N0TE5 DU CHAPITRE HUITIÈME
NOTE I
La cérémonie du glaive passé sur la tête ( zwaard Oi^er het hoofi ), est en usage dans les provinces septentrionales des Pays-Bas où elle produit toujours Timpression la plus salutaire. Il serait à désirer que le législateur présentât plus souvent de ces scènes propres à frapper l'imagination des sjpectateurs, sans augmenter sensiblement la souf&ance du coupable. Plus Fappareil de la peine est solennel , plus aussi son idée se grave profondément dans les esprits , plus les lois et leurs ministres se présentent à la nation avec un caractère de force et de majesté. J'attribue en partie l'inefficacité du supplice capital au peu de pompe des exécutions : une charrette, trois ou quati*e satellites , un échafaud formé de quelques planches , un bourreau qu'aucune marque ne distingue souvent de ceux qui l'entourent, un patient revêtu de haillons, un fer ou une corde, voilà les objets que l'on présente à la répugnance , à la malédiction des citoyens. Rien là ne peut élever leurs âmes , leur inspirer l'horreur du crime , leur suggérer des pensées et des craintes salutaires ; tout au contraire leur révèle le mépris de l'autorité pour l'existence des hommes , et cette idée les rabaisse, les indigne,les confond. — Toute peine qui révolte l'imar gination va directement contre son but : c'est à l'électriser , à la maîtriser qu'il faut s'attacher ; rien ne tend plus directement à cet effet que le spectacle solennel où l'on frappe le crime et son auteur d'un opprobre éclatant; ce suppHce moral, en rapport avec les idées reçues de justice et d'humanité, semble
alors être le vœu de la société tout entière , et nulle voix ne s'élève contre la loi qui Ta sanctionné.
NOTE II
Les opinions sont ici partagées : les uns regardent Temprisonnement solitaire comme un supplice trop terrible pour être infligé sans relâche ; les autres au contraire voient dans cette même continuité, la garantie de son eificacité. En Angleterre, Howard et sir Samuel Romilly se sont élevés contre les abus de ce châtiment trop souvent prodigué avec un arbitraire révoltant parles gardiens des prisons ; ils ne l'admettent que pour les coupables les plus endurcis , et cela pendant de courtes périodes. Après avoir démontré ses avantages , Bentham 2joute : K Ce cours de discipline ainsi composé de sohtude,(le ténèbres et d'abstinence , est un état trop violent pour devoir être d'une longue durée ; s'il était prolongé, il ne saurait manquer de produire la démence, le désespoir, ou, plus communément, une stupide apathie. Il doit varier selon la nature des délits, le degré de perversité qu'a montré le délinquant et les marques de son repentir. »
Les États-Unis d'Amérique ont fait l'expérience de ce châtiment ; le plus grand nombre des coupables livrés jadis au bourreau , subit maintenant l'emprisonnement solitaire plus ou moins prolongé , et cette innovation produit les résultats les plus heureux. Tout récemment encore la Louisiane, en abolissant la peine de mort, a adopté la séclusion continue pour la répression de tous les crimes réputés jusqu'alors capitaux.
M. Taillandier, frappé de la rigueur de cette peine, s'adressa à MM. les docteurs Pariset et Esquirol , aptes sous tous les rapports à résoudre ses doutes à cet égard , et leur proposa la question suivante :
Un homme,condamné à passer dix ans dans la séquestra'