‹ De la paralysie diphthériqueChapitre 19 sur 24 · OBSERVATIONS ET PIÈCES A I.' APPUI · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS ET PIÈCES A I.' APPUI

Observation LXI. — Angine couenneuse, paralysie consécutive.

Mademoiselle C..., âgée de 13 ans, est atteinte, au mois de septembre 1859, d'une angine diphthérique : plaques couenneuses sur les amygdales, la luette, le voile du palais, d'une épaisseur considérable ; aphonie, fièvre intense, délire la nuit; pas d'engorgement ganglionnaire. Le cinquième jour les plaques se détachent, l'aphonie persiste, la déglutition est toujours très-pénible. La convalescence fut longue à s'établir.

Mademoiselle C... revint à Paris, et M. le professeur Grisolle fut consulté! il constata une paralysie du voile du palais, l'anesthésie très-marquée des extrémités. Ces symptômes persistèrent pendant près de trois mois et se terminèrent par la guérison. (Observation communiquée par M. le docteur Lebastard.)

Observation LXIL — M. Trousseau fut appelé en consultation vers l'anné 1846 ou 1847, pour voir l'enfant d'un menuisier du quartier Saint- Jacques. Paralysie du voile du palais, strabisme et paraplégie complète. Le médecin qui avait mandé M Trousseau rapporta que, deux mois auparavant, la petite malade avait été prise d'une angine diphthérique trèsintense, et soumise à un traitement énergique par les cautérisations au nitrate d'argent, les préparations mercurielles, etc. Quoique frappé de ce fait, M. Trousseau ne saisit pas, dit-il, le rapport qui existait entre ces troubles de l'inervation et la diphthérite. (Faure, loc. cit. )

Observation LXIIL — Le 21 octobre , une petite fille de deux ans a les fosses nasales , le voile du palais , les amygdales et le pharjux entièi-oment recouverts de fausses membranes. Cet état dure depuis un laps de temps que je ne puis déterminer ( cautérisations très-énergiques plusieurs fois par jour); les fausses membranes disparaissent.

Le 9 novembre, je trouve la malade dans le plus profond abattement; elle ne parle plus, ne veut plus quitter son lit; la peau est décolorée, le voile du palais est immobile.

Le 24, paralysie complète des membres inférieurs, lesquels sont infiltrés, ainsi que les bras et les mains.

Le 26, l'infiltration a augmenté.

Le 29, on aperçoit sur la face dorsale du poignet droit une tache d'un rouge sombre.

Le 2 décembre, convulsions suivies de stupeur; la plaque gangréneuse

PARALYSIE DIPIITIIÉRIQUE.

du poignet s'étend, et il en apparaît de nouvelles sur les membres inférieurs ; la respiration s'embarrasse.

Le 6 , mort.

(Observation recueillie par M. le docteur Petit. (Faure, loc. cit.)

OusERVATiON LXIV. — Un entant de 10 ans, habitant Marseille, est amené à Paris en décembre 1835. Bonne santé habituelle, con.stitution délicate.

Le 15 décembre, fièvre, délire; le 16, amygdalite, engorgement considérable des ganglions sous-maxillaires, pouls à 120; le 19 , 108. Rougeur des amygdales , plaques diphthéritiques. Le soir la diphthérie s'est étendue aux fosses nasales. Le 20 , l'état général est meilleur, les fausses membranes se détachent. Jusqu'au 28 tout va de mieux en mieux.

Depuis cette époque la faiblesse va en augmentant, les digestions se font bien, quoiqu'il y ait inappétence complète. L'enfant ne peut se bouger dans son lit, pas de fièvre, intelligence normale. Le 1" février, la mort "survient dans une syncope. (Cette observation, recueillie par moi, a été publiée par M. Faure, loc. cit.)

Observation LXV. — M. Briquet rapporte l'observation d'une malade qu'il a en ce moment dans son service, et qui, après une angine couenneuse, a présenté les signes de la paralysie du voile du palais ; cette paralysie fut ti'ès-lente à se dissiper, et laissa à sa suite une grande faiblesse des extrémités supérieures et inférieures.

11 y avait de l'anesthésie : cette femme ne savait pas ce qu'on lui mettait dans la main, et n'en pouvait reconnaître la forme par le toucher ; elle prit un jour une cuillère pour une bouteille. M. Briquet la traita par le galvanisme.

(Société de médecine du département de la Seine, décembre 1857.)

Observation LXVI. — A. T..., domestique, diphthérie sur le voile du palais , les amygdales. Le lai'ynx n'est pas atteint. Tuméfaction considérable du col ; guérison. Dix ou douze jours après, paralysie palatine. Quelques Jours plus tard, fourmillements aux pieds et aux mains ; anesthésie, refroidissements, affaibUssement musculaire. La station debout, la marche sont impossibles ; les bras ne se meuvent que difficilement ; ' paralysie des muscles du tronc et du col ; troubles de la vue ; diminu-

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