SECONDE PARTIE
De l'influence réciproque des traumatismes et de la paralysie générale.
Hepuis déjà un certain nombre d'années sous la puissante impulsion de M. le professeur Verneuil on a beaucoup étudié l'influence réciproque des diathèses et des maladies g-énérales sur les traumatismes, et de ceux-ci sur le terrain pathologique où ils évolurent. On a ég'alement recherché l'influence réciproque des traumatismes et de quelques afîections nerveuses ; maisaucune étude d'ensemble, que nous sachions, n'a été faite dans ce sens pour ce qui est de la paralysie g'énérale en particulier.
On s'est bien occupé des afîections chirurg-icales qui surviennent chez les aliénés ; mais sans méconnaître le mérite réel de la plupart de ces travaux, nous nous permettrons de faire à leurs auteurs le re* proche d'avoir les uns réuni, les autres, imparfaitement disting'ué des faits pourtant bien différents et qu'il y a tout intérêt à séparer nettement.
Entre les divers aliénés, en effet, pour ce caractère commun de présenter des troubles de l'iulellig'ence, quelles profondes différences n"'existe-t-il pas. Qu'y
a-t-il de commun au fond enfre un individu atteint d'une vésanie comme le délire des persécutions, un homme profondément intoxiqué par l'alcool, et enfin un sujet présentant une afTection org-anique du système nerveux comme la paralysie g*énérale ? Et pourtant persécuté, alcoolique, paralytique, tous les trois ont des troubles intellectuels, tous les trois sont aliénés.
Nous allons donc étudier d'une part l'évolution des traumatismes chez les paralytiques g-énéraux et d'antre part l'influence deces traumatismes sur la paralysie g-énérale elle-même.
Nous diviserons naturellement notre sujet en deux parties.
Dans la première, nous étudierons les traumatismes des os, c'est-à-dire les fractures.
Dans la seconde, les traumatismes des parties molles, c'est-à-dire les plaies.
Nous ferons suivre cette étude de quelques considérations sur les opérations chirurgicales chez les aliénés.
Nous ne nous dissimulons pas combien ce travail est incomplet, mais nous ne leconsidérons que comme une ébaucheque nous avons la ferme intention de perfectionner plus tard.
Nousavons voulu non pas résoudre laquestion, mais seulement résumer ce qui a déjà été fait dessus et fournir quelques éléments pour sa solution ultéiieure.