CHAPITRE III
s'imaginer lorsque Ton voit nos prisons, lorsque Ton songe aux moyens si simples, si faciles, si peu dispendieux d'en améliorer encore l'économie, d'en augmenter la sûre le (2); Craint-on l'astuce des prisonniers? Qu'on les surveille avec plus de soin : craint-on la corruption ou la négligence des gardiens? Qu'on les assujétisse eux-mêmes à une inquisition active, qu'on décrète contre eux des peines sévères; crainton les efforts que pourraient tenter les criminels réunis? Qu'on les sépare , ou qu*on ne leur permette que la communication nécessaire pour leui'S travaux . Toutes les ruses , toutes les espérances de fuite , tous les complots seront bien vite anéantis à laide de ces moyens si naturels. C'est à notre siècle qu'il appartient de recueillir la longue expérience des siècles passés ; les matériaux existent, il ne faut que les recueillir, les classer , les combiner ensemble , pour en former un tout que chaque jour doit encore perfectionner. Il en est dès moyens légaux comme de toute autre chose ; il ne faut que vouloir, profiter et travailler , et les résultats heureux sont immanquables. Mais on n'a pas tout fait lorsqu'on a fondé ou amélioré des systèmes d'incarcération ; l'opinion doit encore venir seconder ici les leçons de l'expérience. Il s'agit de détruire Todieux attaché encore aujourd'hui aux fonctions indispensables des agens subalternes des lois et de la police ; les relever à leurs propres yeux» et à ceux des peuples , c'est leur tracer une nouvelle route et leur imposer de nouvelles obligations : c'est à l'autorité à faire les premiers pas ; (p'elle ne fasse plus servir à ses vengeances privées , à ses ▼ues arbitraires , des fonctions instituées dans le seul intérêt de la sécurité publique; quelle les rende à leur but
primitif , Topiaion fera le reste ; elle fera ce qu'elle a déjà fait aux Etats-Unis d'Amérique , où la place de geôlier ou
de gardien des prisonniers , bien loin d*étre encore déslionorante , est devenue en quelque sorte une mission de rhumanité.