XI1T INTRODUCTION
mutilation, l'exposition et toutes les peines corporelles ne le sont plus? Si ces peines sont condamnées parce qu'elles font inutilement souffrir, parce qu elles dépravent et qu'elles abrutissent le malheureux qui les subit, parce qu elles nuisent au lieu de servir à sa régénération morale, comment admettre celle qui, les dépassant toutes , va jusqu'à l'anéantissement de son être? La peine de mort n'est-elle pas plus que toute autre une contradiction violente avec la théorie sur la peine? Ou la théorie n'est pas rigoureusement vraie , et on a le droit de faire revivre tout l'ancien système pénal ; ou bien il faut la respecter, et l'on va nécessairement à la suppression de la peine de mort.
On veut une exception pour cette peine; quel en est le motif? Ne doit-on pas tenter la réformation des criminels qui encourent cette peine aussi bien que celle des autres? Ils ne sont pas fatalement incorrigibles , l'expérience le prouve. M. Mittermaier cite bon nombre de criminels qui, graciés après avoir été condamnés a mort, se sont complètement amendés en prison et ont même fait preuve d'une vertu exemplaire. Si donc ils peuvent s'amender , il faut les laisser vivre , et un motif d'exception à la théorie sur la peine n'apparaît pas encore.
Mais il y a des criminels incorrigibles ; comment les discerner des autres? Par la gravité de leur crime : c'est un terme d'appréciation qui n'a rien de certain. Et quand même on pourrait aflirmer de quelques criminels qu'ils sont incorrigibles, pourquoi les mettre à mort? S'il est vrai que toute peine n'est légitime que