AVEC ÉROSION DANS LE CERVEAU
Prémier accès de monomanie; guérison. Deuxième accès, guérison
fnal assurée ; rechute. Idées de grandeur, embarras dans la prononciation, faiblesse des jambes , épilepsie. Démence , augmentation de la paralysie; mort. — Sérosité sanguinolente entre les lames M
de l’arachnuïde ; épaississement des méninges ; adhérence de la piemère au cerveau; coloration de la substance grise; destruction de la pulpe cérébrale dans une assez grande étendue (1).
:P*#*, d’une constitution brune très prononcée,
d’une taille grêle et haute, d’un caractère actif,
mais un peu sombre, s'engage à vingt ans. À
vingt-deux ans il est fait prisonnier , et on le trans-.
porte sur des pontons anglais, où il souffre des privations de toute espèce. Il ne tarde pas à de-
venir nostalgique, et a un véritable accès de ly-
pémanie, qui se termine au moment où il recouvre
sa liberté. Rentré au sein de sa famille, il se marie, obtient un emploi qui est en rapport avec son,
genre d'éducation, et semble n'avoir plus rien à
désirer. Six années s’écoulent au milieu d'occupa-
tions toujours renaissantes; des épreuves sans nom bre parlent en faveur de son intelligence : tout-àcoup, sansçauses appréciables, il tombe de nouveau dans la tristesse la plus profonde. Il cesse de man-
ser ét prétend qu’on glisse du poison dans ses ali=0
ments ; il n’est pas ému par les larmes des!
femme et refuse de reconnaître ses enfanis. Ilni-,
() Service de M. Royer-Collard.
La
Sade s ru SRE
| gnore pas qu il n'a d'autres ressources pour vivre . que sa place; cependant il néglige ses travaux et . passe les journées dans les méditations les plus si- | RING il attente à ses jours : on l’isole, et il est soumis à un traitement régulier.
Trois mois de réclusion et de soïns assidus pro- . duisent un changement total. Lé malade entre en * convalescence, s’obstine à reprendre ses occupations, et s’y livre sans aucun ménagement. Il a . une rechute au bout de cinq semaines : on l’isole - une seconde fois ». mais Je traitement n’a pas le . même succés. | P*** fut conduit à Charenton au commencement de l’hiver. Il avait alors trente-huit ans, était aliéné depuis onze mois (sauf la courte intermit- tence mentionnée), et ses parents espéraient le . voir guérir au printemps. Je l’examinai soigneuse- . ment quelques heures après son arrivée. Il portait la tête haute , et offrait dans l’ensemble de la phy- . sionomie une expression de dédain remarquable; » il n'était plus triste, parlait peu, et se croyait de beaucoup au-dessus des autres hommes. Je | l'engageai à marcher; il me dit avec humeur qu'on ne donnait pas d'ordre à un maréchal de * France et au plus riche propriétaire d'Europe. Je '; ugeai au son de la voix que la langue était para- . lysée. Le lendemain je suivis le malade à la pro- menade : je vis qu'il chancelatt en marchant, . les jambes avaient de la peine à soutenir le poids