‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 41 sur 122 · N° XXV,. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ · texte numérisé non relu

N° XXV,. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ

Démence; paralysie moyenne de la langue, des bras et des jambes :

par la suite, paralysie complète de ces mêmes parties; sensibilité

‘ presque nulle ; mort. — Trois onces de sérosité: entre les lames de l’arachnoïde ; Épaississement de la méningine et de la méningeite ; ‘substance grise adhérente ; arrachement de cette substance; défaut de consistance; un peu de coloration au pourtour du cerveau. —

Substance blanche saine ; sérosité dans les ventricules , granulatiens

sur leur membrane ; couleur foncée dans le cervelet (1).

Le nommé P**, gendarme à pied de la compagnie de la Seine ; entra à Charenton, après avoir

fait un mois de séjour à l’hôpital militaire du Val-.

de-Grâce. Il était marié , n’avait que quarante ans, mais semblait beaucoup plus âgé. : Ses cheveux étaient bruns, Sa peau était décolorée , sa constitu-

(1) Service de M. Royer-Collard.

1 CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALIÉNÉS. iv - tion faible ; son visage manquait totalement d’expression. Il eût été difficile de lui assigner un tempérament quelconque. 11 nous fût impossible d’avoir des détails circonstanciés sur sa. vie antérieure. Nous ignorons entièrement.les causes qui ont contribué à le rendre malade. | L'intelligence était rigoureusement effacée. Ab- .sence de mémoire et de jugement; pas le moindre vestige des facultés affectives. L'individu .mangeait, conservait l'usage , de tous les sens, mais les impressions paraissaient pour ainsi dire perdues pour la pensée. Il entendait les, paroles -qu'on lui adressait , mais il ne les comprenait pas, et n'a- “wait plus qu’un reste d'existence végétative. mar- chait encore et parcourait une longueur de quel- . ques toises, mais il était plié sur lui-même et faisait de grands. efforts pour se soutenir. Les membres abdominaux fléchissaient sous le poids du …. corps, la paralysie les avait manifestement atteints. Le sujet ne proférait plus que des paroles isolées, à . moitié articulées, difficiles à comprendre. 1l'se serait des bras, cependant leurs mouvements s’opé- . raient lentement ; on voyait que la maladie funeste qui avait rendu la progression à peu près. impossible gagnait tout le système musculaire. La santé physique paraissait peu satisfaisante; on n'observait cependant pas de fièvre, de chaleur à la peau, | . ou de symptôme capable de faire soupçonner quel- qu'affection aiguë du côté de la poitrine où du

228 IDE LA PARALYSIE, ventre. (On s'étonne de ce, que ce gendarme à | cuntinué son service jusque dans les derniers temps. Sa mort est jugée inévitable et peu éloignée. ) On établit un exutoire à la nuque. HT * Bientôt ce malheureux fut condamné à régéter sur le fauteuil destiné aux paralytiques. L'état moral ne semblait plus susceptible de s'aggrave, mais chaque jour l'affaiblissement du système musculaire paraissait prendre de l'accroissement. Les membres , saisis d'une espèce de rigidité , ne furent plus aptes à aucune espèce de mouvement. Le sujét gardait constamment la position dans laquelle on l'avait mis, et ne pouvait soulever ni la tête, niles bras , ni les jambes. Il sentait quand on le pinçait, mais il fallait le torturer pour obtenir un signe de douleur; le sens , l'odorat semblait en partie aboli. Cêette espèce de mort partielle ne dura pas moins de quinze mois , et fut suivie d'une agonie de quinze jours pendant laquelle l'aliéné rendit, sans aucun effort de toux, une grande quantité de crachats épais ; comme purulents , et fut tourmenté par un dévoiément opiniâtre 5 il n'avalait plus que de la tisane et des loochs , et présentait les symptômes de la fièvre hectique.

AÆAutopsie du corps.

Tête. Epaisseur du crâne moyenne. Os friables;

dure-mère exempte d’altérations. Grande cavité de larachnoïde remplie par un liquide rougeñtre,

CONSIDÉRÉE CHÉZ LES ALTÉNÉS. ’ 419 dont la quantité s'élève à un demi-verre à peu près. | dFactoS . L'épaisseur du feuillet membraneux qui résulte de la superposition du feuillet cérébral de l’arachnoïde ct de la pie-mère est considérable; cependant ces membranes sont difficiles à enlever; elles refusent d'abandonner la substance corticale, sur Ja partie convexe des hémisphères , ‘sur leur partie antérieure, sur leur partie moyenne, etc:; Ja substance grise se sépare de la masse encéphalique et reste attachée à l’arachnoïde.

: , On renversé lé cerveau; on examine les membranes qui recouvrent sa basé; dans toute l'éten- | due de cette base , mais principalement le long des scissures de Sylvius ; il existe des adhérences ; a substance corticale se détache avec les membranes, et les revêt comme une couche de bouillie Avant de porter la lame du scalpel sur le parenchyme du cerveau on veut examiner de corps

calleux ; l'œil ne peut arriver jusqu’au fond de la.

scissure interlobaire, en avant et en arrière Surtout, les deux hémisphères! sont pour ainsi dire soudés ; on peut rompre le tissu cellulaire qui leur sert de moyen d'union, mais On écorche la pulpe corticale. | { 2 | Je coupe attentivement la substance grise, sur différents points de la circonférence de l’encéphale ; la couleur est telle qu'elle doit être; seulement

dans les endroits où j'aimentionné des adhérences ,

420 A] IDE LA PARALYSIE, | elle bibfänté une teinte d’un rouge jaunâtre. Sa! consistance est naturelle. | o1La substance blanche vue partout avec soin et! coupée par larges tranches, est jugée saine, | Les: ventricules latéraux contiennent en tout: trois onces de sérosité ; la membrane qui tapisse leur surface est rouge , hérissée de villosités nombreuses , quise propagent dans le ventricule moyen, et ne sont nulle part aussi saillantes que dans le ventricule cérébelleux. | |

On examine le cervelet, ses pédoncules et la protubérance annulaire ; la coloration de la substance grise tire sur le lilas.

La cavité membraneusequi sert d'étui à la noëlle épiniére contient de la sérosité ; les membranes se séparent sans difficulté du prolongement rachidien. La coloration ne laisse rien à désirer.

Poitrine. Le péricarde contient beaucoup de.

sérosité limpide; il n’adhère pas au cœur qui parait sain. | |

Les poumons contiennent des tubercules nom-.

breux ; en incisant les masses tuberculeuses on arrive dans des KDPRE remplis d’un pus infect.

L'estomac est à l’état physiologique : le duodénum semble exempt d'altérations. La mem-.

brane villeuse des intestins grêles est généralement

Anjectée.

DU Ne XXVI. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ.

Démence ; plus tard, agitation; paralysie de la langue et des membres abdominaux ; faiblesse des bras ; sensibilité douteuse ; mort. — Cinq onces de sérosilé dans la cavité de l’arachnoïde ; œdème de la méningine et de la méningette; adhérence de la substance grise dont la couleur est rosée ; enlèvement de cette substance; sérosité dans les veutricules ; mollesse générale et coloration foncée du cer-

velet; moelle épinière saine (1).

M. D'**, célibataire, âgé de quarante-cinq ans ; commis des douanes , fut conduit dans l’établisse- . ment vers le milieu de septembre 1823. Son intel-

ligence paraissait faible, et sa mémoire semblait

abolie; il avait l’habitude de se lever de grand ® matin, de faire un paquet de ses habits et de s’écrier, Je vais partir! Chaque jour c'était la même répétition; on aurait dit une machine dressée à ce genre de manége. Quand on le questionnait, il n'avait pas l'air de comprendre, et, balbutiait au hasard quelques paroles incohérentes. Il n'était point agité, parlait généralement peu, mais quelquefois il laissait entendre des sons confus ; étouffés entre les lèvres, n'exprimant aucune idée | suivie. Souvent il errait dans la cour, dans l’escalier, sans savoir ce qu'il faisait. Il n'avait plus ni jugement ni déterminations ; son Ctat appartenait à la démence. Il n'existait point encore de difficultés dans Îa prononciation ; l'aliéné, dont

les mouvements étaient d'une lenteur extrême»

|. {1) Service de M. Royer-Gollard. .

199 UNDER A PARALYSIE, marchait avec assez d'assurance, et d’une manière uniforme ; on ne pouvait même pas admettre un commencement de paralysie. Cependant on remar: quait déjà une particularité qui se rencontre principalement chez les sujets frappés de paralysie Bénérale, le malade éprouvait le besoin de se grat-. ler continuellement le visage , le déchirait avec les ongles et se couvrait les joues d’écorchures larges comme le bout du doigt.

Les parents nous apprirent que M. D'* avait reçu de l'éducation: et que ses mœurs avaient été sévères; son caractère primitif était doux et honnête; le malade, généralement exempt de passions , n'avait fait d'excès en aucun genre et s'était entièrement adonné aux travaux qu'exigeait sa profession. :

L’aliénation n'avait que trois mois de date; elle paraissait avoir pour cause le chagrin qu'avait ressenti M. D** de se voir devancé par un homme beaucoup plus jeune que lui: mais deux autres circonstances avaient concouru à la production de la maladie ; c'était, d’une part, un érysipèle à la jambe, qui avait disparu d'unemanière brusque: et, d'une autre, des hémorrhoïdes dont l'écoulement avait cessé en deux heures dé temps. Dans le principe, l’individu ‘avait l'air stupide, ne comprenant plus les choses les plus simples ; un peu plus tard, on avait remarqué du délire, de l’insomnie, un peu d’agitation.

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