CHAPITRE VII
deTiennent plus incertains, est un crime capital ; qu'enfin tuer par inadvertance un individu en faisant feu sur de la volaille , qu'on est dans l'intention de voler , est un meurtre passible de mort. — C'est ainsi que le coupable d'un crime atroce, n'est souvent condamné à in.ort qu'à cause de la plus futile des circonstances ; c'est ainsi qu'un domestique , ayant tenté d'assassiner son maître en lui portant quinze coups de hache sur la tête, et sur d'autres parties du corps , fut convaincu et exécuté , non pas comme assassin , mais comme voleur avec effi*action , pour avoir été obligé d*arracher le loquet de la porte de sa victime , pour commettre son horrible assassinat (t).
£t ce chaos d'inconséquences a trouvé et trouve encore des apologistes et des défenseurs ! — Veut-on y porter les lumières d'u^e sage critique ? on se réciîe contre une innovation dangereuse ; avance-t-on que les mœurs et les besoins d'une société nouvelle , réclament d'autres garanties? on se récrie contre une réforme précipitée. — u Quand on entend prononcer d'un ton grave de telles accusations , dit sir Samuel Romilly (2) , et exprimer de si vives alarmes sur une proposition d'amendement dans la législation criminelle , on est naturellement porté à croire que le code existant est le fruit de la profonde sagesse de nos jurisconsultes et de nos publicistes les plus illustres , et d'une mûre délibération sur le bonheur public. Ce n'est cependant là qu'une vaine imagination , directement contraire à la réalité des faits , et tellement contraire , qu'un très-petit nombre , je dirais presque aucune de ces lois qui infligent la peine de mort, n'a été avant le règne
(1) V. dans le recueil de B. Montagu : Ohserv. upon thoughts on exê» cutive justice , t. 3, p. i33.
(a) Discours prononce dans la chambre des communes^ en mars 181 1*
de sa majesté , soumise ^ ces dispussions que subisse ntmainr tenant les propositions semblables avant d*être adoptées comme lois. EUefi ont été , comme l'observe lord Bacon , introduites i^ la faveui* des circonstances ; elles ont passé au parlemept , en ^épéral , sans qu'on y prît garde, et toujours sans débats. Un membre , comptant sur la puissance de la sévérité pour prévenir le crime, proposa que pour détourner la source d'un étang, on fût condamné sans bénéfice du clergé: s^ proposition fut adoptée ; et maintenant , on vient nous avenir qu'en hasardant de remonter aux principes d'une pareille législation , nous i^Uons arracher les anciennes limites , compromettre le bonheur de notre pays , et miner sourdement les libertés de l'Angleterre—- »
Cependant les efTqrts répétés des partisans de la justice et de l'humanité triomphèrent quelquefois ici du préjugé et de l'obstination. On a réduit la peine jpoui* les délits en matière de finance ^ pour le vol dans Les prirUing grounds^ et pour le vol de 5 shellings dans les boutiques (i) ; pn a également substitué la déportation k la peine de moii; poui* les banqueroutes frauduleuses '(2). Mais ces améliorations partielles ne font-elles pas jaillir une nouvelle source de réprobation sur les abus encore çxistans ? Pourquoi ne pas continuer la réforme commencée ? Pourquoi adopter uu principe et rejeter ses conséquences ? La liberté , le bonheur du peuple anglais sont-ils donc si intimement liés à l'erreur, à l'arbitraire , à l'inhumanité , qu'ils ne puissent subsister que pai^ leur conservation ? De quelle nécessité est encore le black act de
(1) Malgré les amendemeixs que subit la loi, la peine capitale est encore attachée au vol montant à i5 livres sterling; prix., dit <ir James Mackintosb , auquel la loi semble évaluer \à yie de l'homme.
(a) Par acte de la !'• année du règne de Qeorge IV.