CHAPITRE I
exacte que Iôr5(}tie là société qui sanctionne le châtiment , repose elle-métue stir un prindipe jiiste : ainsi un mauvais gouTern|iebient , uù desj^ote , un tyran établiraient vainement la iégitittrifé dfellfurs moyens sur leur nécessité : cette nécessité né sétaîfjattfetife'quercellé dé Machiavel , lorsqu'il dit que tmtt>«ôiii{ttérânt qui Veut s'assurer le fruit de ses conquêtes , doit extei*îttiher jusqu'au dernier membre de la famille du prince vaincu. (Prince^ c. 3).
k Ce serait également ouvrir la porte à l'arbitraire le plus datagëreux , à la tyrannie la plus révoltante , que d'admettre la nécessité Côinme"^ la condition unique de la peine. En effet, quel é$t le citoyen c^i pourrait se flatter de ne jamais êtresacrifié à la rigueur de ce principe ? Si le dommage souffert parla société est la première mesure du délit , on peut dire également que sans délit moral ^ il ne peut y avoir de châtiment : on n'égorge pas le fou qui a tué ; on se contente de l'enfermer , parce qu'incapable de liberté et de raisonnement , il est évidemment incapable de crime.
n est donc indispensable que le législateur justifie aussi la peine aux yeux des membres du corps social , en joignant autant que possible à la considération du fait matériel celle deTintention.
NOTE III
Je ne puis mieux réfuter les principaux argumens allégués i l'appui de la justice de la peine de mort, qu'en empruntant ici les expressions de M. de Pastoret.
» En combattant, dit-il, l'opinion de Montesquieu , de Rousseau, et de Mably, celui des trois qui l'a défendue avec le plus de force et d'adresse ; en leur préférant celle deBeccaria y je n'adopte pas toujours les raisonnemens de ce philosophe : je ne dis pas comme lui : « On ne peut donner ce qu^on n'a
G DE LA PEINE DE MORt ,
point. Vbomme ii*a pas le droit de disposer de sa YÎe ;il.ii?|| donc pu céder à d'autres le droit d*en dispo#ei* ; » argonieiit que Filangieri a mal combattu, en disant : « Mais si persc^une ne peut disposer de sa Vie , il ne peut davantage dbpMe^ d<& son honneur et de sa liberté (i) » . En disposant de sa vie , oi^ prive la société d'un citoyen qui lui serait utile ; i^ais il cftm* tinue à l'être dans les fers. Le captif la sert enoore par àefii travaux ; l'homme mort est perdu pour elle.
Rejetons également ces fausses idées du talion , de ce prétendu droit de Rhadamante , consacré néanmoins pas le &• meux piîncipe des pythagoriciens : u La justice ordonne de faire subir au coupable les maux qu'il a &it ressentir ».
De pareilles maximes n^autorisentpas seulement la peine de
(i )M.BeDiamin CoDgUnt, dans son commentairesur rourrage de Filan' gieri, insiste sur cet argument : u Disputer à la société' ^ dit-il, le droit )i d'infliger la peine de mort , et prétendre qu'elle excéderait par làia :i juridiction , serait établir un principe qui nous conduirait plus loin y qu*on ne semble le prévoir; le chagrin, la détention, le travail forcé, )t la déportation , l'exil même, toutes les souffrances morales ou phjsi- >i ques abrègent la vie ; et si Tétat n'a aucun droit sur celle de ses menl- M bres , il n'est pas plus autorisé à l'abréger qu'à y mettre un terme «•
L'on pourrait d'abord demander ici si l'effet immanquable de cesaonffrances morales ou physiques, est d'abréger la vie de ceux qui y sont condamnés; si, dans cette supposition même, la société ne trouverait pas sa j ustification dans une nécessité urgente , à moins que le mal ne résultât évidemment d*an vice essentiel dans le mode d'infliction. Quoi qu'il en soit, il est assez difficile de découvrir quelle analogie peut exister entre un supplice sanglant , dont la justice et la nécessité sont enveloppa de doutes, contre lequel il n'y a aucun recours, aucun remède, et Faction lente et involontaire , la conséquence incertaine d'une peine ioujoort indispensable.
Tout châtiment est un mal par lui-même , tout châtiment par conséquent entraîne après lui des inconvénients plus ou moins graves ; ce vice est inséparable de nos moyens répressifs ; mais il est du devoir du