CHAPITRE III
Ligature des uretères.
C'est toujours en dernière analyse à l'étude clinique que l'on doit demander la consécration de toutes les théories mises en avant pour rendre compte de la pathogénie. Mais l'étude clinique du sujet humain ne comporte pas l'expérimentation ; on est donc obligé d'attendre que le hasard vienne nous mettre en présence de cas convenables à celte étude avant de rien pouvoir conclure.
D'autre part, les maladies qui mettent obstacle à la sécrétion urinairc sont très-rares chez les animaux; de ce côté donc l'étude clinique ne peut guère nous apporter d'éléments pour la solution du problème de l'urémie. Pour obvier à ce double défaut, on a cherché depuis longtemps déjà à instituer artificiellement sur les animaux des séries d'expériences, qui puissent nous mettre sur la voie de la découverte. Ces expériences peuvent être rangées en trois catégories :
1) Ligature des uretères.
2) Injection de diverses substances dans le système circulatoire.
3) Extirpation des deux reins.
Ligature des uretères.
La ligature des uretères ne peut pas nous fournir d'éléments pour l'étude de l'urémie; car par celle opération, on n'apporte pas le moindre obstacle à la sécrétion urinaire; on se borne seulement à empêcher l'excrétion de ce fluide excrémentitiel. Or, comme nous l'avons dit en commençant, les causes qui s'opposent à l'excrétion de l'urine n'agissent pas de la même manière que celles qui s'opposent à la sécrétion de ce fluide. Dans le premier cas, on a l'ammoniémie; dans le second, l'urémie proprement dite.
Comme nous avons limité ce travail à la recherche de la palhogénie de ce dernier état morbide, nous avons cru devoir nous abstenir de rapporter ici les résultats fournis par la ligature des uretères.