CHAPITRE VIF
tion rivale , illustrée par tous les genres de gloire. Mais ces innombrables légions étrangères qui l'ont inondée à deux époques différentes , ne sont-elles pas capables de faire naître des crimes dans un pays ? N'y a-t-il rien qui puisse y contribuer , dans cette dispersion au sein même de la France , de ses propres armées , les plus grandes que l'Europe ait jamais vues , après que ces armées eurent été répandues sur tout le continent, depuis Cadix jusqu'à Moscou ? N'en trouve-t-on pas des raisons dans cette fusion parmi le peuple français , des individus qui composaient ces armées , enivrés d*une longue carrière de triomphes militaires , et imbus d'habitudes de dissipation et de violence? Et enfin, cette continuitée d'une guerre révolutionnaire de trente ans , n'est-elle pas propre à imprimer à un peuple ce funeste caractère où se développent si facilement les germes du crime? Tout cela ne mérite-t-il pas d'être mis en compte ? Ou ceux qui s'opposent à ma motion doivent prétendre que l'effet moral d'une révolution n'est pas nuisible à un peuple , proposition que je ne pense pas qu'ils puissent soutenii* ; ou ils doivent accorder que Tinfluence nécessaire de cette révolution sur la nation française tend à fortifier mon raisonnement. Quand j!admets que la détresse de l'Angleterre semble combatti*e mon argument, je parle des époques récentes.
Mais reportons nos regards sur les returns de i8o5à 1809. Cette époque fut celle d'une grande prospérité , au moins apparente. Alors l'opulence découlait sans cesse à grands flots de la banque dans l'échiquier. C'était l'époque d'un paradis de papier. Le très-honorable Chanceher de l'échiquier se livra pendant toute cette période à toutes ces visions, rêva toutes ces chimères, bâtit tous ces plans, qui depuis devinrent si Funestes à l'ÂngleteiTe. Il paraît cependant par les returns , que le nombre annuel des peines capitales en Angleterre ,
dejpuis i8o5 jusqu*à 1809 , monta de SSg à 549* Ainsi , connue nous trouvons que les progrès du crime dans notre pays ont commencé à une époque fort antérieure à la paix , et n'oDf pas été beaucoup accélérés par la paix.9 il n'est pas juste d'attribuer une grande part de ces progrès à la misère que le peuple anglais a, sans contredit, endurée depuis quelques innées 9 et qu'il endure encore..»