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CHAPITRE IV

Théorie de Treitz.

En admettant avec Frerichs l'accumulation de sels ammoniacaux dans le sang comme la cause de tous les troubles urémiques, il reste encore à déterminer de quelle manière ces sels ammoniacaux prennent naissance dans le sang.

Nous venons de voir que d'après le professeur de l'Université de Berlin, le carbonate d'ammoniaque prend naissance dans le sang par suite de la transformation que l'urée, contenue dans ce fluide, subit sous l'action d'un ferment particulier (1). La nature de ce ferment n'a pas été déterminée par Frerichs; et nous en sommes sous ce rapport réduit à répéter encore aujourd'hui avec Henle : « Die JYatur dièses Ferments und der Grund seiner Enlwicklung sittd freilich ivieder nette Ràthsel (2). »

Partant de ces faits, le professeur Treitz, de Prague, a cherché si l'ammoniaque contenu dans le sang ne provenait pas d'une autre source que de la métamorphose de l'urée du sang en sel ammoniacal.il a publié à ce sujet enlSoOdans le Prager Vierleljahrscltrift un article très-remarquable dans lequel il a développé des opinions opposées à celles de Frerichs, en ce sens qu'il n'attribue pas à la même cause l'accumulation d'ammoniaque dans le sang.

Son attention a été attirée surtout par la série de troubles que l'on observe souvent du côté des voies digestives dans l'urémie. La maladie de Bright entraîne ordinairement a sa suite de nombreux dérangements des fonctions digestives;

(1) Untcr Einwirkung eines geeignclen Fcrmcntkùrpcrs . Frerichs, loc. cil., p. 107.

(2) Hcnlc, Handb. der rat. Path., t. II, p. 521.

ces dérangements se traduisant tantôt par des symptômes gastriques et des vomissements bilieux, tantôt par des symptômes intestinaux et d'abondantes évacuations alvines séreuses.

Les symptômes gastriques avaient seuls attiré l'attention des praticiens; on avait rattaché leur manifestation à l'infection urémique du sang : de là le nom de vomissements urémiques qu'on leur avait donné.

Quant aux troubles intestinaux, on s'était borné jusqu'en 1859 à en parler assez sommairement et à les attribuer à une inflammation ulcéralive du gros intestin. Malmslen (1), Gregory (2), Christison (5), Christensen (4) et Frerichs (5) s'en sont occupés et ont signalé les lésions que l'on rencontre à l'examen nécroscopique du tube digestif de ces malades. Mais négligeant complètement le côté palhogénique de la question, ils considéraient comme de simples complications accidentelles les troubles intestinaux observés dans ces cas. Le passage suivant emprunté à l'ouvrage de Frerichs nous parait bien indiquer l'état de la question à cette époque :

c II est difficile de dire si les diarrhées sont dans les mêmes rapports de » causalité avec l'urémie que les vomissements. Il est vrai qu'à la suite de la » néphrotomie, la muqueuse intestinale est quelquefois le siège d'exsudations » séreuses. Bernard et Barreswill ont observé dans ces conditions des transsuda- » tions analogues à celle qui se fait dans l'estomac; mais elles sont bien moins » abondantes et moins constantes, et la présence de l'urée ou de ses produits » de décomposition dans les excrétions alvines n'a jamais été démontrée.

i Des recherches nouvelles sont nécessaires pour que l'on puisse mettre les » diarrhées séreuses qui se produisent dans le cours de la néphrite albumi- » neuse sur le compte de l'urémie. Alors même que celte diarrhée existe, la » muqueuse intestinale n'est souvent nullement altérée; dans quelques cas elle » s'accompagne d'une hyperémie de la muqueuse ou d'ulcérations folliculaires » du gros intestin (6). »

C'est à l'élucidation du côté palhogénique de ces troubles digestifs, que Treilz a surtout consacré son travail ; mais tout en poursuivant l'étude de celte question à la fois par l'observation clinique et par l'expérimentation, il est arrivé à des résultats extrêmement importants au sujet de l'urémie. Dans la maladie de Bright et dans les cas de néphrotomie, l'urée ne trouvant plus moyen d'êtru éliminée par les voies rénales, s'accumule dans le sang; c'est un fait que Treilz regarde comme mis hors de doute par les travaux de Bright et de Babington (7),

(1) Ueher die Brighttchi Niercnkvankheil . Brème, 1840; Irad. allemande, p. 49.

(2) Rayer, Traité des maladies des reins.

(3) Dctjcncrcscmce rjranulntsc des reins, 1847, p. 72, de la Irad. allcm. de Vienne.

(4) Ilospital Maddelàer, t. III.

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