‹ De la peine de mortChapitre 116 sur 163 · CHAPITRE VII. 2UÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 2UÎ

individu, et fut surpris au moment où il allait la mettre en gage. Le jury déclara le voleur ( qui était encore très-jeune ) , coupable de vol, mais non pas dans une maison habitée.

Sir Samuel Bomilly , dans une note jointe à Tun de ses plus célèbres discours prononcé à la Chambre des Commune3^(i) , rapporte aussi plusieurs cas dans lesquels le verdict des jurés fut absolument contraire à Féyidence.

Eliz. Hobbs fut mise en jugement, en septembre 1732, pour avoir volé, dans une maison habitée, un jacobus (espèce de monnaie d'or), deux guinées, deux demi-guinées et quarante-quatre shellings en monnaie : elle confessa le fait; le jury la déclara coupable , mais n estima la valeur totale de l'argent volé qu'à la somme de trente-neuf shellings.

Marie Bradley fut convaincue, en mai 1782, d'avoir volé, dans une maison habitée, des dentelles qu'elle ofiErit de vendre pour douze guinées , et pour lesquelles elle en refusa huit : les^ jiu'és n'estimèrent ces dentelles qu'à la somme de trente-neuf shellings.

En octobre 1732, W. Sherrington fut convaincu d'avoir volé dans une boutique, des objets qu'il vendit à raison d'une livre sterling et cinq shellings : le jury n^estima néanmoins ces mêmes objets qu'à quatre shellings dix deniers.

En février 1783, George Dawson et Joseph Hitch fm*ent convaincus d'avoir commis de concert un vol dans une boutique : le jury déclara que l'un n'avait volé que pour la somme de quatre shellings dix deniers, et que l'autre avait volé une

(1) Discours du 9 février 1810, à Tappui du bill relatif à TaboHlion des statuts 10 et 11, William III, et a4 Geo. H, qui déclarehty^/orvie^ capitales le vol privé d*une valeur de 5 shellings, dans une boutique, et le vol d'une valeur de 4o shellings , dans une maison habitée ou itir une rivière navigable.

valeur de cinq shellings, c'est-à-dire que les mêmes ol^ets étaient à la fois et dans le même instant de valeur différente ; mais Dawson, condamné à mort dans cette occasion, avait d^à été trouvé coupable, dans la même session, d'un« vol qu'on n'avait estimé qu'à quatre shellings dix, deniers. Le jury pensa sans doute qu'après avoir abusé une fois de son indulgence , il était désormais indigne de sa compassion.

Ces exemples sont innombrables, ils se renouvellent encore )Oumellement, — Dans l'une des sessions des assises du comté de Middlesex, en 1808, une femme fîit convaincue d'avoir volé un billet de banque de dix livres sterling, et cependant le jury, avec l'approbation du juge, donna un verdict par lequel elle ne fut déclarée coupable que d'un vol moindre de quarante shellings(i). — Un verdict semblable fut rendu, en 1807 , sous la pi*ésidence du juge Lawrence : le jury trouva que deux lettres de change, chacune de dix livres, et huit billets de banque de dix livres , en total cent livres sterling , valaient précisément la somme de trente - neuf shellings (3).

Pendant une période de dix ans (depuis 1802 jusqu'à 181 1) , 895 individus furent jugés pour vols dans une maison habitée; 1 55 furent acquittés et 4i4 ftwent trouvés coupables de vols d'une valeur moindre de quarante shellings (3).

Dans un espace de cinq ans ( 1806 à 1810) , sur 120 individus mis en jugement pour vols de cinq shellings commis dans des boutiques , vingt seulement furent convaincus.

(1) Sessions papers, 1808, p. 18.

(a) Sessions papers, 6th session, 1807, p. 329.

(3) Discours de M. Abercrombie à la chambre des commanes; nurs

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