N°XXXVEIL. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU DERNIER DEGRÉ
Intelligence abolie; agitation ; impossibilité d’articuler les mots: membres abdominaux d’abord faibles; faiblesse prédominante à droite: plus tard, paralysie des quatre membres complète; sens obtus: mort. — Sérosité abondante dans Ja grande cavité de larachnoïde; pie-mère adhérente aux circonvolutions ; système cérébro-spinal paraissant sain (1). |
La police fit conduire dans l'établissement un homme de quarante ans à peu prés, frappé d’une immobilité presque générale, et réduit à la démence la plus profonde. Après une investigation attentive, et empruntée à l’hippiatrique , nous ju- - geâmes que la mémoire et le jugement étaient abolis, les facultés affectives détruites, et que Jexistence était purement automatique ; le sujet, en proie à l’agitation la plus vive, dormait à peine, et, péndant une partie de la nuit, poussait des “cris confus ; le jour, il répétait continuellement un mot unique, dont le souvenir était resté, et | -employait à cette espèce d'exercice toute la force -de-sa voix. Il n’en fallut pas davantage pour faire ‘reconnaître un certain embarras dans les mouve= . ments de la langue; l'influence de la paralysie se faisait sentir sur une foule d’autres points ; les mouvements des bras étaient lents, difficiles, très restreintss ceux des jambes semblaient encore . «plus profondément lésés ; le malade se soutenait à peine, et ne réussissait à franchir un espace de
; (:) Service de M. Royer-Gollard.
quelques pieds, qu'autant qu'il s’attachait à la M muraille. Cet exercice permettant de comparer
la force du côté droit à celle du côté gauche, bientôt on fut porté à croire que le corps penchait à droite ; et qu'il régnait moins de mobilité ençore dans le côté droit que dans l’autre. N'ayant aucun détail sur la marche de la paralysie, on éleva la
question de savoir si le sujet devait se ranger au » nombre des aliénés atteints de paralysie générale, w ou s’il devait être régardé comme atteint d'une À hémorrhagie cérébrale affectant les deux hémi-
sphères, et dont la résorption se .serait: opérée d’une manière incomplète. Dans le doute, prenant en considération la différence presque avérée qui existait dans la force des deux moitiés du corps, on penchait en faveur de l’hémorrhagie ancienne.
La santé physique ne pouvait inspirer de crain-
tes pour le moment; cel homme mangeait arog appétit; les selles n'étaient ni trop rares ni trop. fréquentes ; la respiration ne s’accompagnait d'au- … cune espèce de troubles; le pouls donnait cin- |
quante-six pulsations par minute; la figure était pleine, et on n'eût jamais soupçonné à son às-
pect, que le cerveau fût le siége de si grands désordres. (Le malade est placé sur un fauteuil; on
se contente de lui donner des soins hygiéniques.) : Au bout d’un temps très court, le corps se trouva couvert d'eschares; la suppuration étaitintarissable et faisait présager une mort prompte; la
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saison froide, ordinairement funeste aux paralÿtiques, approchait;.le dévoiement compliquait les accidents cérébraux: nous nous attachâmes à dé- * crire les symptômes qui nous parurent mériter de l'intérêt. | L'aliéné percevait l'odeur de l'ammoniaque, mais il respirait long-temps cette odeur éans $e détourner; à la longue seulement il éloignait le nez de la bouteille, et donnait des signes de mé- “ contentement. Il voyait, entendait, et était sensible à la douleur; mais il fallait tordre violemment la peau pour mettre la sensibilité en jeu. La Jangue n’articulait plus les mots ; l'individu ne proférait que des sons confus et inintelligibles ; les bras étaient raides , mais, après de longs efforts, le malade parvenait à les porter au menton; lorsqu'il était assis il ne pouvait soulever ses jambes ni même leur imprimer un léger mouvement ; Jorsqu il était au lit, seulement, il venait à bout de les faire glisser dans une étendue de quelques pouces. Il ne répondait pas aux questions les plus simples et ne paraissait pas les comprendre. Il à pos l'urine et les matières fécales sans aucune | précaution dans son lit, dans ses vêtements. Les
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selles étaient liquides et très fréquentes; l appétit ‘se soutenait ; ; le pouls n'était pas fébrile; l'amaite !grissement augmentait d'un jour à l’autre ; les es- ; Chares intéressaient jusqu ‘aux 08. Cependant cette
' triste agonie se prolongea encore pendant huit
mois ! Dans les derniers jours , les quatre membres. furent absolument immobiles.
Autopsie du corps.
Tête. Les parois du crâne sont épaissies , on . me parvient qu'avec beaucoup d'efforts à les bri= ser. La dure-mère n’adhère pas à leur surface in= 1 térnei Sent | | 1 4
J'incise longitudinalement, sur le milieu de cha- À que‘hémisphère , l'enveloppe fibreuse du cerveau, et je pénètre dans la grande cavité de l’arachnoide ; cette cavité se trouve distendue par une À quantité de sérosité jaunâtre, qu'on évalue à six 1 onces au moins ; ie liquide s'écoule rapidement, M et l’on peut étudier les feuillets de l'arachnoïde.
Le feuillet qui recouvre la dure-mère ne présente rien de particulier , et n’est pas tapissé par de fausses membranes. Le feuillet'qui recouvre le cerveau est loin d’être épaissi , et n'est séparé de la pie-mère par aucun liquide. 5" 1
Après avoir. examiné l’arachnoïde à Îa base ; sur les lobes, en devant, en arrière du cerveau, « je m'applique à la séparer des circonvolutions et je n'y parviens qu'avec la plus grande peine. L'arach- 1 noide et la pie-mere réunies n offrent aucune ré- j sistance, échappent aux dents de la pince et se rompent au moindre effort de traction. Sur une " infinité de points ces membranes adhèrent aux.
circonvolutions cérébrales, les adhérences: ‘sont surtout sensibles sur les côtés des hémisphères . en suivant, d’avant en arrière, la direction de la - faux du cerveau. On s’attend à trouver une altéra- » tion notable dans la substance corticale : on pro- . cède à son examen. |
| Tout-à-fait à la superficie, sa couleur est grise ; * absolument comme dans un cerveau qu’on estime . sain ; on pénètre dans son épaisseur; la coloration reste la même , et ne laisse rien à désirer; sa con- | . sistance est naturelle. *
On coupe successivement par tranches larges et minces la substance blanche, qui est brillante et È dépourvue de points sablés, sanguinolents, comme
on en rencontre chez la plupart des aliénés pa- ralytiques ; elle n’est ni trop dure ni trop molle. Le corps calleux et le septum lucidum sont à l’état normal ; on arrive aux ventricules latéraux dont la cavité est vaste ; on évalue à deux onces au inoins . la quantité de liquide contenu dans chaque ven- * tricule ; ; Ce liquide est inodore et transparent. . La voûte à trois piliers n’est pas ramollie ; les « corps siriés, les couches optiques, les cornes d'Ammon, les tubercules quadrijumeaux sont M exempts d’altérations.
“ Le cervelet n'offre rien de remarquable au dehors: ses membranes sont saines; son paren-
chyme est sain.
… La protubérance annulaire , les pédoncules du
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cerveau et, les pédoncules du cervelet nr les conditions physiologiques: Heu 1
Les apophyses épineuses de la colonne verté- 1 brale, et les apophyses transveérses surtout, sont | ramollies et on les coupe avec une ectréthol nil d eo” on ouvre re Je canal HURARIERS et l on À
va enebfai ee paraissent à l'état Su LS on ne découvre dans le tissu de la moelle aucune altération appréciable. it PAS Pottrine. Les poumons n'adhèrent point avee les plèvres costales; leur parenchyme € est crépitant. | En palpant avec la main, on sent des points durs, \ ' résistants, qui occupent lé centre de chaque vis-. eère; en incisant on tombe sur de petits foyers pléèins de pus. Cœur sain. F4 p* Abdomen. 11 existe dans le cæcum une rougeur. vive, uniforme , bornée à la membrane muqueuse; les cryptes ne sont pas gonflées. x | FA
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