N° XXII, — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ
Agitation maniaque poussée jusqu'à la fureur; commencement de faiblesse dans les membres pelviens : par la suite, paralysie qui s'étend au réctum, aux bras, aux jambes, et généralement à tout le système musculaire; mort. — Sérosité en quantité notable dans Ja cavité de Parachnoïde; infiltration de la pie-mère ; épanchement :séreux entre sa lame externe et l’arachnoïde cérébrale ; coloration très intense du tissu des méninges ; adhérence de la pie-mère avec Les circonvolutions cérébrales; substance grise superficielle s’enle-
. vant par larges plaques ; défaut de consistance dans la pulpe adhérente; coloration violacée de ses molécules; même coloration et
la superficie des circonvolutions : le reste du @ ?)
| même conéistance à
cerveau exempt d’altérations (1).
G**#*, marchande de graines ; âgée de trente-trois ans, d’une constitution maigre ; d’un caractère actif et même violent, bien réglée, n'ayant jamais eu qu'un enfant, perd son mari à trente etun ans ; elle conçoit une douleur vive, reste surchargée d'affaires d’un grand intérêt, et redouble de travail pour y mettre ordre. Bientôt son intelligence éprouve un changement total; elle commet. des
erreurs de calculs, cherche à régler ses comp-
tes, et les embrouille de plus en plus : Jusque là, elle avait senti vivement la perte de son
(r) Service de M. Royer-Collard.
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mari ; elle l'oublie, et contracte une nouvelle al-
__ Jiance. L'influence de l’utérus ne tarde pas à çe
faire sentir; cette femme recherche la vue des hommes , et paraît habituellement excitée. La menstruation est devenue irrégulière ; l’aliénation éclate. { Des sangsues au cou. ) Le sujet chante, crie , parle nuit et jour, et se livre aux actes les plus désordonnés : deux mois se sont écoulés ; on provoque l'isolement. |
La maigreur est extrême ; les AA AU répression auxquels on a été forcé de recourir ont été mal appliqués ; toute la peau du-dos est rouge, comme érysipélateuse , et sur le point de s'excorier. La malade n’a pas un instant de repos ; elle est en proie au délire le plus vaste et le plus. bruyant; les mots se succèdent avec rapidité » À n'existe entre eux aucune liaison. Si on abandonne l'aliénée à elle-même , elle pousse de grands éclats de voix , fait des gestes bizarres, et étonne par sa mobilité. Les traits de la face sont altérés ; la peau est décolorée, le regard fixe , la conjonct tive rouge ; les yeux sont vifs, les veines du cou gonflées ; la sensibilité ne paraît pas lésée : la langue ne semble pas paralysée. (Bain tous les jours, . sangsues au cou; répression exercée à l’aide d'une à camisole de force. } | Au bout d’un mois d'isolement madame G*** se promène dans la cour; les bras sont maintenus par un simple gilet de force; souvent elle tombe sur
102.1 DE LA PARALYSIE, | le siège, ét il ést à craindre qu’en la laissant libre, tout le corps ne soit bientôt couvert de contusions : ôn explore les mouvements pendant que Ja malade est assise ; elle porte ses bras ét ses jambes én tous sens, cherche à frapper céux qui l’approchent, et l'agitation va jusqu’à la fureur. Elle ‘sént , elle prononce des mots, mais avec tant de volubilité qu’on ne peut s'assurer de la netteté de la prononciation, (On continue les bains, on suspend les émissions sanguines. ) La menstruation hé-se rétablit pas.
: Au bout de deux mois d'isolement, les jambes sont fléchies pendant la progression ; là démarche est vacillante, et les chutes se multiplient à mesure que l'exercice se prolonge ; le marasme fait des progrès; les téguments du sacrum, du coccyx, des parties latérales du bassin , sont enflammés, couverts d’eschares, et on s'attend à une suppuration abondante. A Pa n’est pas diminuée; on ne peut parvenir à fixer un moment l'attention de la malade. | | Au bout de trois mois d'isolement, la progression est impossible. Madame G*** reste tout le jour sur une espèce de lit qu'on disposé dehors, à l'ombre dés arbres qui avoisinent sa loge : elle est couverte d'horribles eschares ; son délire est mp violent,
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et ressemble à de la révasserie ; elle ne s’occupe de rien, pas même de ses besoins naturels; elle rend
ses déjections sous elle; sa physionomie est stu-
| CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALIÉNÉS. 103 pide et profondément altérée; la sensibilité est 4 émoussée ; les jambes et les bras sont à peine mobiles ; le rectum est entièrement paralysé, et la faiblesse gagne tout le système musculaire. (On panse les eschares ; on cherche à vaincre la constipation, en injectant des lavements huileux et des lavements laxatifs;:on fait usage de boissons mucilagineuses.)
Quelques jours avant la mort. — Espèce de rai- deur du tronc, des bras et des jambes ; gonflement | des genoux, yeux caves, pommettes saillantes, muscles tendus et “grêles ; pouls difficile à suivre; immobilité, stupeur ; constipation de dure al re plusieurs semaines.
À uiopsie du corps. L
Téte. Les os sont minces et faciles à briéers La dure-mère se sépare facilement de leur face interne.
La grande cavité de l’arachnoïde est distendue par de la sérosité ;.une partie du liquide s'écoule au moment où l’on ineise la dure-mère , l’autre tombe dans les fosses occipitales, et se trouve quand on enlève le cerveau. |
La pie-mère est infiltrée; la quantité de ténide accumulée entre sa lame externe et le feuillet cérébral de l’arachnoïde est considérable, ce qui- donne un aspect particulier à à l'intervalle des cir- … convolutions : on dirait qu'il est rempli par une ; gelée tremblante. En déchirant les méninges ; la sérosité s'écoule, leur épaisseur diminue, les mem