‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 36 sur 122 · DE LA PARALYSE · texte numérisé non relu

DE LA PARALYSE

et augmente l'excitation du cerveau en buvant avec

excès. Comme il n’est pas violent, on se contente.

de le surveiller, et on ne l’isole pas. Dix:sept mois s’écoulent; il existe une faiblesse marquée du côté des jambes; l'agitation va jusqu'à la fureur; lindividu est placé dans un hôpital de province. (Des douches, des bains ; on lie les pieds, ét les liens font des plaies profondes. } On n'obtient aucun résultat favorable, L’aliéné entre à Charenton.

La manie avait dixhuit mois de date; on eût trouvé difficilement un délire aussi vaste ; l’œil était brillant, la figure animée et menaçante; le sujet ne restait pas une seconde en repos; il employait

toutes ses forces pour rompre ses camisoles, pour

se délivrer des entraves qui fixaient ses pieds, et poussait des cris qu’on entendait à une grande

distance. Il re dormait pas, avait des. hallucina-

tions de la vue, mais n’était préoccupé d’aucune idée exclusive. Les organes des cavités abdominale et thorachique paraissaient exempts d’altération; il fut difficile d'explorer le pouls. (Sangsues au cou à plusieurs reprises ; affusions froides sur 2 tête ; potages, ctc.) | ‘L'agitation persiste ; il est des jours où elle est moins vive; on essaie de faire marcher le malade ;

il chancelle, et tomberait s'il n’était soutenu. Cepen-.

dant les muscles sont encore volumineux, ét la

faiblesse ne peut être attribuée au défaut d’embonpoint; la paralysie de la langue, qui jusque là avait

CONSIDÉRÉE CHFZ LES ALIÉNÉS. 05 semblé douteuse, devient évidente. J’explore at-

tentivement la sensibilité sur toutes les parties du

… corps. Elle est à peu près également répartie par- . tout, mais elle est très affaiblie ; les membres tho- . rachiques se meuvent, s’agitent ; leur mobilité est

moins étendue qu’autrefois. Le pouls n’est pas fébrile, la peau n’est pas chaude, les selles n’ont rien

de particulier, le sacrum commence à se dénuder.

-Dix-huit jours avant la mort, C**, assis sur un fauteuil , réduit à une excessive maigreur, délire continuellement ; il articule mal la plupart des, mots : je le soulève et j'essaie de le faire marcher.

I lui est impossible de mettre un pied devant l’au-

tres il laisse trainer ses jambes derriere lui; il se sert encore des bras, mais avec difficulté. Je le pince

en différents endroits sans obtenir de signes dé

douleur; sa pupille droite est prodigieusement dilatée. (Potages, tisane mucilagineuse. ) Deux jours avant lamort, l’aliéné a les lèvres

. sèches; il est éncore agité. Je parviens à réveiller

la sensibilité des cuisses, et le malade traine ses jambes sur le drap du lit dans une étendue de deux pouces à peu près. Jusque là, il avait soulevé ses

è bras; maintenant ce n'est qu ‘après de longs efforts

qu'il parvient à les remuer légèrement: Les mol- Jets, les malléoles sont excoriéss la partie infé- | vieure du dos est dénudée; le pouls est petit et fréquent. I n'existe pas de symptômes abdominaux. C... meurt après avoir resté à Charenton

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