‹ De la peine de mortChapitre 141 sur 163 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tion y privé de toute communication extérieure ^ ne voyant pas même le geôlier chargé de subvenir à ses besoins, ou le voyant sans pouvoir en obtenir de réponse^ ne finirait-il pas par perdre la raison ?

M. Taillandier inséra les réponses de ces deux savans estimables, dana son Introduction au rapport de M. £. Livingston ( I ). Ces documens sont précieux , et je ne crois pas inutile d'en donner ici un extrait.

tt II n'est pas une seule peine , dit M. le docteur Pariset, quelque légère qu*elle soit , qui ne puisse ti*oubler profondément toute l'économie , altérer la raison , et même donner la mort.

» Il y a six mois, un jeune homme fut marqué ; le lendemain il était mort.

n Ld peine de la séclusion, comme toutes les peines, rencontrera des organisations fortes, des organisations faibles, des organisations intermédiaii'es , plus ou moins résistantes , plus ou moins mobiles : les effets delà peine varieront dans la même proportion.

» Mais le prisonnier a la liberté de parler.

)i Ses paroles , son accent , sa physionomie appi*ennent ce qu'il éprouve, et selon qu'il montre telle disposition ou telle autre , ou l'on ne répond pas , ou l'on répond ; et Ton excite en lui tel ou tel sentiment. Toutes choses sur lesquelles, le surveillant ou le gardien choisi que je suppose , agit d'après les impressions délicates que lui fait ressentir le prisonnier.

w La séclusion peut avoir ses inconvéniens , mais elle

(i)Rapport8ur le projet d'uu code pénal, l'ait à rassemblée générale de U Louisiane; Paris, i8a5.

262 QE LA PEINE DE NfORT,

p en a pas , à beaucoup près , autant que les autres peines. Elle a des arantages à eile qui doivent lui assurer la préférence. »

M. le docteur Esquirol émet une opinion toute semblable : « Voici, dit-il, la première réponse qui s'est présentée à ma pensée : ou bien le condamné se résignera , soutenu par le repentir, par la religion , ou par l'espérance , et il atteindra le ternie de sa peine sans accident ; ou bien , livré au chagrin , à l'ennui, au désespoir , il perdra la raison , attentera à ses jours , ou tombera dans la démence ; c'est ce qui arrivera au plus grand nombre.

n Cependant , à cette première pfiqsée , ont succédé les réflexions suivantes.

» Les études physiologiqv^es clémoptrent bien l'utilité de l'exercice de l'intelligence pour son développement , et même pour son maintien, au degré auquel la société l'a élevée ; mais le physiologiste ne peut pas affirmer qu'un homme, privé de toute communication extérieure, deviendra nécessairement aliéné , même après plusieurs années de cette privation.

» L'étude des maladies mentales n'offre pas des exemples desquels , par analogie , on puisse faire l'application à la solution du problême proposé « On a écrit sur les dangers de la solitude, mais ce qu'on a écrit , est étranger à la question qui nous occupe.

» En parcourant les annales de quelques sectes religieuses , des voyages , et celles des prisons et des détentions célèbres , on peut obtenir quelques données plus ou moins applicables à lamatière.

» Lesindous se condamnent au silence,aurepos9à la solitude les plus absolus , et vivent plusieurs années sans perdi-e la raison ; il est vrai que leur isolement , le silence qu'ils observent, sont volontaires , qu'ils sont soutenus dans leur résolution par

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