‹ De la paralysie diphthériqueChapitre 14 sur 24 · IMPOSSIBILITÉ DE SOUFFLER, DE GONFLER LES JOUES, DE SE GARGARISER · texte numérisé non relu

IMPOSSIBILITÉ DE SOUFFLER, DE GONFLER LES JOUES, DE SE GARGARISER

Le voile du palais quand il est paralysé forme une cloison qui sépare la partie postérieure de la bouche et le pharynx.; Nous avons dit, lorsque nous avons étudié le nasonnement, que le voile du palais ne pouvant s'élever pour laisser libre passage à l'air qui vient de la poitrine la plus grande partie s'échappe par les fosses nasales. Le symptôme sur lequel nous allons appeler l'attention démontre l'exactitude de l'assertion que nous avons émise.

La quantité d'air qui sort par la bouche est si peu considérable qu'une personne affectée de paralysie du voile du palais ne peut parvenir à souffler une bougie allumée.

Quels que soient les efforts faits par le malade, à peine la flamme vacille-t-elle , si on a eu la précaution (à l'aide par exemple d'une carte placée devant le nez) d'empêcher que l'air qui s'échappe des fosses nasales n'éteigne la lumière. -Les malades ne peuvent souffler par la bouche qu'à condition de se boucher le nez.

Nous devons signaler aussi l'impossibilité dans laquelle sont les malades de gonfler les joues; on les croirait atteints •de double paralysie des muscles de la face, si on ne les examinait attentivement. Mais les joues se contractent normalement, sousl'influence du rire, du bâillement; la mastication est facile, les lèvres se ferment bien.

Un autre symptôme de la paralysie du voile du palais, est l'impossibilité de se gargariser qu'on observe parfois; les malades peuvent conserver du liquide dans la bouche, s'ils tiennent la tête parfaitement droite; mais s'ils essayent

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de la renverser et de produire ce glou-glou qu'on fait entendre en se gargarisant le liquide pénètre dans le pharynx.

L'explication de ces deux symptômes est fort simple. Pour gonfler les joues, il faut que l'air reste contenu dans la bouche et ne puisse s'en échapper ; pour se gargariser, il est nécessaire que le voile du palais et la base de la langue soient en contact et ne laissent aucun intervalle. Dans l'une et l'autre circonstance, il est indispensable que le voile du palais se contracte énergiquement pour empêcher l'air ou le liquide de s'échapper. Or cette condition essentielle manque, le voile étant complètement inerte.

Lorsque les malades toussent, l'expulsion des crachats est laborieuse et nécessite des efforts très singuliers, qui doivent être attribués à la paralysie du pharynx. - Nous avons , en décrivant les symptômes , été obligé d'aborder plusieurs points de physiologie; nous avons pensé que , cette digression était indispensable pour faire comprendre la valeur de chaque phénomène morbide.

Dans les affections cérébrales, les symptômes de la paralysie du voile du palais ne peuvent être nettement séparés. Il est impossible, par exemple, desavoir quelle peut être l'influence de l'inertie du voile pour empêcher la succion , ou pour gêner quelques autres fonctions.

A la suite de l'angine couenneuse, au contraire, la paralysie est, dans quelques cas, limitée aux muscles palatins, les -parties environnantes ne sont point affectées ; on peut dans -ces circonstances distinguer facilement les fonctions qui, dans l'état de santé, sont dévolues à l'organe momentanémont malade.

Des troubles se produisent d'une manière constante, lorsque le voile du palais est paralysé. On doit conclure forcément .qu'il a une part active dans l'accomplissement de certains

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