‹ De la pathogénie des symptômes urémiquesChapitre 15 sur 27 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Fonction de la sécrétion nrinaire.

Après avoir exposé d'une manière critique les diverses théories que l'on a mises en avant pour rendre compte des troubles urémiques, nous allons maintenant aborder l'étude de la question à un point de vue plus original et rendre compte des tentatives que nous avons faites pour arriver à une solution de ce problème.

Avant tout, il faut que la question soit bien posée, pour que l'on puisse arriver à un résultat. Nous nous sommes suffisamment étendu plus haut sur les circonstances dans lesquelles l'urémie se produit. Dans tous les cas où on a observé son développement, cet ensemble de symptômes existe comme le terme ultime d'un processus morbide, qui a eu pour résultat de mettre obstacle à l'accomplissement de la fonction rénale. Comme nous l'avons dit plus haut, il ne se produit pas dans les cas où les effets désastreux de l'arrêt de la sécrétion urinaire sont prévenus par l'établissement d'une fonction supplémentaire dévolue à un autre organe.

A un point de vue descriptif et exclusivement nosologique, l'urémie est à coup sur intéressante à étudier ; mais la question la plus importante au point de vue de la palhogénienc réside pas dans la description des symptômes caractéristiques de ce groupe morbide. C'est à l'étude du processus qui aboutit à l'urémie qu'il faut demander la raison d'être des symptômes que l'on observe. La maladie a mis un temps plus ou moins long avant d'en arriver au point où nous l'éludions maintenant; or, en pathologie, ce n'est pas au terme ultime que nous devons demander la solution des problèmes de pathogénic. Quand on étudie la formation d'un organe et l'établissement de sa fonction, ce n'est pas à l'organe complètement formé, à la fonction en plein exercice que l'on doit demander les éléments qui permettent d'en déterminer la genèse; c'est à Pcm-

bryogénic et à l'ariatomie comparée que l'on s'adresse pour résoudre les questions que comporte cette étude. De mémo, en médecine clinique, ce n'est pas l'examen seul de l'organe ou de la fonction, parvenus au dernier terme de leur altération, qui nous permettra de déterminer les conditions qui ont présidé au développement de cette altération; c'est l'étude de la marche suivie par la maladie, qui seule peut nous mettre à môme de nous rendre compte des troubles qui éclatent a la fin de son développement et qui ne sont en quelque sorte que le couronnement d'un travail morbide ayant déjà duré un certain temps.

Cherchons donc à déterminer avant tout quelle est la fonction que la sécrétion urinaire remplit dans l'économie animale. Ce premier point résolu, il nous sera possible d'indiquer les effets que doit entraîner la suppression de cette fonction, dans les cas où ils ne sont pas prévenus par l'établissement d'une sécrétion supplémentaire.

«t La sécrétion de l'urine, dit Longet, comme celle de la bile sert à débar- » rasser le sang des matériaux en excès et par conséquent susceptibles de » devenir nuisibles à l'organisme. Parmi ces matériaux, les uns très-riches en » carbone, s'associent à la soude et s'échappent sous forme de bile ; tandis que » les autres, très-azotés, donnent l'urée, l'acide urique et l'ammoniaque de » l'urine. La sécrétion urinaire en particulier a pour office d'éliminer une » grande quantité de l'eau superflue, introduite avec les aliments ou les bois- » sons, beaucoup de substances étrangères que l'absorption a fait pénétrer » dans l'économie; et enfin, les produits azotés et salins, résultant des méta- » morpboses des éléments du sang et des tissus. En un mot, les reins sont des » organes qui contribuent à conserver le sang dans l'intégrité de sa composition » normale et nécessaire au maintien de la nutrition et de la vie (1). »

Tel est aussi l'avis de Milne Edwards, formulé dans les lignes suivantes : « Les derniers produits de la série des transformations que les matières com- » bustibles subissent dans l'économie animale, consistent principalement en » acide carbonique, en urée ou en d'autres matières azotées analogues et en eau.

» L'eau qui prend naissance dans l'économie animale se confond avec celle » qui y arrive du dehors sous la forme de boisson ou de toute autre manière, » et ce corps, quelle qu'en soit la source, est ensuite excrété, soit à l'état de » vapeur, par la surface pulmonaire et par la peau chez les animaux qui i vivent à l'air, soit à l'état liquide, par les voies urinaires et les autres » émoncloires analogues.

. L'acide carbonique résultant de la combustion vitale s'échappe presque » entièrement par l'appareil respiratoire.

.. Enfin, la plus grande partie de l'azote, dont l'organisme se débarrasse ou » sort par les reins à l'étal d'urée ou d'autres substances urineuses (2). »

(1) Longet, Traité de phijsial., t. I, p. 960.

(2) Mflné Edwards, Leçons de phijsiolocjlc, t. VII, p. !>82.

Nous avons emprunté à Longet et à Milne Edwards les deux passages précédents, parce qu'ils nous paraissent traduire exactement l'opinion généralement admise aujourd'hui sur la nature de la fonction que remplit la sécrétion urinaire. C'est grâce aux progrès réalisés par la chimie qu'on a pu atteindre ce

iultal. Celte science en est arrivée de nos jours à donner un degré de précision remarquable aux recherches que l'on a entreprises dans le but de poursuivre dans leur marche à travers l'organisme les différents éléments des substances alimentaires. Les conclusions que nous avons empruntées à Longet et à Milne Edwards, ne sont que la déduction logique des travaux importants, entrepris dans cet ordre d'idées par Boussingault, Rigg, Barrai, Schmidt, Bidder, etc. Les notes suivantes donneront au lecteur une idée de l'importance des travaux destinés à élucider celle phase des phénomènes de la nutrition, en même temps qu'elles mettront sous ses yeux quelques-unes des analyses sur lesquelles s'appuient les conclusions rapportées plus haut.

Expériences faites sur le cheval ; par Boussingault (I).-

Carbone. Hydrogène. Oxygène. Azote. Sels et terre.

Ingesta 5958.0 446.5 5209.2 159.4 672.2

Urines . . 108.7 11.5 54.1 57.8 109.9

Fèces . . 1564.2 179.8 1528.9 77.6 574.6

Excréta

Déficit attribuable à

la respiration . . 2465.1 255.2 1846.2 24.0

Expériences sur une vache; par Boussingault (2).

Aliments consommés en 24 h.

Produits i Excréments .

rendus en ] Urine ....

21 heures. ( Lait . . .

Différence attribuée à l'exhalation, etc

Carbone.

Hydrogène.

Oxygène.

Azote.

Sels cl terre.

Expériences fuites sur cinq personnes. — Résultats en ce qui concerne l'azote;

par Bahral (5).

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