‹ De la paralysie diphthériqueChapitre 7 sur 24 · TRONC ET COU · texte numérisé non relu

TRONC ET COU

ques instances que l'on fasse pour engager le malade à relever la tête, on ne peut y arriver ; et si l'on renverse le corps en arrière, la tête tombe aussitôt comme une masse inerte. » Dans l'observation XLIII , la faiblesse des muscles du cou était aussi très-prononcée, l'enfant soutenait difficilement sa tète, ce qui l'obligeait, lorsqu'elle était debout ou assise, à porter ses mains derrière l'occiput, pour lui fournir un point d'appui. Dans l'observation XXX , le petit malade ne peut se remuer dans son lit, le tronc et la tête sont immobiles.

Enfin, Chomel dit que l'une des petites filles qui fut atteinte d'angine de gorge gangreneuse , et traitée chez ses parents, devint toute contrefaite.

Chez plusieurs malades on observe une constipation tenace , difficile à vaincre , et qui est très-probablement le résultat de l'inertie, de l'atonie des tuniques de l'intestin; mais dans certains cas, il peut y avoir une véritable paralysie du rectum. M. Trousseau en a vu plusieurs exemples; M. le docteur Sellerier de Bourth , qui un des premiers a observé la paralysie diphthérique, a bien voulu me communiquer deux observations dans lesquelles il y eut paralysie du rectum. La constipation, alors des plus opiniâtre, résiste aux purgatifs énergiques, aux préparations de noix vomique, le besoin d'aller à la selle est nul, les matières, amassées sous forme de balles, tombent par leur propre poids, sans qu'il soit possible au malade d'en provoquer ou d'en arrêter l'expulsion.

Observation XXV. — Un lionime de 50 ans, quincaillier, habitant Bourlh, d'un tempérament lymphatique, mais d'assez bonne santé habituelle, est pris d'angine couenneuse tonsiliaire, sans. aucune complication vers les fosses nasales, la fièvre fut peu intense, peu d'engorgement ganglionnaire. Cautérisations avec nitrate d'ar-

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gent. La maladie n'eut qu'une courte durée; bientôt après il eut les symptômes bien caractérisés d'une paralysie palatine, qui persistait encore, quoique ayant diminué d'intensité, lorsque les premières manifestations de paralysie des membres apparurent.

Aux membres inférieurs d'abord, puis aux membres supérieurs fourmillements incommodes, gêne dans les mouvements, diminution de la sensibilité cutanée ; mais bientôt ces symptômes prirent une extrême intensité, les mouvements devinrent impossibles, les bras, les jambes soulevés retombaient de tout leur poids et comme des masses inertes, lorsqu'on les abandonnait à eux-mêmes. En même temps la vue est singulièrement affaiblie, la parole embarrassée.

La mixtion urinaire se fait facilement, mais l'intestin est évidemment paralysé. La constipation est excessive , le malade n'éprouve aucun besoin d'aller à la selle; sous l'influence de purgatifs énergiques si les évacuations surviennent, il lui semble que les matières fécales tombent d'elles-mêmes, entraînées par leur propre poids; il ne peut faire aucun effort pour faciliter la défécation, il voudrait les arrêter ou les retenir qu'il ne le pourrait, le sphincter de l'anus ayant perdu tout son ressort.

Ces accidents persistèrent pendant six semaines à leur summum, puis peu à peu diminuèrent, et la guérison fut complète un mois après.

Dans l'observation suivante , à la paralysie du rectum se joint une paralysie de la vessie.

Observation XXVI. — M. le Curé de Bourth, âgé de 55 ans, d'une forte constitution, est atteint, au mois de mars 1857, d'une angine tonsillaire aigiie; après deux jours de maladie, des plaques couenneuses apparaissent sur les amygdales et sur la luette. Un traitement énergique. Cautérisations avec solut. de nitrate d'argent au tiers, répétées plusieurs fois par jour.

Les fausses membranes disparaissent vers le 9» jour; depuis le

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