CHAPITRE IV
- dant ces voleurs et ces criminels se multiplier et devenir ^us audacieux de jour en jour : pourquoi? parce que mille chances d'échapper à la peine se présentaient à eux , parce que les moyens de prévention étaient insufBsans , parce que la nature du châtiment contribuait encore à en Ipiralyser l'exécution , parce qu'enfin on leur laissait l'espéranœ et que dès ce moment rien ne pouvait efficacement Uancer leur résolution : j'y verrais au contraire le nomhre et l'audace de ces mêmes voleurs , de ces mêmes criminels décroître rapidement avec l'emploi de peines plus ^uces , mieux proportionnées : pourquoi? parce qu'en déformant les codes , on réforma aussi des abus funestes dans l'administration de la justice , on adopta un système 4e police plus actif, plus vigilant , on concilia les moyens de l'autorité avec les intérêts et les vœux des peuples , et l'on fit ainsi concourir toutes les forces et toutes les volonté au même but répressif (ii).
Je sais cependant combien il reste encore à faire pour parvenir à ce point de perfection auquel doit tendre tout lK>n système pénal , mais est-ce une raison pour conserver la peine de mort , quelque douteuse qu'elle puisse être ? La remplacer par un supplice moins extrême , moins fécond d'ailleurs en funestes conséquences , serait-ce désorliais enhardir les scélérats lâches et cupides^,* serait-ce lep Aoyen d'accroître inévitablement leur nombre ( i ti) ?
Je livre ces profonds sujets de réflexion aux législa- Itenrs ; je leur livre aussi les observations suivantes :
On est généralement d'opinion que la mort ne peut Banquer d'attérer les hommes avilis , déshonorés , qui feignent la perfidie à la cruauté et qui ne sont pas même
susceptibles du courage que donne le de'sespoîr : — je demande donc pourquoi Tonn'a pas invariablement attaché cette peine à tous les crimes qui décèlent la bassesse et la Iftcheté? Efficace contre celui qui serait tenté de commettre un meurtre pour exécuter un vol , ne devrait-elle pas Tétre à plus forte raison contre celui qui serait tenté de voler , mais qui reciderait devant l'idée de l'assassinat? — Je demande encore si cette opinion n est pas démentie chaque fois qu un de ces malheureux paraît sur le! bancs des cours d'assises? Voyez, dit- on, son anxiété, voyez ses larmes , voyez la terreur et le désespoir empreints sur tous ses traits ; voyez avec quelle importuni* té , avec quelles angoisses il sollicite la rémission ou an moins la mitigation de son châtiment ; toutes les peines lui sont égales; le cachot, le secret le plus horrible, les chaînes , les boulets , il les invoque comme des bien* faits; la mort seule lui paraît insupportable : comment donc est-il possible que ce supplice ne soit pas le plus efficace? Comment donc , répondrai -je, est- il possible que ridée de ce supplice si affreux , n ait pas empêché le plnsj lâche des hommes de commettre le crime qui le meten^ présence de l'échafaud?
Je me représente enfin un scélérat qui vient de marquer la victime ^u^il doit assassiner pour s'approprier ses dépouilles : toutes ses mesures sont prises , la solitude l'environne , il est plein de son affreux projet ; comment , je le demande , la crainte de la mort , telle qu elle existe ds nos jours, pourrait-elle l'arrêter? Un instant peut-être 11 restera en suspens , mais que la cupidité , l'avarice con.' tinuent à parler à son ame , qu'une ombre plus épaisse