‹ De la paralysie diphthériqueChapitre 18 sur 24 · A L'APPUI DE CE MÉMOIRE · texte numérisé non relu

A L'APPUI DE CE MÉMOIRE

Observation LIV. — Le dimanche 12 juin 1839 (dit M. A. Legroux), après une marche rapide et fatigante, j'éprouvai un refroidissement. Dans la nuit la fièvre se déclara, le lendemain elle fut accompagnée de céphalalgie, de courbature et de mal de gorge. Le soir l'amygdale gauche était enflée, rouge, et présentait une petite tache grisâtre.

Le 14, la plaque grise enveloppe l'amygdale (cautérisation avec le nitrate d'argent).

Même état pendant trois jours , pas d'extension notable de la fausse membrane , la déglutition est toujours douloureuse ; sous l'angle de la mâchoire, ganglions volumineux.

Vers la fin du quatrième ou du cinquième jour , la fausse membrane est soulevée et enlevée avec un pinceau.

Dans la soirée du 18, douleurs plus vives , réapparition des fausses membranes sur l'amygdale; la luette est engainée à la manière d'un doigt de gant, par une pseudo-membrane; — exsudation grisâtre sur le pilier antérieur ; aggravation de la douleur , fièvre intense ( cautérisation ) .

Dans la nuit, épistaxis assez abondante, et le lendemain écoulement nasal, épais, visqueux, jaune (chlorate dépotasse en potion).

Pendant deux ou trois jours, des fausses membranes nouvelles se développent et se détachent ; épistaxis fréquentes.— La déglutition est possible, mais avec des douleurs atroces, parfois.

Le douzième ou treizième jour de la maladie, il ne restait plus que de la rougeur , un peu de gonflement et toujours de la douleur , l'appétit revenait par degrés. (Les urines n'ont point été examinées.)

Deux jours après la cessation de la fièvre'et la disparition des fausses membranes, je fus tout surpris de m'entendre nasonner, rejeter des liquides pâr les fosses nâsalêS; lorsque j'âvalais des. aliment^; scllidês, fe

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bol alimentaire ne passait que difficilement malgré mes efforts. — Je remédiai à cet inconvénient en portant violemment la tète en arrière , lorsque j'avalais. — Cette gêne de la déglutition disparut au bout d'un mois, le nasonnement persista plus longtemps.

Outre ces symptômes, j'éprouvai d'abord dans les doigts, puis dans les orteils un engourdissement avec anesthésie complète, qui m'empêchait de sentir et d'apprécier la forme, la consistance, la dimension des objets; je ne sentais pas les extrémités des crins d'une brosse. Cet engourdissement s'étendait, surtout lorsque j'avais froid, sur les avant-bras, et me produisait un fourmillement pénible.

Je n'eus pas de troubles de la vue , et seulement une grande faiblesse des membres inférieurs. Anaphrodisie pendant tout le temps de la maladie et pendant environ, deux mois après.

Comme traitement, je prenais tous les deux jours un bain de Barèges , des préparations ferrugineuses et du quinquina.

Au mois d'août, j'allai passer six semaines à Pierrefonds. Je fis peu usage des eaux. (Observation communiquée par M. A. Legroux, élève de? hôpitaux. )

Observation LV. — Hubert Anastasie , âgée de S ans, entrée le 21 mai 1859 dans le service de M. Blache, salle Sainte-Catherine, n° H. Angine et coryza couenneux; traitée par le chlorate de potasse, elle était guérie au bout de quinze jours, l'état général s'était amélioré, et la malade, quoique pâle et faible, paraissait définitivement guérie, lorsque survinrent des phénomènes de paralysie qui l'obligèrent à prolonger son séjour à l'hôpital jusqu'au 4 août.

Le voile du palais était paralysé et insensible , la voix nasonnée, la déglutition difficile, plus tard on remarqua la faiblesse des membres inférieurs qui fléchissaient sous le poids du corps ; l'enfant avait peine à marcher.

La peau, frappée d'une analgésie complète , était insensible à la piqûre, aux pincements, mais la sensibilité tactile était intacte.

Ces phénomènes disparurent lentement , peu à peu , quoique les fonctions organiques eussent recouvré leur activité ; lorsque Anastasie quitta l'hôpital, tous les muscles affaiblis avaient recouvré leur énergie. (Obs. recueillie par M. Mauriac, interne du service.)

Observation LVl. — Un enfant de 1 0 ans est atteint d'une angine couenneuse qui dure huit jours, et cède aux cautérisations avec l'azotate d'ar-

OBSERVATIONS ET PIÈCES A l'appui. 139

gent. Au début de la maladie , il y eut plusieurs épistaxis abondantes j dix jours environ après la guérison, survinrent du nasonnement, une gêne marquée de la déglutition , puis affaiblissement de la vue , une paraplégie incomplète et une légère obtusion des facultés intellectuelles. ( Observation communicpiée par M. Blache. )

Observation LVII. — M. X.., 60 ans, angine diphthérique, paralysie consécutive, début de l'angine le 23 novembre 1855, guérison le 3 décembre.

Le 10 du même mois, signes de paralysie du voile, dont quelques-uns ( le nasonnement et l'impossibilité d'éteindre une bougie ) persistent jusque dans les premiers jours de février 1856, époque à laquelle se montrent les premiers symptômes d'une paralysie générale; aggravation jusqu'au 1 7 mars , état stationnaire jusqu'au 5 avril.

A partir de ce moment, amélioration rapide; au mois de mai, le malade reprend toutes ses habitudes ; mais il a conservé des fourmillements dans les mains jusqu'à la fin de 1856.

Observation LVm. — Angine diphthériquc, paralysie consécutive : Renaud, 25 ans, voltigeur de la garde.

Le 12 octobre 1855, début de l'angine à bord du Friedland pendant la traversée de Kamiesch à Marseille. La guérison a été lente, le malade n'en peut exactement préciser l'époque. La traversée a duré 28 jours, et, pendant tout ce temps (sauf les cinq premiers jours), Renaud a été languissant. A Marseille, il était cependant en état de suivre son régiment; il fait à pied la route de Lyon cà Chàlous. A partir de cette dernière ville, il ne peut plus suivTe et prend le chemin de fer; il arrive au Roule le 2 janvier 1856. On constate une faiblesse générale et tous les signes de la paralysie du voile du palais. Le 17, le malade ne peut plus se tenir debout. Le 31 , fourmillement dans les mains et commencement de paralysie. Aggravation jusqu'au 14 février; à cette date le malade ne peut plus exécuter un seul momement. On est obligé de le faire manger comme un enfant, la sensibilité est à peine affaiblie. A partir du 20, la motilité se réveille; le 12 mars, le malade, soutenu par un infirmier, peut faire quelques pas dans les salles. Le 31 il fait quelques pas sans appui; le 9 avril, marche encore un peu hésitante. Parti au commencement de mai pour un congé de convalescence.

Observation LIX. — M. le docteur Loreau est atteint d'une angine diphthérique grave; dans la convalescence survinrent des symptômes de

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paralysie , d'ahord limitée au voile du palais , puis peu à pèu étendue aux membres.

(Observations communiquées par M. le docteur Bergeron.)

Observation LX. — Le 24 juiUet 1859 , M. de G..., âgé de 12 ans, est pris de fièvres violentes, (160p.): céphalalgie, vomissements, douleurs à la gorge, agitation excessive, puis convulsion qui dura vingt à vingtcinq minutes.

Le 25, l'enfant est calme, le pouls a diminué de fréquence, 120, déglutition difficile, rougeur à la gorge. Aucune trâce d'éruption, malgré l'examen minutieux fait à plusieurs reprises.

Dans la journée, tuméfaction considérable des ganglions du col.

Le 26, persistance de l'engorgement ganglionnaire; sur l'amygdale droite on voit une fausse membrane de la dimension d'une pièce de 2."i centimes. On fait prendre un vomitif, puis ensuite une potion avec 25 gouttes de perchlorure de fer. L'enfant, pendant cinq ou six jours , prit chaque jour envu'on cent gouttes de perchlorure de fer.

L'enfant rendit des fausses membranes nombreuses, épaisses de plusieurs millimètres et longues de 2 à 3 centimètres ; rien au larynx.

Bientôt M. G... entra en pleine convalescence. Jene voyais plus mon malade, quand, quinze jours environ après le début de la convalescence, on me prévient qu'il se plaignait de ne plus voir aussi bien que par le passé ; je ne pus en effet lui faire lire même le titre d'un journal, et je ne constatai dans les yeux qu'une légère dilatation de la pupille. Il existait en outre du nasonnement et de la gêne dans la déglutition des Uquides qui revenaient par le nez. Ces symptômes allèrent en augmentant et se complétèrent par l'impossibilité pour l'enfant de gonfler les joues , les lèvres étant closes, comme aussi par celle de siffler ou de souffler.

Le voile du palais pendait verticalement dans l' arrière-bouche. Pas d'albumine dans les urines.

Plus tard, quand déjà la paralysie de la rétine et celle du voile du palais eurent diminué d'intensité, quelques phénomènes survinrent du côté des membres, sans cependant aller jusqu'cà la paralysie. Au bout de six semaines, sous l'influence d'un traitement tonique (fer, quinquina), de bains salés, les accidents disparurent, ne laissant qu'un peu de langueur générale et d'innappétence qui persistent encore aujourd'hui à un très-légêr degré ( 13 décembre 1859 ).

( Observation communiquée par M. le docteur Gaide.)

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