CHAPITRE Vnr
on produite par Tautre , aura un effet beaucoup plus cerlin , beaucoup plus répressifs
Infligée strictement , invariablement , cette dernière (Traiera les scélérats les plus lâches: la mort toujours inertaine , toujours éloignée n'est trop souvent pour eux [u un frein impuissant.
Le supplice capital enlève le coupable aux remords , à 'ignominie ; la séclusion les perpétuera : Tun n'offre que 'exemple, que le spectacle d'un moment ; l'autre offrira un exemple non moins terrible et plus permanent. La plus ^aude partie delà souffrance du condamné à mourir, l'apïréhension qui précède l'exécution, est perdue pour la soliété ; dans la séclusion au contraire, la peine paraîtra plus errible qu*elle ne Test réellement, f .a loi de sang dévoue î coupable à toutes les horreurs d'une éternité incertaine; n l'emprisonnant ou respectera, on attendra Tévénement Les décrets supérieurs. La mort n'admet aucune mitigaîon, elle enveloppe les crimes les plus différens dans une néme proscription; la séclusion, susceptible de se graduer^ le se diversifier à l'infiui , se proportionnera à tous \eè ^nres d'offenses , se modifiera pour chaque coupable*
Les exécutions capitales insultent, affligent, révoltent la société; elles dévouent les bourreaux et leurs familles à l'exécration publique ; elles réveillent des idées de vengeance , elles rendent les hommes insensibles et même cruels ; elles excitent les penchans féroces, elles eniurdissent au meurtre , y entraînent même quelquefois d'une manière irrésistible : par la séclusion au contraire, Bu donnant l'exemple du respect pour la vie des hommes Kiiéaie les moins dignes de vivre, non-seulement on prétendra ces funestes conséquences, ces maux mille fois
plus terribles peut-être que ceux qu on voulait prévenir, mais on réveillera encore dans les cœurs cet amour de la liberté , ce besoin de l'opinion qui font les bons citoyens. La mort punit en enlevant un citoyen à l'état, et sonvent un soutien indispensable à des malheureux ; la seclusion réprimera également le crime en conservant le coupable et en donnant une direction utile à ses forces, son industrie ou ses talens: Tune enlève une source d'évidence souvent indispensable pour protéger Tinnocenoe, t pour découvrir de nouveaux forfaits ; lautre conservera h autant que possible les moyens d'éclairer la marche delà //» Justice et de poursuivre le crime jusc[ues dans ses der- Pc niers retranchemens : l'une n'offre souvent aucun motif k^ de s'abstenir d'une plus grande offense; l'autre, tonjonn p] commensurable, présentera une augmentation de peine pour chaque augmentation de culpabilité.
La peine de mort est non-seulement irrémissible, elle est déplus irréparable ; la séclusion permettra toujonn de s'arrêter à la pensée consolante que l'innocence reconnue respire encore , que tout espoir de réhabilitation n'estpas perdu pour elle : l'une proscrit tout repentir, tout amendement ; l'autre, plus humaine, moins inexorable, tendâ réformer le coupable en le punissant , et lui montre tout à la foisda nécessité et les moyens d'abjurer seser reurs , de dépouiller ses vices.
Mais c'est surtout lorsqu'il frappe de simples offens» contre les institutions sociales , que le supplice capibl devient injuste, inutile, inhumain, inséparable de l'abof^/^^''^ du danger, de la réprobation universelle : la peine qnej'sp ^ proposée ne s'étendra qu'aux grands crimes qui révolteolr^^^^ la nature et l'humanité. rtav<
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