DIFFICULTÉ DE LA SUCCION
Quelques malades ne peuvent exercer la succion ; cela» arrive lorsque le voile du palais est complètement inerte,- Pour pouvoir sucer, il faut que la bouche, étant close en: I avant par les lèvres dont le muscle orbiculaire s'applique : exactement à l'objet sur lequel on veut pratiquer la sucicion, soit fermée en arrière par le voile palatin. La langue I en se déprimant forme le vide. Dans la succion, dit Berard, la langue est un corps de pompe dont la langue et le piston i Cette impossibilité d'exercer la succion m'a été signalée pour la première fois, par un malade ( voir obs. XXXIÏI) qui ayant voulu se remettre à fumer fut fort étonné de ne pouvoir aspirer la fumée de la pipe. J'ai, depuis ce temps; observé ce symptôme nombre de fois.
Le doigt, placé entre les lèvres , n'est nullement attiré^ et cependant il est parfaitement circonscrit et serré par les muscles orbiculaires , mais les joues ne se creusent pas ; le vide ne peut se produire.
L'observation clinique nous permet aussi d'établir comment le voile du palais concourt à la succion, si c'est en vertu de la pesanteur et passivement ou activement par la contraction de ses piliers qu'il clot la cavité buccale en arrière.
M. Debrou (1) pense qu'il est évident que dans la succion le voile du palais n'est pas passivement abaissé par l'air qui presse sur lui par l'orifice postérieur des fosses nasales , bien que celles-ci soient libres et ouvertes dans ce moment ; car on peut sucer en se bouchant l'orifice antérieur du nez.
(1) Thèse de Paris^ 1841.
7S PARALYSIE DirnXHÉRIQUE.
Si on suce son doigt on sent avec la pulpe de celui-ci le voile qui se contracte fortement à chaque eflfort de succion.
Si le voile du palais agit seulejnent par la pesanteur, lorsqu'il est inerte et paralysé, rien ne s'oppose à ce qu'il obéisse à l'influence extérieure pour clore la bouche en arrière; les fosses nasales étant parfaitement libres, la succion devrait se faire comme à l'état normal : c'est ce qui n'est pas. • On peut donc conclure que, dans cette circonstance , le Yoile du palais agit par la contraction de ses piliers. , La difficulté ou l'impossibilité de sucer offre un grand intérêt par les conséquences funestes qu'elle peut avoir. On sait que le coryza est une affection des plus grave chez les nouveau-nés, parce qu'il met obstacle à l'allaitement ; il en serait dé même dans le cas où, à la suite d'une angine couenpeuse, surviendrait une paralysie du voile du palais, et avec elle une impossibilité pour l'enfant d'exercer la succion et de prendre le sein.
M. Maissiat (1) regarde comme démontré que, « dans la succion la pression atmosphérique intervient ; c'est admis et évident » et quelques lignes plus haut : « Si la déglutition s'appuie essentiellement sur le voile du palais, comment ont pu avaler le lait ces enfants opérés de la division congénitale du voile, ce beau triomphe de chirurgie moderne? »
La réponse à cette objection est bien simple : les enfants atteints de division congénitale du voile du palais ne peuvent ;préndre le sein ! on est obligé de les nourrir à la cuiller ou au verre. Ceci est un fait d'observation.
(l) Loc. cit., pag. 29 et 28.