‹ De la paralysie du moteur oculaire externe avec déviation conjuguée [electronic resource]Chapitre 8 sur 11 · PREMIER GROUPE · texte numérisé non relu

PREMIER GROUPE

Expériences dans lesquelles un traumatisme du plancher du quatrième ventricule a été suivi d'une déviation conjuguée typique.

A, Cas dans lesquels la double déviation des yeux avec conjugaison a été le résultat d'une lésion portant sur le plancher du quatrième ventricule, mais n'intéressant pas le noyau de la sixième paire. Les yeux regardent du côté de la lésion (déviation par excitation) (Voir la fîg. 3, pl. II).

Ces faits sont les plus nombreux; au début nous n'en obtenions presque jamais d'autres, et on le comprendra facilement à cause des difficultés opératoires et de la précision du point limité qu'il s'agissait d'atteindre.

Expérience I.

Jeune chienne blanche, bull. terrier, n" 5, 10 octobre 1877.

RÉSUMÉ. — Lésion à droite de la ligne médiane, s'èteiidanl depuis le bec du ealamus jusqu'à 2 à 3 millimètres au-dessous et en dehors de Veminentia teres. — Déviation double à d?'oi(e. — (déviation par irritation).

Procédé opératoire comme il a été décrit plus haut.

Piqûre simple à travers la membrane occipito-altoïdienne.

Syncope respiratoire, persistance des battements cardiaques et des réflexes oculaires. La respiration reprend au bout de quelques minutes.

Symptômes oculaires. — Du côté des yeux on observe un strabisme divergent très-prononcé de l'œil droit. La déviation en dedans de l'œil gauche est beaucoup moins prononcée.

La tête, d'abord entraînée à droite se tourne vers la gauche, mais la déviation des yeux ne change pas, et au bout de quelques instants on trouve toujours les mêmes déviations.

Pendant environ une demi-heure les mêmes phénomènes persistent : le strabisme externe de l'œil droit est toujours beaucoupplus prononcé que le strabisme interne de l'œil gauche.

L'animal tombe dans le coUapsus,

On le tue par insufflation d'air dans le cœur.

Autopsie immédu.te. — Lésion traumatique au niveau de la pointe du calamus, s'étendant et remontant sur le côté droit de la lisrne médiane dans une étendue d'un demi-centimètre environ.

Des coupes successives, après durcissement dans V alcool, montrent que la lésion a détruit presque toute l'étendue de la colonne grise des nerfs mixtes (glosso-pharyngien et pneumogastrique), elle arrive en haut jusqu'au niveau des filets les plus supérieurs du glosso-pharyngien, mais se trouve distante de plusieurs millimètres (2 à 3 millimètres) du noyau du moteur oculaire externe.

Expérience II.

Chien barbet, tout noir, n° 7, 15 octobre 1877.

RÉSUMÉ. — Lésion linéaire du plancher du quatrième vent, à droite de la ligne médiane^ étendue du bec du calamus jusque dans V angle latéral droit du losange formé par le plancher, — Déviation conjuguée des yeux à droite (irritation).

Procédé opératoire comme plus haut.

Premier phénomène. — Après un simple attouchement de la pointe, mouvement convulsiforme tout à fait localisé dans l'oreille droite. Puis aussitôt que la pointe est parvenue un peu plus haut, les deux globes oculaires sont instantanément ettrèsviolerament entraînés à droite ; l'œil gauche en strabisme convergent, l'œil droit en strabisme divergent. Cette déviation est très-prononcée, et nous croyons avoir atteint le point visé (noyau de la sixième paire).

Nystagrauq des deux yeux exagérant la déviation ci-dessus indiquée.

L'instrument est immédiatement retiré et l'animal détaché est mis à terre afin de constater les phénomènes paralytiques.

Les accidents suivants semblent se produire surtout sous l'influence des héraorrhagies bulbaires qui succèdent ordinairement au traumatisme.

Mouvements oscillatoires de la tête, véritables balancemenis d'un côté à l'autre, puis la tête est entraînée dans la rotation .à gauche.

On observe une sorte de tic, de mouvement convulsif dans la patte gauche et les membres de la partie supérieure du dos. — Mouvements convulsifs dans l'oreille droite. Contracture passagère dans le membre postérieur droit.

Une heure après l'opération : coUapsus presque complet, l'animal ne peut se tenir sur ses jambes, mais les phénomènes oculaires, déviation conjuguée à droite, persistent aussi prononcés.

Remarque : Il n'y a pas eu chez cet animal comme chez les premiers animaux (ce chien est le septième) mis en en expérience, de sj'ncope respiratoire. Ce qui nous fait espérer que la lésion a dû porter plus haut que dans nos premières expériences.

Le 16. L'animal est dans le même état de coUapsus. Mêmes phénomènes oculaires.

Il meurt dans la nuit du 16 au 17.

Autopsie le 17 octobre. — Lésion linéaire du plancher du quatrième ventricule à droite de la ligne médiane. Elle part du bec du calamus et se dirige obliquement de bas en haut et de dehors en dedans, jusque dans l'angle droit du losange formé par le plancher du quatrième. ventricule.

Nombreuses hémorrhagies secondaires autour du bulbe et de la protubérance.

Coupes après durcissement. — La lésion, qui d'abord ne paraissait pas très-profonde, s'est enfoncée de haut en bas et un peu de dehors en dedans, dans le centre même du corps restiforme. Mais elle reste éloignée du noyau de la sixième paire.

Expérience III.

Chien barbet, noir, de haute taille et très-vigoureux. Quelques taches blanches dans les pattes et le museau, n" 8, 15 octobre, 4877. (PI, II, fig. 3.)

Résumé. — Lésion du bec du calmus 'pénétrant à droite dans le corps restiformè jusquCà la pyramide antérieure. Noyau de sixième paire à plus de 3 mm. de la lésion. Déviation conjuguée à droite {du même côté que la lésion) (irritation).

Procédé opératoire comme plus haut.

Aussitôt que la pointe de l'instrument arrive au contact du point visé, brusquement l'animal rejette la tête en arrière ; on lâche l'instrument et la tête de l'animal abandonnée à elle-même se porte à droite, tandis que les yeux sont violemment et complètement entraînés dans la déviation conjuguée à droite (strabisme convergent gauche, divergent droit). La révulsion latérale des yeux a été telle que plus de la moitié de la cornée de chaque œil était cachée par les angles respectifs des deux paupières. Ces phénomènes oculaires persistent après qu'on a retiré l'instrument de la plaie et qu'on a détaché l'animal.

On observe ensuite les symptômes suivants : il existe une contraction marquée des pattes antérieures. L'animal essaie de se lever et malgré ses efforts ne peut se tenir sur ses jambes.

Au bout d'un quart d'heure il est pris d'un attaque convulsive épileptiforme, à laquelle succède une période de résolution de quelques minutes.

Il parvient à se relever et ses eff'orts n'aboutissent qu'à des mouvements d'une telle incoordination que l'animal paraît absolument en état d'ivresse; il est projeté à gauche et à droite et se heurte à tous les objets qu'il rencontre.

Dans une troisième phase, l'animal s'agite sur place, pousse dos cris plaintifs et toutes les fois qu'il veut ac mouvoir il est entraîné à droite dans un mouvement demancge.

La déviation oculaire existe encore telle que nous l'avons notée.

Graax. K

L'animal est tué par perforation du^cœur. Autopsie immédiate.

Lésion linéaire légèrement oblique d'une étendue de 2 millimètres environ siégeant au niveau du bec du calamus presque sur la ligne médiane.

Des coupes successives montrent que la lésion partant du bec du calamus d'arrière en avant et de bas en haut, intéressent les fibres entrecroisées, sur le ràphé, des corps restiformes etpénétrent jusqu'au contact de la pyramide antérieure du côté droit à 3 millimètres environ au-dessous du noyau de la sixième paire.

. Ces faits n'ont pas besoin, je crois, de longs commentaires, il y est bien évident, il me semble, que lorsque la lésion du plancher du 4* ventricule, n'intéresse pas directement le noyau, la déviation conjuguée se produisant du même côté que la lésion ne peut s'expliquer que par uiie irritation à distance du noyau de conjugaison des yeux (6" paire).

B. Cas dans lesquels la double déviation des yeux avec conjugaison a été le résultat d'une lésion portant sur le noyau de 6" paire. — Dans ces cas, les yeux regardent du côté opposé à la lésioUi — (déviation paîi paralysie) (Voir lés fig. 1 et 2. Pl. II) :

Expérience IV.

Chien blanc, n» 13, 25 octobre, 1877 (Pl. II, fig. 2).

RÉSUMÉ. — Lésion à droite de la ligne médiane au niveàu, de Veminentia ieres, {blessure typique du noyau de la sixième paire) Bémalion double conjuguée des yeux à gauche (déviation par paralysie).

Le procédé opératoire a été décrit plus haut. L'instrument atteint rapidement le point visé et où observe de suite une déviation conjuguée, très-considérable des deux yeux

vers la gauche accompagnée de petits mouvements de nystagmus qui exagèrent la déviation.

L'animal est sacrifié immédiatement par section du bulbe.

Autopsie IMMÉDIATE. Lésion très-limitée, tout à fait typique, au niveau de l'eminentia teres du côté droit. Le vermis inférieur est légèrement effleuré.

Expérience V.

Chien bull-terrier, blanc et jeune, vigoureux, de taille moyenne, n° 6, 12 octobre 1877 (Pl. II fig. 1,).

RÉSUMÉ. — Lésion en dpparéHce super/îcielle, consistant en éraillures du niveau du bec du calamus, bien plus marquée à droite qu'à gauche. Les coupes monti'ent que la lésion s'étend par un long trajet jusqiC au noyau de la sixième paire du côté droit. Deux temps dans les phénomènes oculaires : 1*' temps, déviation conjuguée à c?roîte (irritation) ; 2°, conjuguée à gauche (paralysie).

La pointe de l'instrument, après avoir pénétré à travers la membrane occipito-atloïdienne, est dirigée en haut et en avant. Elle rencontre rapidement le plancher du quatrième ventricule, car on voit de suite, avant qu'elle ait pénétré très-profondément, latête s'infléchir à droite et les yeux se dévier immédiatement tous deux à droite, avec nystagmus.

L'animal qui est très-vigoùreux ayant donné uii violent coup de tête, l'instrument est abandonné dans la plaie de peur de produire une lésion trop profonde.

Mais aussitôt l'incurvation de la tête s'est faite du côté gauche où elle s'est maintenue, et les yeux se sont déviés eu sens opposé, de sorte que nous avons maintenant une double déviation conjuguée des yeux vers la gauche.

Comme symptômes autres que les symptômes oculaires, nous devons noter une syncope respiratoire ayant duré près de deux minutes, avec persistance des battements cardiaques. La suspension des mouvements respiratoires a été telle qu'il s'est produit des phénomènes asphyxiques. L'ouverture de la carotide (faite pour tuer l'animal par insufflation d'air dans le cœur) a fourni du sanpr noir comme dû sang veineux.

Autopsie immédiate. — Hémorrhagie secondaire abondante, dans la région inférieure du bulbe et sur le plancher du quatrième ventricule.

Après avoir enlevé les caillots, on aperçoit une lésion qui a déchiré toute la pointe du calamus à droite et à gauche; mais le côté droit est beaucoup plus intéressé.

Des coupes successives, après durcissement dans l'alcool, sont pratiquées dans le bulbe de bas en haut ; elles montrent que la lésion profonde siège à droite de la ligne médiane, au niveau du bec. Cette lésion a détruit toute la colonne de substance grise de la partie inférieure du plancher du quatrième ventricule. Mais on voit que la lésion remonte beaucoup plus haut au-dessous du plancher. Arrivée au tiers moyen, on la voit traverser le raphé pour se porter un peu à gauche. Mais plus haut, au niveau de l'équateur transversal du plancher, on voit une nouvelle échappée qui s'étend jusqu'au noyau de la sixième paire qui est détruit.

Cette lésion est représentée dans la flg. 1 de la Pl. n, où l'on n'a dessiné que trois des coupes pratiquées sur le bulbe.

Dans ces deux exemples, où le noyau de la 6° paire a été fortement intéressé, on voit que la déviation des yeux s'est faite du côté opposé à la lésion.

Il y a donc eu paralysie du moteur oculaire externe du même côté que la lésion et paralysie de filet fourni au droit interne de l'œil du côté opposé par le noyau intéressé.

Dans le premier cas. (exp. IV), le seul que nous ayons obtenu aussi pur, aussi dégagé de complications, la lésion a été en quelque sorte produite d'emblée et n'a intéressé que le noyau.

Dans le second exemple, il est possible de suivre par les symptômes oculaires les progrès de la lésion au fur et à mesure qu'on la produisait.

La déviation des deux yeux d'abord du même côté que la lésion semble en rapport avec l'irritation qu'a du pro-

duire la blessure de la partie inférieure du plancher du 4' ventricule, tant que la destruction ne s'est pas étendue jusqu'au noyau de la 6" paire. Puis la dernière partie de l'expérience (déviation du côté opposé à la lésion) semble bien correspondre au dernier temps du traumatisme.

Nous aurions vivement désiré voir survivre un de ces animaux chez qui nous avions blessé le noyau de la 6® paire, de façon à observer la dégénérescence du fil et destiné au droit interne de l'autre œil ; mais aucun des animaux de cette série n'a pu survivre, en raison de la gravité des désordres produits par l'expérience. Le chien n° 13, de l'expérience IV, aurait sans doute survécu, mais nous avons malheureusement été obligés de le sacrifier, parce qu'il servait en même temps à d'autres recherches poursuivies dans le laboratoire sur les sucs intestinaux.

Jamais nous n'avons pu depuis reproduire un traumatisme aussi limité, amenant aussi peu de désordres généraux.

Des deux expériences qui précèdent, je rapprocherai la suivante, qui s'y rattache par un point commun, la déviation par lésion du noyau de la 6® paire, mais s'en sépare par la section du pédoncule cérébelleux.

Expérience VI, Jeune chienne terrier de couleur jaune, n" 3, 3 octobre JS??.

RÉSUMÉ. — Section du 'pédoncule cérébelleux inférieur gauche s" étendant obliquement en haut jusqu'au rapJié, et intéressant le noyau de la sixième paire gauche. Premier temps {section du pédoncule) déviation du même côté que la ^észbn (irritation); rfernier tem,ps {lésions du noyau), déviation du côté opposé à la lésion (paralysie).

L'expérience s'est composée de plusieurs temps.

Premier temps. — Avant que l'instrument ait pénétré assez

profondément pour avoir atteint la région du noyau de la sixième paire, l'animal se débat et pousse des cris ; il est évident qu'on l'a blessé au niveau des corps restiformes. Nous nous arrêtons et observons les phénomènes.

Chute de la paupière gauche avec tendance à la déviation des yeux vers la gauche (même côté que la lésion.)

Deuxième temps. — On enfonce un peu plus l'instrument. Immédiatement les yeux se trouvent entraînés vers la droite avec nystagmus : ces phénomènes durent peu, et après quelques secondes de repos, ils ont disparu.

Troisième temps. — L'animal a un peu secoué la tête, et de suite les deux yeux ont été entraînés violemment vers la droite en déviation conjuguée avec une fixité remarquable des globes oculaires.

L'expérience terminée, l'instrument retiré de la plaie, la déviation persiste, mais elle s'accompagne de mouvemepts nystagmiques compliqués.

Chaque œil subit un mouvement rota toire spasmodique autour de son axe antéro-postérieur, de sorte que le globe oculaire du côté gauche semble attiré de bas en haut et de dehors en dedans, tandis que le globe oculaire droit subit un entraînement en sens contraire (1).

Les quatre membres sont paralysés. L'animal est sourd ; on constate en même temps une hémiplégie faciale très-prononcée du côté gauche. État de profonde stupeur.

L'animal meurt le lendemain.

Autopsie. — Hémorrhagie secondaire autour du bulbe et sur la face supérieure du ventricule.

Après avoir enlevé les caillots et lavé la pièce, on voit qu'une lésion profonde et oblique d'arrière en avant et de dehors en dedans sectionne presque complètement le pédoncule cérébelleux inférieur gauche. La section s'étend sur le plancher du quatrième ventricule jusqu'à la ligne médiane ; l'extrémité interne du traumatisme intéresse Mèminence teres (région du noyau de la sixième paire).

(1) Cf. la déviation des yeux de l'obs. LUI de la thèse de Prévost, p. 70. Thèse de Paris 1868 sur la déviation conjuguée des yeux.

2e GROUPE

Expériences dans lesquelles une lésion du plancher du 4" ventricule a été suivie d'une déviation des yeux non conjuguée.

A. Un cas de double strabisme internat. — ^ Lésion des deux noyaux de la 6° paire.

Nous n'avons obtenu qu'une seule fois ce genre de déviation, et les circonstances dans lesquelles elle est survenue nous ont semblé la rendre intéressante. Ce cas nous a paru être la confirmation complète de la théorie que nous soutenons; néanmoins, comme la déviation oculaire peut être différemment interprétée, nous ne nous appuierons pas sur ce résultat. Nous ne citons cette expérience que comme un exemple curieux, et pour ne pas omettre un seul des types de déviation que nous avons obtenus.

Expérience VII.

Chien épagneul, noir et blanc de taille moyenne, n° 10, 22 octobre 1877 (pl. II, fig. 5).

RÉSUMÉ, — Strabisme convergent double, correspondant à une lésion ayant porté sur les noyaux des deux moteurs oculaires externes.

Opération par simple piqûre. La pointe peut être enfoncée profondément sans provoquer aucun accident.

Premier temps. — Déviation conjuguée des yeux à droite, puis an bout de quelque temps, après un mouvement de l'animal, la déviation conjuguée se fait à gauche; des mouvements de nystagmus exagèrent cette nouvelle déviation. Dilatation des pupilles. Stupeur. Pas de paralysie des membres.

Au bout de quelque temps la déviation des yeux diminue ; l'animal ne conserve guère qu'un certain degré de stupeur.

Deuxième temps.— L'instrument est de nouveau enfoncé dans la plaie et on observe les désordres suivants du côté des yeux. Un double strabisme convergent des plus prononcés, entraîne les deux globes oculaires avec une telle force que les cornées disparaissent à moitié dans l'angle nasal des paupières.

Un incident d'expérience amène la mort immédiate de l'animal ; au moment où on retire l'instrument, il donne un coup de tète qui a dû produire une lésion dans la partie inférieure du bulbe.

Il meurt en quelques secondes après quelques efforts suspirieux.

Autopsie immédiate. — Déchirures et dilacération à la partie inférieure du bulbe.

Mais plus haut, au niveau de la ligne qui réunit les deux angles latéraux du plancher du quatrième ventricule existe une lésion transversale, un peu oblique, à cheval sur la ligne médiane, un peu plus étendue à gauche qu'à droite.

Coupes après durcissement dans l'alcool. — Des coupes successives montrent qu'il existe au niveau de la lésion apparente, une dilacération profonde, parfaitement symétrique, qui a détruit les deux noyaux des deux moteurs oculaires externes.

Les résultats de cette expérience peuvent être dilféremment interprétés. On peut dire qu'il y a eu paralysie des deux droits externes, d'où le double strabisme convergent; on peut dire, en tenant compte des deux déviations conjuguées successives, que nous avons paralysé d'abord le muscle droit externe d'un côté et le droit interne de l'autre œil (relativement à l'innervation que ce muscle reçoit de la 6" paire). Puis en second lieu nous avons produit les mêmes désordres de l'autre côté. Mais il restait aux deux droits internes l'influx nerveuxque leur fournit le moteur oculaire commun. C'est pour cela que les yeux se sont déviés en dedans.

C'est l'explication que nous proposerions, mais nous n'y tenons pas, et nous nous garderons bien de tirer aucune conclusion de cette expérience. Ce que nous désirons seulement faire remarquer à propos de cette observation, c'est qu'il est bien difficile d'expliquer les déviations observées, en s'appuyant de la théorie de Prévost.

B. Cas dans lesquels on a observé un double strabisme divergent produit par une lésion du vermis inférieur.

Expérience VIII.

Chien barbet, blanc, mouton, n" 14, 25 octobre 1877 (Pl. II, fig. 4).

RÉSUMÉ. — - Double strabisme divergent. — Lésion du vermis inferior.

L'instrument est introduit rapidement à une grande profondeur et retiré de suite.

On voit se produire immédiatement les phénomènes suivants :

1° Une déviation complexe des yeux.

L'œil droit est attiré en haut et en dehors. L'œil gauche en has et en dehors.

2" Un très-fort entraînement de la tête, à gauche et en arrière.

L'animal détaché est entraîné à gauche et est animé d'un mouvement de rotation sur son axe longitudinal.

Mis à terre il reste couché sur le flanc, et de temps en temps roule plusieurs fois sur lui-même.

Autopsie le 25.

On trouve pour toute lésion une blessure linéaire du vermis inferior, dans sa partie antérieure, près de la luette, un peu à droite.

Sur une coupe, on voit que la lésion est bien limitée au vermis et est très-peu profonde. Pas d'autre partie blessée.

Expérience IX.

Chien jaune tigré, terrier, détaille moyenne, n» 9, 18 octobre.

RÉSUMÉ. — Double strabisme divergent. Lésion du vermis inferior.

L'instrument est introduit par la membrane occipito-atloïdienue et produit immédiatement une lésion.

Entraînement de la tête à gauclie et strabisme divergent des deux côtés, très-accentué. La révulsion des globes oculaires est aussi complète que possible avec cette particularité que la déviation ne se fait pas directement en dehors, mais en dehors et en bas. Des mouvements nystagmiques convulsiformes agitent les globes oculaires dans le sens indiqué en exagérant la direction.

L'instrument retiré, et l'expérience finie, la déviation persiste sans rien perdre de son intensité première.

Aucun phénomène du côté de la respiration.

L'animal une fois détaché de ses liens et mis à terre ne peut se tenir sur ses pattes. Il les agite d'une façon continuelle, et a l'air de marcher sur place, ou plutôt de nager.

Il continue à être très-agité et à se plaindre, mais quels que soient ses eflTorts, même une heure après l'expérience, il ne peut arriver à se tenir debout.

Pendant les jours qui suivent, le strabisme divergent double avec déviation en bas et en dehors persiste aussi complètement. L'animal mange un peu, mais il ne se rétablit pas.

Il meurt le 23.

Autopsie. — Pas d'hémorrhagie autour du bulbe, ni dans le quatrième ventricule. Sur le vermis inferior, dans sa partie antérieure, on voit un petit caillot. A ce niveau, une fois le caillot enlevé, on découvre une petite lésion.

Sur une coupe, après durcissement dans l'alcool, on voit que la lésion est très-superficielle et est bien limitée au vermis inferior.

La démonstration du point que nous voulions établir à savoir que le noyau de la 6® paire d'un côté fournit le nerf du muscle droit interne de l'autre oeil, nous semble résulter clairement de nos expériences ; il en ressort également que le noyau de la 6^ paire est le centre de solidarité des mouvements de latéralité de l'œil, et que c'est lui qui assure la distribution simultanée de l'influx nerveux aux deux muscles qui par leurs contractions synergiques doivent produire des mouvements associés.

Or, cette synergie, cette conjugaison des mouvements à l'état normal soulève la question des déviations conjuguées pathologiques étudiées par Prévost.

Nous ne voulons pas reprendre complètement cette question pour plusieurs raisons, d'abord parce qu'elle nous entraînerait en dehors des limites de notre sujet, ensuite parce que nous ne l'avons étudiée que dans ses rapports avec la protubérance.

Mais dans la thèse de Prévost on peut faire deux parts celle de la clinique, celle de la théorie. Nous avons déjà dit dans notre première partie qu'au point de vue clinique nous ne distinguions pas la paralysie que nous décrivons de la déviation conjuguée étudiée par Prévost ; que la nôtre était une forme non décrite dans sa thèse, la forme lente, chronique, mais que c'était au fond le même symptôme.

Quant à sa théorie nous ne pouvons l'accepter (1) et

(1) Dans une thèse récente sur « les symptômes oculaires dans les maladies du système nerveux » (Paris 1878, n» 211), M. Coingt n'a pas abordé le point qui nous occupe. Nous y trouvons cependant une interprétation de la déviation conjuguée des yeux par le retenissement des lésions sur un centre rotateur des yeux; mais l'auteur ne parle pas du siège de ce centre coordinateur.

pour ce qui est des lésions du mésencéphale, je crois que nos expériences nous y autorisent suffisamment.

Nous ne croyons pas substituer une hypothèse à une autre, nous pensons proposer une explication répondant bien à la réalité des faits, lorsque nous disons : que la déviation conjuguée des yeux, dans les lésions de la protubérance, a pour cause, soit une irritation à distance, soit une destruction du centre des mouvements solidaires des yeux (noyau de la 6^ paire) ; et ainsi s'expliquent mieux que par la théorie de Prévost les cas où des lésions siégeant du même côté produisent des déviations en sens contraire.

Mais si le fait peut être considéré comme établi pour les lésions du mésencéphale, nous ne saurions en dire autant des lésions des hémisphères. La question est ici beaucoup plus complexe. Toutefois si nous relevions tous les faits auxquels il est impossible d'appliquer la théorie de Prévost, nous verrions qu'elle est réellement bien peu solide. Les cas signalés par Hanot (1), de déviation conjuguée dans la paralysie générale, les nombreuses observations contradictoires de déviation conjuguée des yeux du côté opposé à la lésion (dans les foyers hémisphériques) (2),

(1) Hanot. Mémoires Soc. biol. 1872. Note sur l'évolution thermique et la rotation conjuguée de la tête et des yeux dans les attaques apoplectiques de la paralysie générale.

(2) Peut-être, dans les lésions à début brusque, y a-t-il un retentissement à distance sur le noyau de la 6" paire, par le mécanisme étudié récemment par Duret dans son excellente thèse. Cet auteur a montré en effet que le phénomène du choc cérébral devait être rattaché à un traumatisme du plancher de la 4° ventricule, produit par le liquide sous-arachnoïde. De cette façon, il serait cependant difficile d'expliquer pourquoi la déviation se fait presque toujours dans un sens déterminé, car la compression du liquide sur le plancher du 4' ventricule, doit se faire ressentir également sur l'un et l'autre noyau.

les nombreux exemples relatés dans la thèse de Landouzy (1), de déviation conjuguée consécutive à une lésion superficielle des hémisphères, constituent de trop fréquentes exceptions à la règle posée par Prévost pour ne pas lui enlever beaucoup de sa valeur.

Hypothèse pour hypothèse, je préférerais expliquer la déviation des yeux dans les lésions des hémisphères par une action à distance ou, dans certains cas directe sur

(1) LoDis Landouzy. Th. Paris, 1876 Convulsions et paralysies liées aux méningo- encéphalites fronto-par létales, p, 79 et suivantes. A propos de ces faits de déviations conjuguées liées àdes lésions corticales,M. Landouzy rejette l'explication proposée par M. Prévost. «Dès lors, dit-il, plus n'est besoin d'expliquer cette déviation par une action de voisinage (Prévost) et de dire, avec Brown-Sequard et SchifF, que la lésion superficielle agit en influençant les centres ganglionnaires. Ici encore, à la notion d'excitation à distance, se substitue l'idée d'une irritation directe, rendue possible par l'excitation corticale.... La comparaison des faits nous a suggéré l'explication suivante, qui satisfait aux cas dans lesquels la déviation se produit du côté de la lésion et aux cas dans lesquels elle se produit du côté opposé. La rotation de la tête correspondrait, dans les premiers, à l'excitation du centre (rotateur de la tète) sur l'hémisphère malade; dans les secondes, à l'action sur l'hémisphère sain du centre rotateur resté sans antagoniste, le centre de l'hémisphère malade étant annihilé passagèrement ou définitivement. » Cette théorie se rapproche beaucoup de celle que nous proposons.

Seulement la nôtre en diffère par le siège que nous assignons au centre de coordination : nous avons démontré, en effet, que ce centre n'était ni dans les ganglions ni dans l'écorce cérébrale, mais qu'il était situé au niveau du noyau de la 6<= paire. Dès lors, il suffit que des lésions intéressent plus ou moins les fibres qui relient ce noyau, soit aux tubercules quadrijumeanx, soit à l'écorce cérébrale, pour que, ou par paralysie, ou par excitation, la déviation conjuguée seproduise. On comprend encore que l'irritation qui résulte des lésions superficielles de l'écorce, étudiées par M, Landouzy, soit assez souvent la cause d'une déviation conjuguée du côté opposé à la lésion : à cause de l'entre-croisement, une irritation située àdroif e se fera ressentir sur le noyau de la 6« paire gauche, d'où déviation conjuguée à gauche.

les différents centres d'où part l'excitation cérébrale, volontaire ou réflexe, destinée au noyau de la sixième paire. Il y a là trop d'inconnues pour que nous soutenions cette nouvelle théorie, mais nous avons voulu cependant l'indiquer. D'ailleurs nous sommes heureux de trouver un certain appui dans ce passage du livre classique de M. le professeur Jaccoud.

«Il en est de même», dit M. Jaccoud (d), après àvoirparlé des différentes paralysies qu'on observe dans l'hémorrhagie célrébrale (forme apoplectique et paraljrtique), « il en est de même des paralysies qui atteignent les muscles intrinsèques des yeux; elles siègent tantôt dans l'œil qui côrréspohd à l'hémiplégie des membres, tantôt dans l'autre. Mais indépendamment de ces paralysies oculaires qui durent souvent aussi longtemps que celles des membres et qui sont comme elle toujours Coiisécutives, eu égard à l'attaque apoplectique, on observe souvent, dès le début des accidents, une autre espèce de désordre dans les muscles des yeux, lequel coïncide d'ordinaire avec un désordre semblable des muscles du cou, notamment du sterno-mastoïdien et du trapèze. Ce phénomène n'est pas secondaire, il est initial; il lî'est pas persistant, il ëst transitoire, et cesse ordinairement lorsque les effets de

rictus ont entièrement disparu La rotation de la tête

tient évidemment à l'inertie des muscles cervicaux du côté paralysé ; qttant à la déviation des yeux qui, dans le cas supposé, implique un strabisme externe de l'œil droit et un strabisme interne de l'œil gauche {déviation conjuguée de Prévost), elle est d'une interprétation fort obscure ; on gagne peu à la rapprocher des phénomènes de

(1) Jaccoud. Path. interne, 1. 1, p. 167, l™ éditionj

rotation en manège, observés chez les animaux qui ont une lésion unilatérale de V encéphale. J'aime mieux, jusqu'à meilleure solution, me placer sur le terrain anatomique et admettre une excitation à distance du nerf de la sixième paire, d'où le strabisme externe dit côté de la lésion cérébrale, puisque ce nerf n'a pas de décussation, et comme conséquence nécessaire (vu les rapports anatomiques et fonctionnels de la sixième et de la troisième paire) une excitation simultanée de la troisième paire de Vautre côté^ d'où le strabisme interne du côté opposé à la lésion cérébrale. »

Enfin à propos de nos trois dernières expériences, je ne ferai que signaler sans pouvoir le résoudre un point que M. Foville avait déjà indiqué dans son mémoire : ceci constitue en quelque sorte le complément de ce que nous avons dit pour la synergie des mouvements asso-^ ciés des yeux. Je veux parler de ces déviations irrégulières, qui tantôt, comme dans l'expérience VI, consistent en un nystagmus, avec rotation autour de l'axe antéropostérieur (action synergique du grand oblique d'un côté, et du petit oblique de l'autre côté), tantôt, comme dans l'expérience VIII, se composent d'un strabisme divergent double avec une attitude des yeux indiquant qu'il y a manifestement une action simultanée des deux grands obliques. Ces faits n'ont été l'objet d'aucune de nos recherches et c'est par le hasard des expériences qu'ils se sont présentés à nous. Il semble fort probable que ce que nous avons démontré pour la synergie des muscles latéraux doit être vrai pour la synergie des muscles rotateurs de l'œil (autour de son axe antéro-postérieur, ou à peu près), et que la solidarité du grand oblique d'un œil et du petit oblique de l'autre est assurée par des anasto-

moses entre les noyaux des nerfs de ces muscles dans les centres nerveux.

Or il est aujourd'hui incontestablement établi (voir les recherches de M. M. Duval sur ce sujet, dans le journal de M. Robin) que les deux nerfs pathétiques s'entrecroisent sur la ligne médiane, dans l'épaisseur de la valvule de Vieussens, avant de sortir de l'isthme de l'encéphale. De sorte que le nerf pathétique destiné au grand oblique du coté droit tire son origine réelle du ganglion situé en arrière du noyau de la troisième paire du côté gauche. Et comme ces deux noyaux ont des rapports très-évidents, on peut expliquer ainsi très-facilement la synergie du grand oblique d'un côté et du petit oblique de l'autre côté, dans certains mouvements des yeux, par exemple dans les mouvements d'inclinaison de la tête. Je ne parle pas toutefois de l'action de ces muscles dans la position du regard en bas et en dehors ; ces mouvements très-complexes nécessitent l'action combinée de presque tous les muscles de l'œil.

Foville avait déjà dit : « Sans doute on pourrait aller plus loin et supposer qu'il y a quelque disposition analogue qui explique l'action synergique des muscles grand oblique d'un côté et petit oblique de l'autre, lorsque la tête s'incline sur une épaule ; mais ce serait se lancer dans une pure hypothèse sans aucun moyen de vérification. »

Nous nous arrêterons comme lui. Il nous suffit d'avoir seulement indiqué ce point intéressant, sur lequel nous nous proposons de faire des recherches ultérieures.

2* Proposition : Le muscle droit interne de chaque œil reçoit de deux nerfs : du mot. ocul. commun correspondant, et du moi. ocul. externe de l'autre côté :

Nous avons déjà dit que nous n'invoquerions pas l'expérience VII, où une lésion du noyau de la sixième paire de chaque côté a produit un double strabisme interne, strabisme que nous avons attribué à l'action persistante du mot. oculaire commun sur chacun des muscles droits internes.

Il nous suffit que ce résultat puisse être interprété différemment pour que nous ne fondions rien sur lui.

C'est pour établir ce dernier pointmis hors de doute par l'analyse clinique (voir les obs. IV et VI), qu'il nous faudrait apporter des preuves anatomo-pathologiques, en montrant que le nerf du muscle droit interne est en partie dégénéré dans les lésions du noyau de la sixième paire.

J'ai déjà dit précédemment pourquoi nous n'avions pu observer cette dégénérescence chez nos animaux mis én expérience. Chez l'homme, dans le cas que j'ai eu l'occasion d'observer avec mon excellent maître M. le D"" Féréol, notre attention n'étant pas spécialement sur ce point, nous n'avons pas pensé à disséquer le nerf moteur oculaire commun dans toute sa longueur j usqu'au rameau qu'il fournit au muscle droit interne.

C'est là une lacune regrettable dans notre observation, et j'ai tenu à bien signaler ce désidératum, afin que, dans un cas semblable, ce détail ne soit pas négligé.

Faute de faits anatomo-pathologiques , nous allons nous appuyer sur un point de physiologie générale établi par Cl. Bernard.

Graux. «j

Ce physiologiste a fait voir(l) à propos des fonctions du spinal, que les muscles trapèze et sterno-mastoïdien ne peuvent s'approprier à deux fonctions différentes que parce qu'ils obéissent à deux influences nerveuses distinctes ; qu'inspirateurs lorsqu'ils recouvrent leur innervation du plexus cervical, ils arrêtent la respiration quand la branche externe du spinal les excite, et qu'ils sont alors congénères d'une action semblable exercée dans le larynx par la branche interne du même nerf.

Pour faire ressortir l'analogie qui existe entre la fonction visuelle et la fonction vocale, nous allons rappeler ce qui se passe dans les mouvements de latéralité des yeux, et dans l'adaptation des globes oculaires à la vision binoculaire.

« On sait, dit M. Abadie (2), que lorsque les yeux fixent un objet, deux phénomènes se produisent simultanément.

1° Un mouvement de convergence des deux globes oculaires, grâce auquel les deux axes visuels, ramenés dans la direction de l'objet observé s'entrecroisent précisément au point qu'occupe cet objet dans l'espace.

2" Un effort d'accommodation qui permet à l'appareil optique de l'œil de faire converger tous les rayons venus de l'objet extérieur sur l'écran rétinien. Or, non-seulement ces deux phénomènes se produisent simultanément, mais ils sont encore l'un à l'autre dans des rapports déterminés qui ne varient que dans d'étroites limites. A tel degré de convergence correspond tel effort d'accommodation; et réciproquement, toutes les fois que l'accommodation entre en fonction avec énergie, les lignes visuelles convergent fortement.

(1) Cl. Bernard. Système nerveux, p, 339, t. II.

(2) Ch. Abadie, Traité des maladies des yeux, t. II,p. 313.Paris, 1877.

Dans l'exercice de la vision binoculaire, pour les objets rapprochés la contraction des muscles adducteurs du globe et la contraction du muscle ciliaire sont donc rattachés par un lien physiologique indissoluble ; il semble que l'influx nerveux se partage fatalement en proportions déterminées entre les deux groupes musculaires.

Bien entendu, toutes ces considérationsne s'appliquent qu'à la vision binoculaire des objets rapprochés. Lorsque les deux yeux regardent ensemble à l'infini, les axes optiques étant parallèles, tout effort d'accommodation disparaît. Si l'objet observé vient à se déplacer et si les deux yeux le suivent, ce ne sont plus les deux adducteurs qui se contractent, mais l'adducteur d'un oeil avec l'abducteur de l'autre. C'est là un tout autre mécanisme, et cette vision binoculaire à l'infini n'est pas du tout comparable à celle des objets rapprochés. »

En réalité il y a là deux mécanismes différents : d'une part les yeux exécutent simplement un mouvement de déplacement latéral : la synergie de ces mouvements est assurée par la sixième paire.

D'autre part, il y a une adaptation fonctionnelle, une sorte de balancement destiné à régulariser la fonction visuelle : et l'on voit que, tandis que l'appareil accommodateur (iris et muscle ciliaires, etc.) règle l'entrée des rayons lumineux et détermine la réfraction qu'ils doivent . subir, les droits internes font converger les axes optiques sur l'objet qui doit fournir les images : il faut que ces deux appareils soient sous la même influence nerveuse. Or l'appareil ciliaire est innervé par le mot. ocul. commun, il faut que les droits internes reçoivent un filet nerveux de ce même mot. oculaire commun.

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