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nulle voix ne les accuse , ne les force à rentrer en eux-mêmes et à interroger leur conscience (i).
Faudrait-il devoir le rappeler à ceux de qui dépendent nos garanties les plus précieuses? Ce mépris pour Texistence des hommes , cette insouciance pour tout ce que la justice , l'humanité et la morale ont
(i) Pourquoi les lois sanguinaires sont-elles ordinairement sanctionnées sans opposition , tandis que leur abolition en e'prouye tant ? Parce qu'on veut être rassure à quelque prix que ce soit, et que la garan^ tie la plus se'vère semble toujours la plus efficace ; parce que l'on s'inquiète fort peu de la destinée des malheureux contre lesquels sont de'crëte's les supplices, et qu'en se les représentant comme des ennemis , on oublie trop souvent qu'ils sont des hommes , des concitoyens ; parce qu'enGa il est certains législateurs, certains hommes d'étafe quicroyent de leur devoir , de défendre , de perpe'tuer les actes de leurs prédécesseurs, et qui ne croiraient plus à la possibilité du maintien des libertés nationales, s'ils touchaient à l'antique édifice des institutions d'un autre âge. — La majorité de la législature d'Angleterre est là pour l'attester; composée d'hommes du pouvoir , il n'est pas de préjugés, d'absurdités , pour lesquels elle n'ait combattu, et qu'elle n'ait fait triompher à l'aide de ces vains prétextes, de cette funeste insouciance. Tout membre delà chambre des communes , revêtu d'une charge publique , semble avoir reçu en même temps un mandat d'inertie. Veut-on s'en convaincre? qu'on parcoure le re cucil des débats provoqués par les motions de sir Samuel Romillyet désir J. Mackintosh, relatives à la reformation des lois barbares qui pèsent encore si douloureusement sur le peuple anglais; ony verra que la justice, l'humanité, la raison trouvèrent des antagonistes dans chacun des agens du gouvernement.
Voici la liste des membres votans sur la proposition faite le 9 février 1810, par sir S. Romilly, d'abolir la peine de mort sanctionnée contre le vol de 5 shellings dans une boutique, et contre le vol de 4oshelling8 dans une maison habitée ou sur une rivière navigable.
Pour:l. Abercrombie, Scrope Bernard, Thomas Babington,
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de plus sacré , ne sont plus compatibles avec les lumières et les besoins de notre époque j leur mission n'est plus de maintenir les gibets et les potences dans rintérêt de la tyrannie , mais d'assurer les libertés et le bonheur des peuples : — comment peuvent-ils espérer de leur inculquer à Taide de tels
H. Brougham, George Canning, T. Creevey , H. G. Combe , Vis. Folkestone , sir W. Grant, Pascoe Grenfell, C. H. Hutchinson, W. Lambe, J. Leacb , sir W. Lemon , J. Lemon , -— Macdonald , J. Marryat , W. R.Maule, sir R. Milbanke, P. Moore, — Morris, C. O'Hara , H. Parndl, sir A. Pigott , sir S. Romilly , R. Sharpe , W. Smith, J. Stephen, W.Taylor, M. A. Taylor, H. Thornton, J. Wharton, W. Wilberforce.
— 33 membres. —
Contre : C Arbuthnot, secre'taire de la trésorerie; — sirR. Bickerton, lord^de l'amirauté' ; — J. BuUer , lord de l'amirauté ; -— C A. Cooper, greffier de l'ordonnaDce; — J. W. Croker, secrétaire de l'amirauté; W. £lliott, lord de la trésorerie; — J. Farquhar;— J. Foster, chancelier de l'échiquier d'Irlande; — W. Frankland ; — W. Fitzhugh; — sir V. Gibbs, procureur général; — D. Giddy; — H. Goulburn, sous-secrétaire d'état; — H. Herbert; — G. Johnstone; — H. Leycester; — J. H. Loft;
— c. Long, payeur adjoint des troupes; —S. R. Lusington, président du comité des voies et moyens; — sir — Macdonald; G. A. Macnaughton;
— vicomte Palmerstone , lord de l'amirauté ; — S. Perce val , premier lord de la trésorerie , chancelier de l'échiquier , chancelier du duché deLancaster, etc.; — sir W. Plomer, solliciteur-général; — W. W. Pôle, secrétaire en chef, en Irlande; — R. Ryder, secrétaire d'état; — CM. Sutton, juge-avocat; — sir T. Thompson , contrôleur de la marine; — lord J. Tynne, vice-chambellan de Sa Majesté; — T. Wallis, membre du conseil d'inspection ; — R. Ward , lord de l'amirauté ; — W. Wemyss ; — B. Wharton , secrétaire de la trésorerie; — W. Windham. — 35 membres. — ( Times^ 4 ™^^ i8io. )
Je me dispense de toute réflexion sur ces résultats ; ils parlent par enx-mémcs.
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exemples, de teb spectacles, les idées et les sentimens qui élèvent , cpii ennoblissent les âmes , qui font les bons citoyens ? — Je le répète donc ; il importe aux gouvernans et aux particuliers de se former une opinion fixe , uniforme, inébranlable, par rapport aux supplices sanguinaires j qu'ils y réfléchis* sent , qu'ils étudient les faits , et ils s'étonneront alors tous les premiers de leur erreur , ils condamneront ce qu'ils croyent juste , ils repousseront comme funeste ce qu'ils supposent indispensable.
Mais ce n'est pas en demeurant dans les cabinets, ce n'est pas en remontant aux abstractions d'une obscure métaphysique, que la conviction peut pénétrer dans leurs amça : c'est dans l'étude de l'homme, de ses besoins , de sçs passions ; c'est surtout dans l'étude du caractère , des inclinations, des craintes des malfaiteurs qu'ils doivent en puiser les élémens. Qu'ils pénètrent dans les cachots où gisent les victimes désignées, qu'ils se joignent au peuple assemblé sur la place des exécutions , qu'ils y accompagnent les patiens , qu'ils écoutent les discours , qu'ils interrogent les regards , qu'ils sondent les cœurs pendant la fatale cérémonie j les raisonnemens alors seront superflus, la cause de la justice et de l'humanité sera gagnée. — J'ose le dire ; si la peine de mort trouve encore aujourd'hui des partisans , s'il y a encore des législateurs qui ne frémissent pas à sa seule idée , c'est que tous les ci-
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toyens n'ont pas assisté à ces scènes hideuses de destruction , c'est que la plupart ont oublié les calamités passées et ne songent pas à la possibilité du renouvellement de ces jours de carnage et de deuil où le glaive des lois servit si fidèlement les passions les plus viles , les fureurs les plus aveugles.
Moi-même j'en ai fait l'expérience : avant d'avoir raisonné mon opinion , avant de m'être mis en présence des faits, je croyais aussi à la justice , à lanéœssité des supplices sanguinaires; en voyant la sécurité, l'insouciance avec lesquelles le pouvoir et les tribunaux consacraient rextermination des citoyens réfractaires , en songeant à Tancienneté, à l'universalité de cette coutume, j'étais loin de soupçonner tout ce qu'elle a de douteux , d'incompréhensible , d'inique. — Un jour ( jamais je n'en perdrai le souvenir ) , le hasard m'entraîna sur une place publique ; la foule s'y pressait autour d'un échafaud ; je voulus fuir , mais je ne sais quel sentiment de curiosité mêlée d'effroi , me retint. La victime ne tarda pas à paraître ; c'était une jeune fille condamnée pour infanticide : à son aspect mon cœur se serra. Ses traits pâles et défigurés , son sein palpitant , ses yeux égarés décelaient tous les tourmens d'une longue agonie ; ses lèvres étaient agitées par un mouvement convulsif , elle voulait parler, et ses sanglots l'étouffaient.... L^horreur, la compassion étaient empreints sur la physionomie