bien. À cinquante ans, il

est dans un état caries d’excitation , et on craint pour sa raison : à cinquante ans et demi , il délire

Ja plupart du temps, mais il continue à diriger ses

MZ ?

+ affaires. Bientôt il n'a plus d idées suivies, parle . continuellement, et se livre à une foule d'actes

? donne: ; il dort peu, ne mange presque pas,

(1) Service de M, Esquirol.

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