‹ De la peine de mortChapitre 32 sur 163 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nous verrons que les bourreaux , bien loîn d'exciter la terreur dans l'âme des coupables , ne fesaîent isouvent au contraire que provoquer leur fureur et leur désespoir.

Quelle était donc l'opération morale de la peine de mort dans les. siècles passés? Douteuse par rapport aux hommes timides , elle exaspérait les partis ; elle était un objet de mépris pour les hommes résolus ; en un mot , elle fesait plus de victimes qu'elle ne punissait ou ne prévenait de crimes. : ici la leçon de l'expérience est aussi évidente que terrible. Et quel était cependant, dans ces temps de barbarie, le bien le plus cher aux peuples? Asservis, sans garanties, sans sécurité, sa as liberté, sans honneur, ce bien n'était- il pas l'existence ? Et ils bravaient le supplice qui leur enlevait ce seul trésor! Quel moyen donc de croire même alors à son efficacité?

Je ne l'ignore pas ; l'autorité du passé est encore une fois ici loin d'être décisive par rapport au présent; quelques années ont opéré bien des changçmens ; aussi le problème important, que tant de siècles n'ont pu résoudre, se pràente-t-il aujourd'hui sous une face toute nouvelle. — Pour procéder avec ordre dans les développemens que je vais lui donner , je'vais exaipiner d'abord quelle est la nature actuelle de la peine de mort ; je passerai ensuite à son opération physique et morale par rapport à ceux qui seraient tentés de commettre des crimes. Je me réserve de déterminer dans un chapitre particulier son influence sur la société en général.

<VVV«WW«%«A/VV«A<VV\

Page 1