‹ De la paralysie générale et du traumatisme dans leurs rapports réciproquesChapitre 5 sur 13 · DÉDUCTIONS PRATIQUES · texte numérisé non relu

DÉDUCTIONS PRATIQUES

De tout ce que nous venons de dire on peut tirer quelques déductions pratiques.

Etant donné que la paralysie g-énérale, dans un certain nombre de cas, est produite par les traumalismes du crâne, il est indiqué de rechercher cette cause chaque fois que l'on se trouve en présence de cette maladie. On comprend quelle importance cette recherche peut avoir. Supposons, en efTet, un père de l'araille atteint de méningo-encéphalite diffuse; si nous parvenons à établir que cette maladie a été produite par un coup ou une chute sur la tête, nous pourrons rassurer les parents sur l'avenir des enfants n és avant l'accident. Il est de toute évidence, en effet, que le père n'a pu transmettre à ses enfants la maladie dont il n'était pas encore atteint au moment de leur procréation. Mais avant de porter un pronostic favorable sur l'avenir intellectuel des enfants, il faut être bien assuré que le traumatisme réputé être l'origine de la maladie élait bien réellement accidentel et non le fait de la maladie déjà existante (vertiges, etc.). Il faut

êtr.) bien sùi' ég-alement qu'il n'existait chez le père aucune espèce de prédisposition.

Une autre règ-le de conduite doit être tfiré de ce; que nous avons exposé précédemment. Il faut toujours, en présence d'un blessé du crâne, penser à la possibilité du développement d'une ménino-o-encéphalite diffuse et être, par conséquent,, fort réservé au]pointde vue du pronostic.

Un individu a fait une chute sur le sol, la plaie est cicatrisée, le malade n'éprouve plus la moindre gêne, on le croit g'iiéri. « Cela est faux, dit M. Lasèg-ue; son cerveau a subi une commotion, et ce choc, cet ictus cliirurg-ical primitif devient un capital, qui, pour ne pas donner de revenus pendant les premiers temps, n'en portera pas moins intérêts et dividendes que le malade touchera un jour en bloc, soit au bout d'un an, soit plus tard. »

Nous le répétons, un sujet qui a subi un ictus chirurg-ical et qui ne présente aucun symptôme morbide est souvent encore un malade qu'il faut soig-ner. Or, les poussées congestives du côté de la tête étant si dang-ercuses pour les individus prédisposés à la paralysie générale, à plus forte raison pour ceux chez f|ui la paralysie générale est en puissance, il faut éviier soigneusement à ces malades tout ce qui peut être cause de congestion de l'extrémité céphalique : voisinage des fourneaux (cuisinier, etc.), séjour dans les endroits oii la température est élevée (café, salles de spectacle), travail intellectuel prolongé, excès vénériens, abus de tabac, etc., etc.

Le régime alimentaire doit cire très sévère, il fauf

Vallon , •)

interdire les repas copieux, le café, etc. et surtout défendre non-seulement l'abus mais l'usag'e des boissons alcooliques; l'eau additionnée d'une petite quantité de vin de bourg-ogne telle doit être la boisson habituelle du malade. Les eaux alcalines doivent être prohibées. Il faut ég-alement chez les blessés de la tête éviter la constipation, donner des purg-atifs légers, mais fréquemment répétés; s'il existe un flux hémorrhoïdaire, se bien g'arder de le faire disparaître et s'il vient à s'arrêter le ramener par des moyens appropriés. Les bains trop chauds doivent être prohibés, les bains tièdes seuls doivent être permis et encore fautil avoir soin pendant toute la durée de l'immersion de tenir sur la tête du sujet des compresses d'eau froide.

Ces règ-les d'hyg'iène doivent être observées pendant très long-temps, nous dirions presque pendant toute la vie. L'individu qui a reçu un ictus est un malade, un cérébral comme dit M. Lasèg-ue, il est toujours menacé de nouveaux accidents. « Ceux-ci peuvent rester long'temps sans apparaître, car ils n'ont ni date fixe, ni précision oblig^atoire, et laisser croii'e ainsi que le malade est parfaitement g-néri des phénomènes qui ont accompag-né le premier ictus traumatique. I\on, il ne l'est pas, il est comme le pleurétique qui, en apparence absolument rétabli, reviendrait vingt, ans plus tard tuberculeux, ou plulôt chez lequel révolution du tubercule aur ait mis ving't ans à se faire Nous avons toujours là le volcan dont le feu couve sous la croûte (jui recouvre son cratère jusqu'au moment d'une éruption nouvelle » (Lasèg'ue).

Les coups sur la tête étant très dang-ereux pour les

paralytiques g-énéraux, il paraît pour le moins puéril de recommander de les éviter. Or, le conseil n'est pas inutile, car il est un choc lég-er, il est vrai, que quelques médecins, loin de prohiber, recommandent, au contraire, je veux parler de celui que produit la douche descendante.

Or, il faut bien le savoir, de l'eau, même sous la forme de pluie, tombant sur la tête d'un paralytique avec une certaine force, constitue un danger sérieux pour lui. La douche est toujours dang-ereuse pour le paralytique général, quelquefois funeste.

Il est un dernier côté du problème que je me contente de signaler, c'est la question médico-lég*ale. Un individu reçoit un coup sur la tête, un voyag-eur subit un choc dans un accident de chemin de fer : la paralysie générale survient. Est-ce l'accident qui a causé la maladie? On comprend, d'après tout ce que nous avons dit, combien les causes d'erreurs sont nombreuses et combien, par conséquent, une réponse précise est difficile à donner, à une question aussi délicate.

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