‹ De la peine de mortChapitre 102 sur 163 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

lisse influencer la détermination du malfaiteur, à moins l'il ne soit prouve jusqu'à l'ëvidence qu'il suffit, pour dénmer les hommes du crime, de les menacer d'une peine vère : par cette heureuse découverte tous les crimes scient bientôt anéantie. ; des menaces terribles, sans aume peine effective , produiraient tous les effets que le gislateur peut croire utiles au bien-être de la société; armais donc plus de sang répandu , plus de cachots , lus de chaîne^ , plus de prisons : ce rêve est trop beau

tpar trop chimérique — Si elle n'est infligée que de

imps en temps y son incertitude offrira encore des chances tresque infaillibles d'impunité dont se prévaudra lemal*« àiteur : et dans ce cas d'ailleurs , quelle occasion d'arbiraireetd'injustice! Quel mode adoptera-t-onpour décimer es coupables? Ghoisira-t-on par la voie du sorties victimes lestinées à servir d'épouvantails? Quelles circonstances létermineront le sacrifice de tel ou tel condamné 7 — Si m veut r infliger invariablement, que l'on s'empresse également de sanctionner des lois de sang contre ceux qui refuseraient de dénoncer , de poursuivre les auteurs des nioindi*ês offenses, de témoigner contre eux , de les juger, de les condamner , de les égorger ! Mais que l'on se prépare aussi alors aux maux les plus effroyables, car les garanties les plus indispensables , les droits les plus sacrés seront sapés dans leurs fondemens. Ou le gouvernement succombera sous le poids de l'ignominie , de l'horrem* dont l'abreuvera l'opinion ; ou le peuple lui-même^ avili, corrompu , endurci par ses législateurs, retombera dans ! abîme dont l'effort de tant d'expérience et de lumières 'ient à peine de l'arracher.

Je résume: Le système comminatoire par son incoi quence se réfute lui-même : par rincei*titude dont il tourela peine , il augmente les chances d'y échapper; nourrit Tespoir du malfaiteur, il va par conséquent dire tement contre son but : en excitant la répugnance et compassion des offensés, des témoins, des jurés, juges, il augmente inévitablement la confiance et l'aui des scélérats les plus pervertis ; il détruit ainsi non seule ment toute terreur du supplice capital, mais il affaiblit i core la crainte d'un châtiment moindre , d'ailleurs égi ment douteux : il rejette dans la société une foule decnki minels qui, sans l'excessive rigueur de la loi, auraient &i^ dénoncés, convaincus, condamnés ; en rendant nécessaire cette indulgence funeste , il endurcit ces malheureux , il les encourage à de nouveaux crimes, qui les mènent enfii k l'échafaud. En menaçant du même châtiment lesoffenr ses les plus différentes, il tend à confondre toutes les idées d'équité, de criminalité : en repoussant toute règle ce^ taine, en montrant partout le doute, il entrave la marche de la justice , il provoque le relâchement dans le;» pour- 3uites , il nécessite , il légitime en quelque sorte leparjme des jurés et des témoins. Du pouvoir discrétionnaire illimité qu'il attribue aux magistrats , jaillit une source d'abus plus funestes peut-être encore ; il est destructif de l'uniformité dans les jugemens , dans l'emploi du droit de grâce; il peut devenir l'instrument envenimé des partis, des haines, des vengeances, de la tyrannie ; tons les jours il peut servir d'excuse, de justification à la négligence la plus condamnable , à l'inhumanité la plus révoltante. En voilant dun prétexte de nécessité l'état

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