PARALYSIE DU RECTUM ET DE LA VESSIE
commencement de la maladie la fièvre a été modérée, l'engorgement ganglionnaire de moyenne intensité, rien du côté du nez, ni au larynx. Le malade entre en convalescence, conservant de la gêne dans la déglutition et la voix altérée : aucun trouble digestif, pas de vomissement, l'appétit est assez vif et ralimentalion bien supportée.
Le 16« jour après la cessation des accidents primitifs, M. le Curé est pris tout-à-coup d'une constriction très-douloureuse à la base de la poitrine, dans tout son contour, avec irradiation de la douleur dans le bras gauche, simulant une attaque d'angine de poitrine. Pilules opiacées , applications topiques. Ces accidents n'eurent qu'une très-courte durée; mais ce fut le début de phénomènes plus graves. Le malade ressent d'abord des fourmillements dans les orteils, fourmillements qui s'étendent aux jambes. Quand on pince k peau, on constate une diminution notable de la sensibilité, faiblesse des membres inférieurs, difficulté à se tenir debout, puis à marcher et même à croiser les jambes dans le lit.
Presque en même temps les fourmillements et l'engourdissement se font sentir aux doigts et aux bras, le malade ne peut plus saisir les objets, les tenir dans ses mains, sans qu'il lui semble qu'ils vont lui échapper.
Pas de douleur ni spontanée ni par la pression à la moelle épiuière. Des accidents se montrent du côté des intestins et de la vessie, le malade n'éprouve plus le besoin d'aller à la selle, il n'y va qu'à l'aide de purgatifs, il y a une véritable paralysie du rectum. Il y a en outre des troubles vers la vessie, le malade éprouve encore à un faible degré le besoin d'uriner j mais la vessie se vide incomplètement. Quelques minutes après qu'il s'est retiré de l'urinai, il se sent mouillé, et une nouvelle quantité d'urine, quelquefois assez abondante, s'écoule d'elle-même, sans qu'il puisse la retenir : les urines ne donnent pas trace d'albumine. Ces accidents ont duré près de trois mois; la guérison n'a été complète qu'au mois d'octobre.
(Observations communiquées par M. le Sellerier, de Rouen).
. Dans l'observation XLYIII, l'urine et les matières fécales s'échappent involontairement.
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Enfin dans l'observation XXXV, le malade eut une constipation telle qu'il fut vingt trois jours sans aller à la garderobe.
Chez certains paralytiques, les fonctions de la vessie et du rectum s'accomplissent presque normalement, il y a quelquefois une constipation plus ou moins marquée, mais la paralysie porte surtout sur les organes génitaux; des hommes vigoureux, avant d'être atteints de diphthérie, deviennent impuissants, l'anaphrodisie peut persister pendant plusieursmois , malgré le traitement tonique qu'on leur fait suivre. M, Trousseau a observé cette anaphrodisie chez tous leS; individus affectés de paralysie généralisée; dans plusieurs de nos observations cette perte des aptitudes viriles était complète. En voici un autre exemple : il s'agit d'un homme de trente-quatre ans, de bonne santé habituelle, qui, à la suite d'une angine couenneuse fort grave, fut atteint de paralysie palatine , d'amaurose , de strabisme et de paralysie généralisée; chez cet homme l'anaphrodisie fut absolue et dura pendant près de six mois. Chez lui il y avait, en outre , un embarras de la parole , et un tremblement de la langue qui, joint aux symptômes d'affaiblissement général, pourraient faire confondre la paralysie diphthérique avec la paralysie connue, sous le nom de paralysie générale progressive. Au bout de six mois, tous les phénomènes morbides avaient disparu.
Observation XXVII. — Le nommé Claude B..., demeurant à Sablonville, place du Marché n°2, entre le 5 juin 1858 dans le service de M. Barth^ M. Goupil suppléant.
C'est un homme de 34 ans, journaher d'une bonne santé habituelle, employé à des travaux pénibles, il les supporte facilement. La seule maladie dont il garde le souvenir est une fièvre typhoïde dont il a été atteint il y a quatre ans. Cette maladie, qui paraît avoir