CHAPITRE Vill
n'être pas obligé à des travaux publics, on ne saurait y reconnaître rien de Todieux qui caractérise Tesclavage. Nous verrions plutôt des points de comparaison entre des obligations personnelles , imposées quelquefois par les lois de Tétat et l'esclavage proprement dit ; ainsi les lois qui obligent chaque citoyen à satisfaire au service militaire , pourraient plutôt présenter quelque analogie , de même que celles qui ordonnent des corvées ou des prestations en nature , etc. ; cai* , dans ces cas , il n'y a pas aliénation de libellé par le fait de la volonté propre de l'obligé, tandis que dans le cas de condamnation aux travaux forcés, il y a toujours fait volontaire et intentionnel. Celui qui commet l'action punie par la loi , des travaux forcés , court la chance de la peine ; car il ne peut ignorer qu'en commettant , par exemple , un vol avec telles circonstances aggravantes , s'il est convaincu , il sera obligé de passer un certain nombre d'années aux travaux forcés.
)) Ces motifs et beaucoup d'autres qu'il serait trop long de rapporter ici , nous font penser que non-seulement il est dans ie droit , mais encore dans le devoir de la société de faire travailler les individus condamnés aux travaux forcés, à la réclusion et même au simple emprisonnement. »
J'ajoute qu'on ne devrait jamais envisager ici le ti'avail comme un châtiment : c'est une règle imposée à tous les prisonniers, mais qui n'a rien de rebutant en elle-même, c'est un tnoyen de réforme qu'ils recherchent eux-mêmes avec em* pressement et dont la privation peut devenir un supplice insupportable . — Dans la séclusion le travail est interdit ou restreint ; dans les travaux forcés il est continuel: cette différence devrait former le caractère distinctif de ces deux châtimens, et déterminer leur degré de rigueur respective : les condamnés à la première de ces peines trouveraient du soulagement dans l'ocoupation, les condamnés à la deuxième seraient
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punis par l'oisiveté (i) ; tous verraient dans te travail, qui peut-être leur parut si terrible avant la consommation du cii me, une source de consolation , d'espoir et d'encouragement pour Fa venir. — On s'attache trop d'ailleurs à Texpressioii ] travaux forces ; l'attention s'arrête exclusivement sur cef ' objet , après avoir glissé rapidement sur le véritable châti^ timent du condamné , la perte de nionneui* , de l'estime publique , de la liberté et des jouissanees qu'elle procure : il serait peut-être utile de changer cette qualification , inexacte en ce sens , qu'elle exprime plutôt l'idée de l'adoucissement à la peine , que celle de la peine elle-même.
NOtfi Vft.
Les résultats salutaires obtenus aux Etats-Unis d'Amérique parle système pénitentiaire qui a remplacé l'ancienne rigueur des lois de la métropole , ne peuvent être assez proclamés : qu'on lise les rapports officiels , qu*on parcoure les relations des voyageurs, qu'on écoute les discours de ceux qui ont visité ces heureuses contrées , tout s'accorde à porter ici un éclatant témoignage (i). Le tableau tracé par le capitaine
(i) Les États-UDis d'Amérique doDt le régime péniibutiaire né peot être assez médité, ont aussi sanctionné ce que nous appelons des (nuaux forcés ; le condamné qui se refuse à la discipline commune, est renfermé dans une cellule solitaire où on Tabandonne à Toisiveté ; son obstination alors n*est jamais de longue durée , et bientôt il réclame comme une faveur d*étre rendu au travail.
(a) V. les rapports officiels du directeur de la prison de Philadelphie. — Le rapport de M. Eddjr sur la prison de New-York (1801).— L'ouvrage intéressant de M. de Larochejoucault Liancourtj sur laprifOD