CHAPITRE VII
ces mêmes législateurs, en sanctionnaut cette loi , ne se ioient pas au moins représenté les cas principaux où elle pourrait recevoir son exécution, ceux où elle devrait être mitigée ? Leur refuser cette prévoyance si naturelle , si fa* cile, serait rabaisser leur caractère , avilir leurs fonctions, les présenter à l'exécration des peuples, comme les instrumens passifs d un système absurde et sanguinaire. — Si donc ces cas peuvent être prévus , ils peuvent éigale- Dient , ils doivent être énumérés dans la disposition pénale qu^ls ont provoquée. — a Mais , dit-on, une loi ainsi définie offrirait au criminel le moyen de s'en prévaloir pour calculer les circonstances dans lesquelles il pourrait commettre le crime sans courir le danger de perdre la vie. M — Si c'est réellement un mal de découvrir au mécb^pt toute la profondeur de l'abîme dans lequel il court se précipiter , s'il est de toute justice , de toute humanité de l'attirer perfidement dans le piège , pour avoir occasion de l'égorger ensuite sans remords^ pour la plus grande terreur de ceux qui voudraient l'imiter , pour la plus grande sécurité de la société, pourquoi , à plus forte raison, n'ordonne-t-on pas l'oubli des sanctions pénales? pourquoi même n'abolit-on pas les codes criminels ( 1 1 )?
Je le conçois cependant ; lorsque l'on a voulu conserver de nos jours des lois atroces, exorbitantes , sanctionnées dans un autre siècle , dans d'autres circonstances , pour d'autres hommes , contre certains délits qui n'ont également pu manquer de changer de caractère et d'importance , le doute a naturellement dû s'emparer des conseillers de cette singulière mesure ; tout en voulant réduire leurs craiutes , tout en voulant obtenir des garanties effi-
caces, ilsn'ont pa se dérober à l'idée des reproches qalb pouvaient encourir , des iniquités qu'ils pouvaient provoquer ; tout en consentant i menacer vaguement plu* f^ sieurs classes de coupables de toute la rigueur d'une loi de F mort, ils ont reculé devant la tâche de déterminer desang- b& froid les circonstances prétenduement aggravantes qaid^ vaient commander son exécution : mais en rejetant aioâ en apparence loin d'eux une terrible responsabihté , ont- 1» i]sespérédès4orsppuvoiren charger impunément les juge^ > Mais ces juges n'ont-ils pas également une conscience qui. ^ leur défend l'injustice et la cruauté, un bon sens qui leur dît qu'attacher au même gibet l'assassin et le voleur , celui qui a lâchement versé le sang de ses semblables et edoi qui ne leur a causé qu'un léger dommage pécuniaire, c'est confondre en quelque sorte deux offenses bien diffi^ rentes , c'est infailliblement provoquer au meurtre, c'est appeler enfin contre la loi, contre ses auteurs et contre m agens, le mépris et la malédiction des citoy^is? Et si on leur suppose le courage ou plutôt la férocité néceaniic pour décimer les moindres coupables , pour commander de temps en temps le supplice d'un faux monnoyeor os d'un voleur , croira-t-on les garanties publiquesbien assurées entre de telles mains ? croira-t«on que ceux qui ont pa dépouiller leur cceur de tout sentiment d'humanité, soient devenus dès-lors les plus capables , les plus dignes de ve3- 1er aux intérêts les plus sacrés de la nation ?
Quelle alternative enfin lorsque Ton envisage la peine de mort sanctionnée contre les infractions aux institutions so* cîales, dans tous ses modes possibles d'opération ! — Sielk n est jamais infligée , il est absurde de supposer qu'elle