‹ De la peine de mortChapitre 129 sur 163 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Lébauche , auxquels la pensée seule de la subordination , le la Sujétion , répugne d une manière invincible ! Il ne allait que de la résignation pour mourir ; il leur faudra lésormais des années de souffrance pour expier la satistaction d'un moment : Cette idée ne doit-elle pas les attérer ?

Il est d'autres scélérats qui , sans courage , savent également se résigner à la destruction. Ignorans , brutaux , insoucians , ils commettent le crime avec cette indifférence révoltante qui caractérise leur profonde abjection : Técbafaud resterait sans cesse dressé sur les places publiques , que ces êtres avilis poursuivraient encore le cours de leurs forfaits. Il n'y a qu'un moyen de préserver la société de leurs atteintes , de les arracher eux-mêmes à l'abîme où ils se sont précipités ; c'est de les éclairer , de les réformer, de les faire renaître à une existence nouvelle. Trop souvent la vue du sang répandu par la main du bourreau ^ réveille , entretient en eux de féroces pencbans : qu'on commence par abolir ces affreux spectacles ; la séclusion et ses accessoires leur apprendront peut-être bientôt , qu'il est d'autres biens que la vie dont la privation peut être terrible.

J'ai déjà parlé de l'espoir d'écbapper à la peine , espoir que chaque criminel embrasse avec tant d'ardeur, et qui, si souvent, paralyse l'efficacité présumée du supplice capital. — La nature de la peine que j*ai proposée tendrait directement à diminuer cet espoir, en oflrant à la justice une garantie qu'excluent les lois de sang : la marche noble €t franche qu'elle imprimerait aux affaires criminelles , frapperait le méchant d'une terreur nouvelle ; d'accord

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avec rhumanité , fortifiée de toutes les forces mdhridnelles, la sanction pénale lui semblerait alors plus difficile i éluder ; peut-être même verrait-il dans ce concert unanime le gage infaillible de sa ruine*

On se familiarise d'ailleurs avec l'idée de la mort : — la mort est une destinée commune à tous les êtres, ellepent surprendre à chacjue instant ; ne vaut«il pas même quel* quefois mieux la recevoir sur lechafaud, que de l'appeler pendant des mois , des années , sur un lit de douleur? — Si elle prive de tous les biens, elle délivre aussi de tons les maux , et combien la somme de ces derniers ne l'emportet-elle pas souvent sur les autres ! L'homme livré à toutes les horreurs delà misère, du d^spoir, d'un chagrin violent, n'a pas besoin de beaucoup d'efforts pour envisager sans eflroi le terme de ses maux : l'homme profondément corrompu prévoit ordinairement sa destinée ; il va apprendre à mourir sur la place des exécutions. — On ne s'habitue pas ainsi à l'opprobre, à la servitude, aux priva* tions les plus pénibles ; plus on envisage ces maux, et plos on éprouve de répugnance et de crainte : la mort est la condition de la vie ; il n'en est pas de même du malhenr prolongé pendant des années entières ; en effet, qui voudrait à ce prix accepter le bienfait de l'existence? — Mille fois on l'a répété, et je le répète encore : nombre d'honunes se précipitent dans les bras de la mort, nul ne se jette dans le sein brûlant de la souflrance : César le disait en plein sénat : u Gardez-vous , s'écriait-il , de faire mourir les » complices de Gatilina ; vous ne les puniriez point, vous » n'effraieriez point ceux qui sont tentés de les imiter. La * mort est la fin des maux : elle est l'objet des vœux de

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