‹ De la pathogénie des symptômes urémiquesChapitre 14 sur 27 · GO d'autres matières extractives · texte numérisé non relu

GO d'autres matières extractives

Soit en tout . . 9.87 parties de matières extractives.

Celte disproportion énorme, qui existe entre la composition du sang cl du tissu musculaire chez l'homme sain et chez l'urémique, ne pouvait manquer d'attirer l'attention de l'observateur. — II s'écoula cependant un temps assez long avant que l'on ne soit revenu à des recherches dans le même ordre d'idées. Le premier travail dans lequel nous constatons la même tendance est celui que le docteur Oppler publia en 4861 dans les Archives de Vircbow (1). Dans ce mémoire très remarquable à tous les points de vue, l'auteur, après avoir exposé les motifs qui l'ont déterminé à rejeter la théorie de Frerichs, comme ne répondant pas exactement à l'observation , consacre la dernière partie de son travail à faire connaître une série de résultats, qui sont de la plus haute importance pour l'intelligence de la question que nous étudions. Ces résultats lui sont fournis par une série de douze expériences, que nous pouvons classer comme suit :

Extirpation, des reins 4*

Extirpation des deux reins et injection d'urée dans la jugulaire. 2

Ligature des uretères 5

Injection d'urée dans l'estomac 5

Nous ferons remarquer d'abord que les expériences qui consistent dans la ligature des deux uretères ne peuvent pas fournir d'éléments pour la solution de la question de l'urémie, attendu que celte opération ne donne pas lieu à l'urémie proprement dile. D'autre part, l'injection d'urée dans l'estomac n'a pas non plus une grande importance, parce que mise en présence des produits sécrétés par les appareils glanduleux de la muqueuse gastro-intestinale, l'urée ne larde pas à subir des modifications isomériques , qui altèrent complètement ses propriétés organoleptiques.

Il ne reste donc que les deux premières séries d'expériences qui fournissent des résultats dont nous puissions tirer parti. Dans aucun de ces cas, M. Oppler n'a réussi à découvrir le carbonate d'ammoniaque dans le sang des animaux soumis à la vivisection. D'autre part, il trouva que chez tous le sang renfermait un excès très-marqué d'urée et de matières extractives : la proportion de ces dernières était de 18 à 19 pour 1000. Les muscles contenaient de très-forîes quantités de leucine et de créatine ; Oppler a pu constater que, dans un cas, il existait 2.2 grammes de créatine dans deux livres de viande.

On voit que ces résultats concordent avec ceux que Iloppe avait déjà constatés. Us viennent encore d'être confirmés par les recherches de Péris et de Zalesky. Dans un travail inséré dans le Kœnigsberger med. Jahrb. de 1804 (2),

(1) Beilrâgetu* Leltre tomder Drdmie, inc. cit., p.2C0.

(2) Bettrâge sur Lettre von der UrOmic, t. X, p. îiC.

Péris examina la question surtout au point de vue chimique. L'analyse qu'il fit du sang des sujets en observation ne lui permit pas de se rallier à la manière de voir deFrerichs, et d'autre part les résultats qu'il constata à l'autopsie des animaux sur lesquels il opéra se trouvèrent en opposition avec ceux que Traube invoque à l'appui de sa théorie. D'accord en cela avec Schollin, Péris trouva dans le tissu musculaire des sujets urémiques un grand excès d'urée, de créatine, et d'autres matières extractives azotées. Il conclut de son travail que l'urémie reconnaît pour cause l'accumulation dans le sang de matières excrémentitielles.

Zalesky, de son côté, a trouvé que la quantité de créatine que l'on trouve dans le tissu musculaire des animaux, varie dans les proposions suivantes:

S'appuyant sur les données que lui avaient fournies l'analyse chimique et l'expérimentation physiologique, Oppler en conclut d'abord que la théorie urémique de Frerichs est contraire aux faits. Par suite de l'arrêt de la fonction rénale, il se forme dans les muscles des produits de décomposition, qui s'y accumulent en très-grande quantité au lieu d'être éliminés par les reins. Ce fait est prouvé par l'analyse directe des muscles.

Pourquoi n'en serait-il pas de même des centres nerveux? Oppler croit que là aussi la nutrition intime de ces organes est altérée; il se forme aussi sous l'influence de cette même cause des produits qui ne peuvent plus être éliminés par les reins et qui altèrent ainsi la composition de ces parties. Cette vue tout à fait théorique paraît à Oppler rendre parfaitement compte de tous les phénomènes observés dans l'urémie.

Cette manière de voir se recommande à l'attention des savants, parce que plus que chacune des autres théories que nous venons d'exposer, elle tient compte de l'état dans lequel se trouve l'organisme des sujets atteints des troubles urémiques. Toutefois on ne peut invoquer en sa faveur que des considérations théoriques; aussi, dans l'état actuel de la science, ne peut-on pas encore la considérer comme rendant exactement compte des faits, quelque grandes, du reste, que soient les probabilités qui militent en sa faveur.

Animal sain

Après ligature des uretères .

Après néphrotoniie. . . .

grammes % O.OCO id. 0.280 id. O.oiii

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