C-'f) i'eber die Dr. Niercnkr., p
(6) Frerichs, loc. cit., p. 09.
(7) Gw/s //. Report*, \iÇ,[\.
de Christison (1), de Simon (2), de Rnyer et Guibourt (5), de Barlow et G. C. Rees (4), de Berlin (5), de Schotlin (G), de G. Owen Becs (7), de Garrod (8), de Henoch et de Rombcrg (9), de Frerichs (10), etc. Nous avons plus baut discuté ce point, qui ne nous paraît pas aussi incontestable qu'à Treilz.
Quoi qu'il en soil, continuons l'exposé de la théorie du professeur de Prague. L'urée, dont le sang se trouve ainsi surchargé, est nécessairement portée par le torrent circulatoire dans les diverses parties de l'organisme; elle se trouve ainsi mise en rapport avec de nouvelles voies d'élimination qui lui permettent de s'échapper au dehors et de débarrasser ainsi l'économie des produits excrémentiliels azotés des tissus animaux. C'est ainsi qu'on a constaté sa présence en excès dans la sueur, dans la salive, dans des collections séreuses morbides, en un mot dans la plupart des produits de sécrétion normale ou anormale (11). Parmi ces sécrétions, une des plus importantes est à coup sûr celle qui a pour fonction de fournir au tube digestif les éléments qui doivent lui permettre d'accomplir son rôle dans l'ensemble des phénomènes qui constituent la digestion. L'urée est éliminée par cette voie, comme par toutes les autres sécrétions. Pour Treilz, la muqueuse des voies digestives joue même un rôle prédominant dans ces cas; il croit que c'est à elle qu'est réservée en grande partie la fonction supplémentaire en quelque sorte de celle que les reins ne sont plus en état de remplir.
L'urée étant ainsi répandue dans l'intérieur du tube digestif, ne tarde pas à s'y transformer en carbonate d'ammoniaque; c'est un fait que M. Treilz a déduit de l'analyse des matières vomies par les malades urémiques et des matières recueillies dans le tube digestif d'animaux qu'il avait empoisonnés par l'ingestion d'urée. La transformation de l'urée en carbonate d'ammoniaque paraît être favorisée par les troubles de la digestion, qui diminuent la formation des acides de l'estomac et l'absorption gastrique.
(1) Edinb. mçd. et surrj. Joicrn., oct. 1829.
(2) Mùllers Ârchiv, 1841.
(5) Rayer, Traité des maladies des reins.
(4) Guy's H. Rep., 1845.
(5) Journ. des Con. méd. pral., 1845.
(6) Arch. f. phys. Hcilk., 1855.
(7) Mcdic. chirurq. irons., vol. XXXI.
(8) Maladies des reins.
(9) KlinischcWahrnchemungcn. Berlin, 1847. (10) Dr. Nierenkr.
(M) Le docteur Barlow a obtenu du nitrate d'urée, en traitant par de l'acide nitrique l'extrait de la sérosité des ventricules d'un individu mort sans avoir offert d'accidents cérébraux et dont les reins étaient granulés (Bright. Guy's Hosp. Reports, N° U, April 185G, p. 5S5). C'est probablement, comme le dit Nystcn, un cas de ce genre qui avait fait croire à Bocrhaavc qu'il avait trouvé de l'urine dans les ventricules du cerveau d'un négociant de Leydc, mort à la suite d'une paralysie de la vessie (Boerhaavo, Praclect. acad. Gœttingcn, 1711, t. III, p. 515).
C'eslà l'action corrosive du carbonate d'ammoniaque ainsi formé que Treilz attribue la production des troubles que l'on observe du côté des voies digestives dans l'urémie. Ce point n'a pas pour nous grand intérêt en ce moment ; mais ce qui est plus important au point de vue qui nous occupe, c'est la conclusion que Treitz en a déduite pour combattre la théorie de Frerichs. Pour le professeur de Prague, en effet, du moment que l'urée s'est transformée isomériquement en carbonate d'ammoniaque dans le tube digestif, ce sel passe continuellement dans la masse du sang par voie d'absorption intestinale et produit ainsi l'infection communément, mais improprement appelée urémique (1).
C'est donc en réalité dans le tube digestif que se trouve aux yeux de Treitz le point de départ de l'urémie.
Nous reproduisons ici les conclusions que Treitz a déduites de ses recherches sur la palhogénie des troubles intestinaux urémiques :
\. Dans tous les cas où il y a diminution de la sécrétion urinaire, les malières excrémentitielles et notamment l'urée s'accumulent dans le sang.
2. Le sang se charge également des éléments de l'urine, quand il y a résorption d'urine déjà sécrétée.
5. La présence d'un excès d'urée dans le sang ou urémie constitue un état pathologique très-grave et favorise le développement de processus exsudatifs dans différents organes.
4. L'urée s'élimine du sang par toutes les sécrétions du corps; on l'a trouvée dans le lait, la sueur, la salive, etc.
5. Ce travail d'élimination se fait surtout à la surface de la muqueuse intestinale.
G. L'urée y est transformée en carbonate d'ammoniaque sous l'influence des liquides de l'intestin. Treilz s'en est assuré par des expériences directes.
7. Ce carbonate d'ammoniaque détermine de l'irritation, de la blennorrhée, du ramollissement, du catarrhe, de la dyssenterie. L'ulcération de l'intestin aboutit quelquefois à la gangrène et à la perforation.
8. Le carbonate d'ammoniaque réparti dans tout le tube digestif y est absorbé par la muqueuse et transporté dans le sang. Il s'en suit alors un empoisonnement du sang par l'ammoniaque, l'ammoniémie, et tous les symptômes que l'on qualifie généralement d'urémiques.
On voit que Treilz, tout en séparant l'urémie de l'ammoniémie au point de vue palhogénique, les confond cependant sur le terrain clinique.
9. L'ammoniémie se produit aussi directement par résorption d'urine décomposée; ainsi dans les rétrécissements, les fistules urinaircs, etc.
10. L'altération du sang par ces matières n'entraîne de conséquences pathologiques, que quand leur sécrétion par les voies normales est arrêtée.
0) Treilz ne distingue l'urémie de l'ammoniémie, qu'au point de vue de la pathogénie.
Parmi les pathologistes qui se sont ralliés à l'opinion de Treilz nous citerons surtout le docteur Stokvis, dont nous avons déjà eu l'occasion de parler. Voici en effet les conclusions auxquelles l'ont conduit ses observations et ses expériences :
1 . L'accumulation d'urée dans le sang ne peut jamais donner lieu immédiatement à la production des accidents urémiques.
2. L'accumulation de l'urée dans le sang donne lieu à la production dans le tube digestif de sels ammoniacaux; ceux-ci quand ils sont repris par l'absorption en quantité assez notable, donnent lieu aux accidents urémiques.
5. L'urée ne peut donc produire les accidents urémiques que d'une manière secondaire.
Il trouve la conlirmation de la bonté de cette théorie :
1) Dans la pathogénie de l'état typhoïde, qui succède au choléra.
2) Dans l'utilité d'une médication purgative dans les cas d'urémie (1).
Les théories de Frerichs et de Treitz ne diffèrent, comme on vient de le voir, que par la manière dont les deux pathologistes ont expliqué la transformation de l'urée en carbonate d'ammoniaque. Elles admettent tontes les deux le même fait fondamental pour la palhogénie de l'urémie : celle-ci serait la conséquence de l'empoisonnement de l'économie par le carbonate d'ammoniaque circulant dans le sang. Les objections que nous avons exposées plus haut contre la théorie de Frerichs sont donc encore applicables ici ; nous n'y reviendrons plus.
Un mot encore : il est incontestable que l'urée, qui se rencontre dans le tube digestif, s'y trouve dans les conditions les plus favorables à sa transformation en carbonate d'ammoniaque. Dès 1847, les belles recherches de MM. Claude Bernard et Barreswill avaient établi que l'urée se transformait avec la plus grande facilité en sels ammoniacaux, quand elle se trouve introduite dans les voies digestives (2).
En substituant à l'hypothèse du ferment de Frerichs le fait réel de la transformation en carbonate d'ammoniaque de l'urée sécrétée à la surface de la muqueuse intestinale, Treitz a rendu un grand service à la science médicale : il a fait connaître ainsi la source du carbonate d'ammoniaque, que l'on peut trouver dans le sang de quelques sujets urémiques.
En rejetant l'interprétation exclusive que Frerichs et Treitz ont attribuée à la présence du carbonate d'ammoniaque dans le sang, nous n'entendons pas rejeter l'importance du fait que ces éminents cliniciens sont parvenus à établir. Loin de là : nous croyons que quand le sel ammoniacal s'accumule dans l'éco- Homie, il y détermine des effets toxiques; sans aucun doute il ajoute alors à la
(1) Ned. Tydschr. voor Gcneesk., 18G0, t. IV, p. 5)19.
(2) Sur les voies d'élimination de l'urée après l'extirpation des reins, par Claude Bernard et Barreswill, Àrchiv. yenér. dv médecine, 1817, t. XIII, p. 449.
gravité du mal, puisque c'est un corps azoté excrémenlitiel qui est dévié de sa voie physiologique. Mais nous n'attachons pas a sa présence une importance exclusive; et vu le grand nombre de cas où l'analyse chimique n'a pas permis de retrouver sa présence, nous pensons qu'il n'intervient pas comme la cause première des troubles urémiques, et que c'est à d'autres éléments pathogéniques qu'il faut rapporter ces effets.