QUAT
292 |. DE LA PARALYSIE, ) lui appartenaient et qu’elle était reine de France, etc. Cette idée n’était pas l’idée la plus dominante.
Tourmentée par une foule d’hallucinations, l’alié-.
née soutenait que tout le genre humain conspiraït
contre son repos, qu’on attentait à ses jours, qu’on cherchait à l’empoisonner, etc. Étant, disait-elle, bien décidée à se défendre jusqu’à la fin, elle s’agitait, menaçait, poussait des cris, etse livrait au plus grand désordre d’action : on ne pouvait plus la contenir ; elle entra à Charenton par les fortes chaleurs de l'été. | | Le sujet est d’une taille moyenne, sans défaut de conformation; l'œil est brillant et la figure:
animée , les traits de la face sont profondément …
altérés. Le tempérament sanguin prédomine. Le pronostic est grave; on craint que la paralysie générale et la violence du délire ne déterminent promptement la mort. De suite on a recours à
l'application de la camisole, et on maintient la |
malade sur un fauteuil; la nuit, elle couche en
loge, dort peu et pousse des cris horribles; le ma- ‘
tin, si on lui laisse quelques moments de liberté, elle court comme une furieuse, continuant à vo- ciférer, et traîinant partout le désordre à sa suite. La faiblesse des extrémités pelviennes devenait dé
plus en plus sensible : la fréquence des chutes
rendait toute espèce d'exercice dangereux. Cependant les membres thorachiques exécutaient des mouvements d’une grande étendue; la langue
PE", és FER E Ÿ
dy:
A Ke
der GONSIDÉRÉE CHEZ LES ALTÉNÉS. 203
n’articulait déstinctement aucun mot. (Bains, nombreuses applications de sangsues aux tempes.) Pas de micux.
Du 25 août au 9 septembre, il ne survint aucun accident; l'excitation cérébrale ne portait point atteinte à la santé physique ; les organes thorachiques et abdominaux exécutaient librement leurs fonctions. Le 10 septembre, l'existence fut compromise : la malade fut trouvée étendue sur le dos sans connaissance ; la respiration était stertoreuse , etse faisait entendre à une grande distance ;
Ja figure était vultueuse ; les jambes, les bras, les
mains, s’agilaient convulsivement ; les artères bat-
taient avec force; les selles coulaient involontaire-
ment; tout faisait croire à une mort prochaine. (Lavement laxatif, cataplasmes sinapisés aux pieds, sangsues au cou, diète.) Dès le lendemain, ab= sence de mouvements convulsifs ; madame B'# à
toute sa connaissance , mais il lui est impossible
d’articuler un seul mot; les opérations intellec-
tuelles étaient éncore’suspendues. Au bout de: deux jours la fureur reparaît et on éprouve la plus grande peine à contenir la malade.
Les symptômes généraux, tels que la perte de l'appétit, là fièvre , la chaleur à la peau, l’altération du visage, n'avaient point disparu. La malade était condamnée à rester au lit, où on était obligé de la fixer étroitement avec une camisole.
Lamaigreur, la continuité de la pression, tout
= YA. Ÿ j 4 PF As x PSS UNE ENS FR } ‘ LES Ê. DUT \ ! : / r 10 1 j ’ + £ " | 2 d 1 + ver CLR 4 À s à 2e ) ï + | 4
ARR OS 394 . l11 DE EA PARALYSIE, |: 0 \
faisait craindre l'apparition des eschares; il s'en
forma bientôt d’une étendue alarmante, aux lom-
bes, au sacrum, sur les tubérosités sciatiques, étla
supputation attaqua jusqu'aux os. Cette aliénée, . finit par succomber le 4 d'octobre ; et délira jus qu'au dernier moment. La paralysie de la langue
. ét la paralysie des membres abdominaux étaient à peu près complètes , les bras étaient moins pro fondément affectés, cependant leur mobilité était
restreinte. ; | Ce
Autopsie du corps.
Extérieur. Maigreur excessive, pommettes saillantes, colorées ; yeux bleus, cheveux châtains ; tempérament sanguin. Indépendamment des es-
Et TT
chares mentionnées, le corps est couvert de vastes |
ecchymoses, et qui ressemblent à celles que déter-
mine quelquefois le scorbut ; elles sont très nom-
breuses sur les bras, sur les cuisses et sur les seins, etc.; leur pourtour est d’un jaune livide qui va en se perdant dans les tissus voisins ; leur
aan non
partie moyenne est violacée: ces ecchymoses ont " été produites par les coups què le sujet s’est don-
nés, et par les chutes multipliées qu'occasionait la paralysie. 488
On dissèque quelques unes des places ecchy-
mosées ; on trouve les mailles du tissu cellulaire sous-cutané remplies d’un sang noirâtre ; la peau
\ de CONSIDÉRÉE CHÉZ -LES ALIÉNÉS. 205
: elle-même contient une certaine quantité de .
* en tout semblable.
Tête. L'os frontal a acquis une épaisseur Consi-
dérable ; les autres os du crâne ne présentent pas d'épaisseur notable. La dure-mère est fortement ‘injectée; de nombreuses gouttelettes de sang suin« tent à sa surface externe.
La grande cavité de l’arachnoïde contient au moins six onces de sérosité; le liquide s'écoule ; on examine la partie convexe du cerveau , tandis qu'il est encore en place.
Sur une infinité de points, l'arachnbide céré- brale est rouge; la rougeur est distribuée par plaques, et pénètre les plus petits vaisseaux.
Le feuillet cérébral de l’arachnoïde est séparé
de la pie-mère par une couche épaisse de sérosité limpide , ce qui n’est nulle part aussi apparent
. que dans l'intervalle des circonvolutions, qui sont
largement écartées les unes des autres. Au fond de chacune d’elles, on aperçoit un liquide qui tremble comme une gélée. La pie-mère et l’arachnoïde | réunies présentent une épaisseur qui est loin d’être
maturelle. On enlève le cerveau, on le renverse, on voit que les altérations que nous venons de dé-
crire existent dans toute l'étendue de sa circonférence.
On rompt l’arachnoïde et la pie-mèére, et l’on.
cherche à les séparer d'avec le cerveau; une partie de la sérosité infltrée dans leur épaisseur s'écoule