CHAPITRE VIII. 28V
Turiibull, de l'ititérieur de la prison de Philadelpliie, paraîtrait fabuleux s*il n'était confirmé par tous ceux qui Tont visitée avant ou après lui : u Dans la soirée , dit-il, nous assistâmes au louper des prisonniers ; jamais je ne fus témoin d*un spectacle plus digne d'intérêt. Nous embrassions d'un seul coup d'œil go individus, jadis perdus pour leur patrie et pour le monde, aujourd'hui réunis dans ce lieu d'expiation, et observant cet extérieur de recueillement et de décence qui décèlç une pratique longue et continue des devoirs moraux. Aucun éclat bruyant , aucun geste inconvenant ne troublèrent l'ordre; un silence respectueux et solennel régnait le long des bancs. Ils restèrent assis jusqu'à ce que tous fussent prêts à se lever et jusqu'au signal donné par le sui'veillant. Alors ils se rendirent immédiatement à leurs occupations respectives. — Ainsi la prison, au lieu d'être un réceptacle de vices , est devenue une congrégation de citoyens qui n'aspirent qu'à réparer leurs fautes et à contracter des habitudes meilleures ; au lieu de scènes tumultueuses , impies , partout on y rencontre l'ordre et la régularité ; l'ivrognerie, la débauche J sont généralement remplacées par les sacrifices et les accens du repentir et de la résignation » .
On trouve souvent même plus que delà vertu dans ces lieux d expiation , on y trouve du dévoûment, « Pendant la fié*
Philadelphie.— La visite du capitaine TurnhuUklsi même prison; (Philps, George Yard, Londres). — ^Les recherches sur rinflucnce du régime ctuel des prisons, soit pour prévenir le crime et la misère, soit comme ne cause qui tend à les augmenter , par Thomas Fouell Buxton ; lliondres , 1818 ). — Les observations sur les lois pénales et sur amendement moral des prisonniers, par W. Roscoe ; (Londres , 1818 t 1823). — Le rapport fait en 1823 par la société de New-York, sur le ^stéme de peines et de correction dans les États-Unis. etc.
vre jaune , en 1798 , ajoute le même voyageur , on eut bien de la peine à trouver des gai'des pour les malades à Thôpital de Bush-Hill. On eut recours à la prison. La demande fut faite , et le danger du service fut expliqué aux conuicts ; il s'en offiit autant qu'on en avait besoin. Ils furent fidèles àleuis fonctions jusqu'à la conclusion de cette scène tragique : aucun d'eux ne demanda de salaire avant l'époque de l'élargissement )t .
)» Les femmes donnèrent une autre preuve de bonne conduite pendant le cours de la contagion. On les pria de céder leurs bois de lit pour l'usage des malades à l'hôpital ; elles offrirent de bon cœur les lits mêmes )> .
O vertu y où vas-tu te cacher ! s'écriait un philosophe ( l'auteur du Misanthrope) témoin d'un acte de probité de la part d'un mendiant. Eût-il été moins surpris d'une bienfaisance héroïque dans- une prison criminelle ?
Cette bonne conduite des prisonniers , ne fut-elle qu une suspension de vices et de délits , serait déjà un gi^and point gagné. Voyons maintenant si la réforme va plus loin.
» De tous les convicls condamnés pendant les cinq dernières années , dit Turnbull , il n'y en a pas cinq sur cent qui aient été remis en prison pour de nouveaux délits, n
A New-York , quoique le résultat ait été moins favorable , il démontre encore les bons effets de ce système. « Durant les cinq ans qui expirent en 1801 , dit le principal administrateur de la maison de Pénitence ( M. Eddy ), dans le compte rendu à ses concitoyens , de trois cent quarante- neuf prisonniers qui ont été élargis , par l'expiration de leur sentence ou par un pardon , vingt-neuf seulement ont été convaincusde nouveaux délits ; et de ces vingt-neuf, seize étaient étrangers; de quatre-vingt-six pardonnes , huit ont été ressaisis pour de