CHAPITRE IX
Théorie de SchoMiu.
Une autre opinion a été soutenue dans ces derniers temps ; et il nous semble que celte opinion , qui se distingue surtout par l'importance qu'elle accorde à l'ensemble delà question, est destinée à nous permettre d'arriver a une solution satisfaisante.
Dès 1853 déjà, nous lisons dans \cs Archives de Vierordt (I) un travail remar-
H) Dcitrùfje zur Charatlcristik der Urdmic, in Vicrord's Arch., \Hliô3 Hcft [.
quablc de Schotlin, dans lequel rejelant les théories proposées jusqu'alors, Tailleur arrive à cette conclusion : la cause de l'urémie réside dans une altération du processus nutritif, qui résulterait d'une augmentation de quantité des substances extractives du sang, — dans un trouble de l'endosmose qui se produit entre le sang et les tissus du corps, — et peut-être dans une diminution de la faculté d'oxydation propre au sang.
Le nom d'un observateur aussi éminent, déjà connu trés-avantageuscmenl par un travail publié sur un sujet analogue en I8'i2 dans le môme recueil (1), ne pouvait pas manquer d'attirer l'attention sur l'ordre des faits, auxquels Schotlin s'adressait pour résoudre ce problème. Nous trouvons la preuve do l'impression que ce travail causa en Allemagne dans la thèse inaugurale que le docteur Reuling présenta, en 1854, à l'Université de Giessen. Dans la conclusion de ce travail, l'auteur ne rejette pas la possibilité que l'urée puisse se transformer en carbonate d'ammoniaque à l'intérieur du système circulatoire; mais il constate que ce n'est pas là un fait constant, car dans quelques cas qu'il a eu l'occasion d'observer, l'hématoxyline (2) n'a pas dénoté dans l'air expiré par les urémiques, de quantité d'ammoniaque plus forte que celle que l'on trouve souvent en dehors de l'urémie. Sans donc rejeter de la pathogénie de l'urémie l'élément auquel Frerichs a accordé une importance si exclusive, Reuling croit qu'il y a d'autres causes qui rendent parfaitement compte de tous les phénomènes que l'on observe ; et parmi ces causes il range en première ligne l'augmentation de proportion des matières extractives contenues dans le sang.
Peu de temps après la publication de ces travaux, qui ne reposaient que sur des vues très-ingénieuses, sans doute, mais absolument théoriques, paru! le premier travail dans lequel appelant l'analyse chimique quantitative des tissus au secours de l'étude clinique de la maladie, on soit parvenu à établir scientifiquement ce que la théorie avait laissé entrevoir. C'est dans un rapport médical, publié par M. Iloppe, en 1834, que ce médecin fit connaître les résultats auxquels l'avait conduit son travail, entrepris à un point de vue moins exclusif qu'on ne l'avait fait jusqu'alors (3). Ayant eu l'occasion d'examiner un malade qui avait succombé à des troubles urémiques consécutifs à une atteinte de choléra, il trouva dans le tissu musculaire de ce sujet une quantité très -grande de créaline; il parvint à retirer 0.408 grammes de 1970 grains de viande de ce sujet, soit \ .59 grammes par livre de viande. Quant au sang, l'analyse de ce fluide établit que sur 1000 parties, il contenait :
(1) Ueber die ehemische Bcslandthcile des Schwcisses, ibid., 4852, t. XI, p. 88.
(2) M. Rouling s'est assuré que riiémntoxyline dénote la présence de 1/64 millionième d'ammoniaque. (Vogcl, dans Virchow's Ilandb. der spcciellc Palh. vnd Hier. I. VI, p. 4(il).
(5) Dritlcr drztlicher Berichl tiber das Arbcilshans im Jahrc 1855, Berlin, 185t.
i.27 d'urée.