‹ De la peine de mortChapitre 136 sur 163 · CHAPITRE Vm. 2Si · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm. 2Si

■loyen destructif, s'évanouira devant la terreur qu*inssirera un châtiment juste , humain ^ mais toujours stric^ Dément infligé.

« La séclusion , ajoute-t-ou , sera quelquefois pour le m malheureux plutôt un bienfait qu'une peine ; excité « au crime parle besoin , il s'affermira dans sa résolution m en songeant que , s'il est condamné , dans la prison du » moins il ne sera pas exposé à mourir de faim ». Et la mort ne serait-elle pas aussi quelquefois pour ce malheureux plutôt un asile qu'un châtiment ? Nous ne sommes plus d'ailleurs dans un siècle où l'indigence puisse encore provoquer à l'assassinat ; et si même cette supposition toute gratuite était encore possible, ne devrions-nous pas plutôt songer à extirper le plus affreux des fléaux , qu'à exterminer ses victimes ?

« On ne pourra pas empêcher les condamnés à la séclu-

• sion de laisser paraître leur endurcissement, de témoi-

• gner que leur sort est supportable , qu'ils peuvent s'y » habituer , et de détruire ainsi l'impression salutaire que

• devrait produire leur châtiment i» .

On verra si le criminel, abandonné de l'univers entier, renfermé dans une étroite solitude , toujours déchiré par ses remords , et ne pouvant espérer de soulagement qu'à force de résignation , d'obéissance et de repentir , sera long-temps disposé à plaisanter sur son sort, à insulter les spectateurs de son abjection , à afficher Finsouciance , le cynisme le plus révoltant : un jour , une semaine peut- ^tre , il pourra s'étourdir ainsi sur sa pénible situation ; niais alors viendra le temps de la réflexion , alors il rentrera en lui-même et verra l'inutilité , l'absurdité de ce

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vain oonrage , de cette fausse inseosibilitë. — ^ Qa*on place au contraire au milieu de criminels de son espioi qu'on le place sur Téchafaud , et rentrainement, l'exal tlon f une fausse honte , où je ne sais quel dernier so de vanité lui donneront souvent un air stupidement tisfait , quelquefois même feront paraître sur ses lé pâles et tremblantes une sorte de sourire infernal. Ilerffae naturel à Thomme de mettre uqe espèce de gloire k bn ver la douleur devant d'autres hommes , d*a£&onter k mort même pour mériter leui*s applaudissemens : ce sentiment n'est pas étranger au scélérat ; au milieu dautrei scélérats , il agite gaiment les chaînes qui dans toute astre circonstance lui auraient paru si pesantes; devant kli peuple assemblé il présente sans sourciller la téteaaboiff' ^ reau, et croit ainsi racheter Tignominie de son supplice, i exciter même l'admiration des spectateurs. Mais cesenthin ment d'amour propre s^émousse et se perd dans U soli- t tude ; là le héros redevient homme, et le scélérat redevient un exemple terrible pour tous ceux qui seraient tenta de l'imiter*

On insiste encore: u a*t-on jamais remarqué, dit-on, n que les villes où sont renfermés les prisonniers soient plus 1» exemptes de crimes que celles ou il n'y a pas de prisons. >

A-t-on jamais remarqué , répondrai- je , que les villes où se succèdent les exécutions capitales soient plus exemptes de grands crimes que les villes où jamais on n'élève d'échafauds? Les assassinats sont-ils moins &équens à Londres , à Paris, à Rome, où le sang des crimi* nels jaillit si souvent devant le peuple assemblé, (p^ dans les villes des États-Unis d'Amérique , de la Suisse

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