‹ De la peine de mortChapitre 162 sur 163 · CHAPITRE Vlir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlir

prisonniers , à réparer , autant que possible . la plus condamnable des négligences ; mais que peuvent ces remèdes contre Min mal dont sans cesse on renouvelle le germe ? Existent-ils ^'ailleurs partout oiîi ils seraient nécessaires ? Ne deviennent-ils 'pas dès-lors une nouvelle occasion d'injustice en ne s'étendant qu'à certaines localités , qu'à une partie des malheureux qui auraient droit aux mêmes secours ?

Pour que de telles associations eussent un but réellement humain , réellement utile , il faudi^ait qu'elles se rattachassent toutes à un centre commim , d'où elles recevraient une impulsion toujours uniforme ; il faudrait qu'elles ne fussent que secondaires dans les efforts des gouvernemens pour améliorer le système général de répression. — On devrait tout espérer aous ce rapport de la création d'un comité pu conseil qui au" rait la direction et la surveillance générales de toutes les prisons de l'état. Il serait le grand moteur ; c'est lui qui accueillerait les réclamations, les projets, qui provoquerait, qui exécuterait les innovations nécessaires , qui éclairerait tou- :es les discussions relatives à ces établissemens. Des inspecteurs seraient élus dans son sein ou désignés par lui pour se rendre sur les lieux : ils veilleraient à l'économie , à la discipline intérieure de chaque maison pénitentiaire , ils dénon- :ei*aient les abus et préviendraient leur renouvellement ; partout ils porteraient un œil vigilant et exercé , et les prisonniers et leurs gardiens seraient tout à la fois les objets de leur ictive sollicitude.

L'adoption de l'emprisonnement solitaire en remplacement de la peine de mort , exigerait surtout le concours d'une telle institution : sa nature seule indique toute l'impoitance d'une surveillance continue , tour à tour sévère et modérée , la nécessité d'un moyen capable de prévenir l'ai'bitraire ou le relâchement des agens subalternes. Si Ton se détermine à

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conserver le coupable , il £iut , par une conséquence toute naturelle, s'efforcer de l'arracher au vice , de le rendre à la vertu ; si l'on veut qu'il expie sa faute , il faut qu'on étudie son caractère et ses habitudes , pour découvrir les moyem propres à l'humilier, à amortir l'impétuosité de ses passions, à réformer ses penchans, à provoquer son repentir. — Qui se chargera de cet emploi , qui toujours exige une profonde connaissance du cœur humain , un amour ardent pour Thuma* nité, si ce n'est les inspecteurs des prisons, choisis parmi les citoyens les plus à^lairés?

11 faut considérer le coupable emprisonné , comme le pa* tient transporté à l'hôpital ; si celui-ci est physiquement ma> lade , l'autre l'est moralement ; tous deux exigent des soins i peu près analogues. Il est des remèdes particuliers pour toutes les maladies du corps , il devrait y en avoir aussi pour chaque maladie de l'ame : plus le mal est dangereux et plus les soins sont prodigués au souffi*ant ; si l'on craint qu'il n'engendre la contagion , on l'isole , mais on ne l'abandonne pas à la destruction ; jusqu'au dernier instant le médecin s'assied à son chevet , lui prescrit des privations ou ranime ses forces , l'arrache tour à tour aux dangers d'une trompeuse sécurité ou au désespoir plus funeste encore : pourquoi n'en serait-il pas de même pour le criminel? pourquoi refuserait-on à l'ame , ce que Ton accorde au corps ?

Les inspecteurs seraient donc dans les prisons ce que les médecins sont dans les hôpitaux ; ils examineraient les coupables à leur entrée dans le séjour d'expiation , et d'après la nature de leurs délits, diaprés le terme de leurs peines , leur sexe , leur âge , les renseignemens qui leur seraient transmis S1U* leur conduite antérieure à leur condamnation , ils effectueraient leur séparation , ils les partageraient en différentes classes auxquelles ils prescriraient des régimes différens , iU

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